Agefi Luxembourg Janvier 2020 PAGES GRATUITES
AGEFI Luxembourg 16 Janvier 2020 Le Dîner de Charles Ames lectrices et lecteurs. A travers lemonde, les ac- tualités de l’année passéem’ont, comme d’autres, hélas parfois désolé. L’année 2019 sensiblement chahutée est terminée. Fai- sons le vœu que l’année neuve soit douce et apaisée. Je vous souhaite une année 2020 heureuse et prospère autour de bons repas. En espérant vous faire découvrir certaines facettes et aspects d’autres personnali- tés connues ou prochai- nement célèbres ou pas, nous les découvri- rons ensemble. Restaurant le Clairefontaine Pour cette interview de Madame Detaille, mon étape culinaire au res- taurant Clairefontaine était la secondede la sériedemes dîners. Pourmapremière vi- site, j’y avais interviewé Monseigneur l’Arche- vêque de Luxembourg, aujourd’hui le Cardinal Jean-ClaudeHollerich.Dans l’absolu, j’aurais volon- tiers évité de retourner pour Agefi dans cette insti- tutionoù jepensequema chronique avait gagnédès mon premier passage de belles lettres de noblesse, au moins auprès du chef Arnaud Magnier. Il était certain qu’un second passage au Clairefontaine ne retiendrait pas de meilleures appréciations que le premier. Ilme fallaitme conformer à l’incontestable choix de mon invitée. Serait-ce un second ou deuxième, l’avenir le dira. Le choix de Madame la Présidente m’as mis dans une situation que j’aurais aimé éviter. Ne pouvant pas publier les éloges reçus, je suis convaincuque je ne ferai pas mieux. Alors plutôt que de m’infliger une pression, j’ai pris la décisionde rédiger une res- titution solennelle. En pointant toutes les cases qui s’imposent pour une grandemaison tout y est. L’accueil personnalisé est attentionné et bienveillant. Le cadre du restaurant possède une des plus belles places de Luxembourg. Les produits proposés sont de grande qualité. Dans le respect de la tradition de la grande cuisine, les plats sont délicieux avec des présentations originales. Ades prix abordables, les vins sont excellents et le sommelier est un expert in- tarissable d’informations, jusqu’à la forme des bou- teilles... Les petits présents culinaires offerts aux dames quittant l’établissement sont une délicate at- tention et font plaisir. Objectivement, je suis arrivé à la conclusion natu- relle qu’il me fallait primer le restaurant Clairefon- taine d’Arnaud Magnier pour l’ensemble de ses prestations et l’inégalable sympathie de Madame Magnier. Si je devais utiliser un superlatif pondéré, le Clairefontaine est le seul lieu de Luxembourg où on ne peut pas ne pas avoir dîné ou déjeuné au moins une fois ! De ce fait, puisque mon palais et ma langue semblent être aussi légitimes que ceux d’autres chroniqueurs attitrés (ou parfoismandatés), j’ai dé- cidé posément et sans intérêt partisan d’attribuer « LDDC d’Or » pour l’année 2019 au restaurant le Clairefontaine : un fleuron culinairedes émotions et des saveurs vous attend et vous ouvre les bras. Portrait :MadameMichèleDetaille, Présidente de la FEDIL Atitre personnel, je la félicite.Aunomd’Agefi nous lui souhaitonsunmandat utile et efficacepour notre économie et pour le bien-être de nos entreprises et leurs employés.Dansune stricte confidentialité, cer- tains visionnaires avaient annoncé son arrivée à la présidence de la FEDIL voici plusieurs mois. Le temps a confirmé cettevision juste. Cette filled’agri- culteur a gardé les pieds sur terre, sur ses terres, celles de la Province de Luxembourg et du Grand- Duché de Luxembourg. Jeune et précoce, elle entre et réussit en politique. Elle aurait pu faire une car- rière dans le Luxembourg belge en Wallonie. Eh bien non ! C’est au Luxembourg notre beau pays, qu’elle va créer un précédent. Elle est pragmatique, elle peste contre lemanque de places de parking au centre-ville. Elle est sincère. Avec un CV long comme une belle journée de fin juin, il est peu aisé de brosser unportrait équilibré.Aussi, comme ilme faut décider, je définirais Madame Detaille comme une surprenante présidente. En un coup, un seul : en une seule élection, sa no- mination a donné l’élan à la lutte pour l’égalité des chances, pour la diversité et le vivre ensemble. Son élection à la tête de la FEDILpeut être citée comme une première et un exemple. Pour son élection, même les étrangers ont voté pour une non-Luxem- bourgeoise. Un signal pour le futur ? Réaction- naires, conformistes et conservateurs rigides, il va falloir repenser vos idées. Cette dame va changer les lignes.Attendez-vous àunnouveauparadigme. Au service des autres, telle pourrait être sa devise. Elle semblepercevoir son rôledeprésidente comme une élue du peuple. Michèle est auxmanettes pour trois ans, elle sera la « Présidente utile ». Interview :MadameMichèleDetaille, Présidente de la FEDIL Notre échange est basé sur des réponses plutôt courtes à de longues questions. Ce n’est pas très démocratique. Justement, nous allons caresser les thèmes relatifs à la politique belge et aborder les sujets liés à l’économie, l’emploi, la culture, la technologie, l’Europe, et certains faits de société. Si vous voulez bien, nous nous autoriserons les thèmes sur les loisirs. Pour finir, la nouveauté est que j’ai demandé à trois lectrices et lecteur d’Agefi de vous soumettre une question que vous découvrirez au fil de notre discussion. J’at- tendais de vous interviewer depuis plusieurs an- nées en qualité de. . . Présidente de la FEDIL. . . Oui : je le confirme en qualité de Présidente ! Je le ferai, avec plaisir. La présidence FEDIL oblige à une certaine ré- serve. Voyez-vous des sujets tabous ou bien des thèmes à éviter lors de cette interview ? Non, je ne pense pas qu’il y a des thèmes ou des tabous. Il y a simplement des sujets qui sont en dehors des préoc- cupations de la FEDIL, mais nous pouvons aborder tous les thèmes et parler de tout. Décrivez-nous sommairement la FEDIL:budget,personnel,mem- bres, et quelques chiffres-clés. La FEDIL compte 600 membres. Le spectre est large, cela va de la PME aux grandes structures en passant par les start-ups jusqu’aux Big Four, aux cabinets d’avocats d’affaires, les grands groupes internationaux qui sont installés à Luxem- bourg. C’est une grande disparité demembres. La FEDIL offre aux start-ups deux années de cotisation gratuite en espérant que celles-ci vontmettre les réseaux et les com- pétences de l’équipe FEDIL à profit pour grandir. LaFEDILnevit quedes cotisations de ses membres qui représentent environ 3millions d’euros par an. L’équipe est constituée d’une quinzaine de personnes dont une à temps pleinàBruxelles pour faire le lienavec l’UE, leParlement européen, laCommissioneuropéenne, puisqu’un grand nombre de lois et directives nous concernent. Un lobbyiste. Tout à fait. Quelles sont lesprincipales fédérations et associa- tions sous le chapeau de la FEDIL ? Nous avons sous notre chapeauune vingtained’as- sociations très variées. Cela va de la construction en passant par le secteur desRH, l’intérim, la construc- tion, l’acier, le bois, etc. Lapremièrequestiond’un lecteur : «MadameDe- taille, vous êtes la première femme et la première non-luxembourgeoise à présider aux destinées de la FEDIL. Comment les gens réagissent-ils ? » En tant que femme, j’ai ressenti beaucoup d’émo- tions chez certaines femmes qui ont été actives dans unegénérationqui aprécédé lamienne.Ces femmes voyaientmon accession à la présidence comme une victoire etme témoignaient beaucoupde sympathie. Cela m’a profondément touchée car je n’ai pas ac- cepté le poste parce que j’étais une femme, mais parce que je pensais pouvoir y être utile. Quant au fait de ne pas être luxembourgeoise, j’ai eu de nom- breuses réactionsdeLuxembourgeoisquime témoi- gnaient leur agréable surprise. Ceux qui m’en parlaient, évidemment, s’en félicitaient, mais j’ima- ginequ’il y ena tout autant qui a contrario ont eudes commentaires négatifs du style « Qu’est-ce que ce pays... où tout fout le camp ? ». Mais ces dernières personnesne se sont pasmanifestées auprèsdemoi. Le nom, de mon premier assistant et lecteur, est Robert DENNEWALD Le cachotier, je l’ai vu ce jour... Un commentaire à son attention ? Robert est un ami, je l’ai bien connu à la FEDIL. Nous nous côtoyons car je suis membre du conseil d’administration de son entreprise. Ingénieur, c’est un véritable entrepreneur. Il a son franc-parler. Des personnages comme lui sont importants pour le paysmême si parfois nous avons l’uneou l’autredi- vergence sur lamanière de faire. C’est un personnage et un des bâtisseurs de notre économie. D’après de nombreuses voix, à cause de l’homme et de la femme, notre planète est en danger. Sans parodier le feu président Jacques Chirac, regar- dons cela en face. Que fait la FEDIL pour lutter contre le réchauffement climatique sans partici- per à la COP25 ? Pour des raisons de sécurité in- térieure, la COP25 a eu lieu finalement en Espagne et non au Chili. 25.000 représentants à Madrid. Ils ne vont pas s’y rendre à vélo. Est-ce que les résultats, souvent une liste de bonnes in- tentions non contraignantes, méritent une telle empreinte carbone ? Danstouteslescivilisationsilexistedesgensquiprê- chent et des gens qui agissent. Je mettrais la COP danslapremièrecatégorie.Sansdéfinirspécialement une hiérarchie, la FEDIL et ses membres agissent. C’estMarie etMarthe : l’une fait desdiscours et l’au- tre agit. Ceque fait laFEDILest un travail de tous les jours pour réduire l’empreinte climatique. Plus pré- cisément ces efforts ont étémis enplacepour que les entreprises très consommatricesd’énergie réduisent leur empreintenégativeà travers l’accordvolontaire. Aujourd’hui, il y a un projet en conception entre le Ministèrede l’Énergieet laBanqueeuropéenned’in- vestissement pourdiminuer les risquesd’investisse- ment des entreprises qui s’engagent dans la diminutiondeleurconsommationénergétique.C’est à la fois des initiatives concrètes de nos membres et un soutien de la Fédération. Sans plagier Robert Dennewald : libérale, femme denationalitébelge, il était difficilement imagina- ble pour certains de vous voir à la présidence de la FEDIL. Cela s’est fait en 2019. « Enfin » ont dit de trèsnombreuxobservateurs.Êtes-vousfièred’avoir brisé ce plafond de verre ? Oui, je suis fière, car cette nomination émane de la décision des membres du conseil d’administration pour qui j’ai beaucoup de respect et d’admiration. Quand on observe les membres qui composent ce conseil, onconstateque ce sont degrandespointures et je ne peux pas les décevoir. Votre mandat a une durée de trois ans. Quel est le cap à suivre et le but à atteindre à l’horizon 2022 ? Ce que j’aimerais, c’est avoir réconcilié les résidents luxembourgeois avec l’industrie. Il y avait très long- temps, chacun avait dans sa famille unmembre qui travaillait dans l’industrie.Aujourd’hui, cen’est plus le cas et pour denombreuses raisons.Dans trois ans, j’aimeraisbeaucoupquedes jeunes enâgede choisir leur profession envisagent l’industrie comme un choix et surtout comme leur premier choix. Dans tous les enjeux qui se présentent à la FEDIL, quel est le dossier prioritaire ? LedossierleplusprioritairedelaFEDILestlagestion etlarétentiondestalents.Nousavonsbesoindansnos industries de gens compétents et motivés. Il faut que nous les trouvions et que nous les gardions. Je pense que c’est le principal challenge de notre industrie. Avez-vous déjà songé à vous faire un tatouage ou vous en avez-vous fait réaliser un ? Aucun. Je n’ai pas de tatouage et jamais ne m’est venue l’idée dem’en faire un. Les déboires de Facebook en mémoire, le Libra (monnaie du concepteur américano-suisse David Marcus avec la bienveillance de Zuckerberg) a du mal à prendre son envol.Mais nous sommes d’ac- cord pour dire que tôt ou tard ces cryptomonnaies prendront une place significative ou incontourna- bledansnotre économie. L’inévitabledématériali- sation de l’argent s’accentue. Si l’argent et les monnaies ne sont que virtuelles, le pouvoir et les leviers majeurs seront principalement aux mains des banquiers au détriment de l’industrie. Est-ce une tendance inquiétantepour les acteursde l’éco- nomie réelle (par opposition à la virtuelle) oubien est-ce sans importance ? Pour moi, c’est un vrai danger. Je pense que lamon- naiedoittoujoursavoirunecontrepartieetcen’estpas auxentreprisesprivéesquellesqu’ellessoientd’avoir toute cettemonnaie entre leursmains. Donc, c’est un vraidanger,saufsinousarrivonsàrégulerceladema- nièresuffisante.Cettefaçondevoirestraredemapart, car j’ai tendance à voir le progrès comme positif. Un peu de politique étrangère : mission difficile pour PaulMagnette oud’autres, unpetit éclairage politique, la N-VA et le PS ont songé à former un gouvernement fédéral.D’aprèsvous, c’est l’impro- bable blague belge ou une réelle opportunité à construire le renouveauduRoyaumedeBelgique pour vous qui êtes une ancienne élue du Royaume ? Je pense que cela serait intéressant mais je ne sais pas si cela va se faire. Je pense qu’il est difficile même si un parti dont je suis proche – le MR en l’occurrence – a été en minorité linguistique dans un gouvernement. C’est quandmême bien qu’il y ait des deux côtés de la frontière linguistique une majorité qui se retrouve auniveau fédéral. C’est un peu l’eau et le feu. La N-VA, si on met à part ses volontés séparatistes, est un parti qui est globale- ment défenseur de l’économie libérale. Suite en page de droite Interview de Michèle DETAILLE, Présidente de la FEDIL : «…j’aimerais beaucoup que des jeunes en âge de choisir leur profession envisagent l’industrie comme un choix et surtout comme leur premier choix» LeDîner deCharles - Interviewd’une personnalité luxembourgeoise ou européenne en relation avec le Luxembourg - Une rubrique deCharlesMANDICA
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