Agefi Luxembourg Janvier 2020 PAGES GRATUITES

Janvier 2020 17 AGEFI Luxembourg Le Dîner de Charles Suite page de gauche Ce n’est pas le cas des socialisteswallons, loinde là. On voit où l’hégémonie des socialistes wallons a conduit cette région qui à la fin du 19 ème siècle, je vous le rappelle, était une des plus florissantes du monde. … beaucoup de travail en vue pour composer le futur gouvernement fédéral. Dequel signe astrologique êtes-vous ? Lisez-vous votre horoscope ? Jamais, parfois, rarement… Je suis Gémeau. Je ne lis plus mon horoscope car je ne lis plus de journaux papiers. Mais je l’ai lu à une époque sans vraiment y croire. Quel est votre vœu 2020 pour la FEDIL ? Mon vœu 2020 pour la FEDIL serait qu’à la fois le monde politique et la société civile considèrent la FEDIL avec un œil sympathique et qu’on ne soit pas perçu comme des patrons âpres au gain, mais comme un des moteurs de l’économie et du bien-être. Vous avez besoin d’être aimée ? À titre personnel, oui. Dans la vie publique, non. Je préfère que l’onme respecte et que l’onm’estime. Une deuxième question d’une lectrice qui vous tutoie: « Chère Michèle, où trouves-tu cette éner- gie d’entrepreneuse, en plus de celle pour tes en- gagements familiaux et ton inconditionnel soutien à de nombreuses start-ups ? » Je crois que c’est enmoi, j’ai l’énergie, j’ai toujours envie de faire avancer les choses. Mon associé me dit toujours de laisser les autres tranquilles et que je veux faire travailler tout le monde. J’aime bien les gens qui sont entrepreneurs. Pour un jeune qui a une idée, je vais prendre du temps et essayer de l’aider. Lenomde ladeuxièmepersonnequi vous aques- tionnée est Fabienne BOZET , DGde Circuit Foil. Ha (large sourire…), c’est une belle personne ! Quelle est la musique qui vous fait danser ? Je danse très peu. Quel serait votre message au commissaire euro- péen Nicolas Schmit (nommé officiellement ce jour) pour embellir la situation en 2020 desmem- bres de la FEDIL ? J’aimerais que cet homme intelligent prenne conscience que le monde du travail évolue et que les jeunes générations que l’on engage et les fonc- tions qui se développentmaintenant sont des fonc- tions et des personnes qui n’ont pas besoin de rigidité, qui ne veulent pas d’uniformité. Il nous faut nous doter d’undroit du travail agile et souple. Je ne suis pas du tout en train de plaider pour dire que le patron a tous les droits, mais il faut vraiment que les règles européennes s’adaptent au travail tel qu’il est vécumaintenant dans les entreprises. Pour 2019, c’est fait. En 2020 ou plus tard, si vous pouviez être ministre demain quelle serait la sé- lection qui vous tenterait ? Au niveau fédéral en Belgique ouà laRégionwallonne ? ou finalement la sélection nationale « Roude Léiw » ? C’est une question purement théorique mais je choisirais sûrement le Luxembourg parce que les matières qui restent purement de la compétence du fédéral enBelgique sont la gestionde la dette, la sé- curité sociale, les affaires étrangères, la défense et la justice. Ce n’est pas vraiment ma tasse de thé, même si ce sont des fonctions régaliennes impor- tantes. En ce qui concerne laRégionwallonne, je di- rais non parce que gérer la disette, ce n’est pas vraiment mon truc. En revanche, le Luxembourg est unpays oùdes tas de choses sont possibles... ...quel portefeuille dans le « Roude Léiw » ? Celui d’Etienne : l’économie ! Etes-vous adhérente de LAR (Luxembourg Air Rescue) ? Non, je ne suis pas adhérente. J’ai énormément de respect et d’admiration pour le fondateur et je trouve que c’est une très belle entreprise qui ac- cueille les jeunes avec beaucoup d’attention et leur fait aimer le travail. Je devrais songer à devenir membre. En 2020 ? Oui sans faute ! La remise des clefs du stade national a subi du re- tard, nous ne savons toujours pas quand se tien- dra l’inauguration. La Belgique est, comme la France, l’Italie, l’Allemagne, qualifiée pour l’Euro 2020. Vous sentez-vous concernée ? Directement, non. Je suis plutôt tennis que foot. Mais comme j’ai beaucoup de gens proches qui s’intéressent au foot, par ricochets, je suis tenue informée. Les Diables Rouges seront-ils champions d’Eu- rope ? Oui, sans doute ! Contrairement àd’autres pays, il est difficilede se procurer des grilles salariales publiques par pro- fession et par secteur à Luxembourg. Considérez- vous que c’est unmanque ouunélément denotre contextequi favoriseunplus large éventail dené- gociations entre l’employeur et le futur employé aumoment de la signature du contrat ? Si je vous dis que c’est parce que l’échantillon n’est pas suffisant, vous allez sans doute me dire que ce n’est pas vrai. Je ne sais pas si on n’a pas ces grilles. Je pense que les membres de la FEDIL peuvent en disposer ou pourraient. Mais on se débrouille tou- jours très biendans cepays.Moi, ilm’arrivede faire des benchmarks, soit avec des entreprises qui nous ressemblent et qui géographiquement et par leur taille nous sont proches aussi. Il m’arrive aussi très souvent d’ouvrir nos livres à des sociétés voisines. Pouvez-vous me promettre qu’en 2021 au plus tard, cela sera un sujet rendu public. Non ! (…sans appel) Enmars 2020, les transportspublics seront gratuits pour la seconde classe. Certaines voix demandent lagratuité jusqu’aupremier arrêt après la frontière (et non au dernier arrêt avant la frontière). Serait- ce une décision cohérente tant sur la gratuité que sur le premier arrêt après la frontière ? Sur la gratuité, si l’État juge qu’il a lesmoyens de le faire, sûrement. Cela va permettre aux gens d’utili- ser plus facilement et spontanément les transports publics. En ce qui concerne la gratuité jusqu’à l’arrêt suivant, je pense qu’il faut surtout tenir compte des contraintes dans les trois pays pour ne pas créer un appel qui ferait que telle petite gare se retrouverait tout à coup envahie par des voyageurs qui auraient des problèmes de parking pour finalement créer plus de problèmes. Il faut que la relation entre les pays limitrophes soit étudiée. Quel est votre vœu 2020 pour la société No-Nail Boxes ? Réaliser la même année que l’année 2019. C’est une question longue : il y a une quaran- taine d’années il était de bon ton de prôner l’aide aux pays sous-développés. Nous avons réussi à faire triompher certains leaders indiens, Mittal a absorbé Arcelor issue d’Arbed, Aceralia, Usinor. Pirelli est passé sous bannière chinoise. L’aéro- port de Toulouse-Blagnac, site privilégié d’Air- bus Industrie, est géré par une société chinoise : un symbole. Ce contexte précisé, nous laissons aux pays compétiteurs des avantages qu’ils refu- sent aux autres et notamment aux européens. Une personne venue d’Asie peut acquérir 100 % d’une société en Europe. Dans de nombreux pays d’Asie, l’acquisition d’un bien est impossi- ble pour une personne physique européenne car un indigène doit être majoritaire. Pourquoi ne pas suggérer une réciprocité de droits et d’obli- gations entre États pour gagner des parts demar- ché en Asie ou ne pas en perdre davantage en Europe ? Partageriez-vous cette idée ? Oui. Si je veux faire court. Plus long : oui, car il faut que nous jouions tous avec lesmêmes règles et que ce n’est pas le cas aujourd’hui. Quel est votre vœu 2020 pour le pays ? Qu’en 2020, une vraie solution auproblème demo- bilité soit trouvée. Le problème ne sera pas résolu en un an car les so- lutions sont multiples. Que dans l’année, un plan d’action soit ébauché qui regroupe desmesures fis- cales, sociales, des conventions avec les pays voisins et que des projets d’infrastructure adaptées soient décidés, chiffrés et programmés. L’opéra Garnier de Paris surnommé la « Grande Boutique » par Giuseppe Verdi voit sa direction confiée à un Allemand Alexander Neef, nommé par EmmanuelMacron. Seriez-vous prête à chan- ger de vieprofessionnelle et gérer une activité liée au cinéma, au théâtre ou à l’opéra…? Oui, sûrement et je choisirais le théâtre. Un parisien, le Châtelet, les Nouveautés ? Non, plutôt un petit théâtre avec des choses inno- vantes. Si vous aviez une minute pour mettre en avant une association dans un clip publicitaire ? La- quelle retiendriez-vous et quel serait le pitch du clip ? Je dirais « toutes à l’école » et le nom de l’associa- tion est aussi le pitch . Je pense vraiment que l’amé- lioration et le progrès des sociétés passent par les femmes, car il faut qu’elles soient éduquées. A la fois pour ellesmais aussi quandon les éduque, cela percole dans la famille et dans toute la société. Je ne voulais pas ne pas vous la poser en forme simpliste : aimez-vous le théâtre ? Oui, car c’est un exploit que l’on refait à chaque fois qu’on joue au théâtre. Chaque fois, il faut se réinventer. Tout à fait. Les Britanniques ne sont pas encore sortis, pas de no-deal et pas d’accord ! Décidemment, c’est la prolongation des plaisirs et avant cela un retour aux urnes. D’après vous, ils reviendront dans l’UE avant 2030 ouune longue page se tourne len- tement pour des décennies ?Amoins que les Bri- tanniques restent dans le bateau, tant décrié, de l’UE. Quelle est votre perception ? Je ne sais pas ce qui va se passer, mais cet épisode de référendumm’a vraiment perturbée. J’ai trouvé que c’était l’échec de tout un système ; nous avions des décideurs politiques qui sortaient des meil- leures écoles, des meilleures familles, qui avaient suffisamment d’argent pour être éduqués et culti- vés et ils ont pris une décision aussi idiote que faire le référendum. Je ne parle pas des résultats des votes. Ceci a mis en péril, sans doute leur pays, mais aussi la construction européenne qui est quand même objectivement une très très belle chose. C’est unpeu à désespérer quand on voit que l’élite arrive à prendre des décisions si bêtes et nui- sibles. On se demande ce qu’il faut faire pour que le monde aille mieux. En termes de business que réalise le Groupe ALIPA avec la Grande-Bretagne ? Peu, ce n’est pas significatif. Quelles sont les vacances reposantes que vous aimez ? Asie, Afrique ou la côte belge ? Je fais souvent la distinction entre voyage et va- cances. Quand on travaille, on peut voyager, mais on doit aussi pouvoir se reposer. Pour le repos, c’est surtout la côte belge ou leMidi de la France. Si c’est pour les voyages et les décou- vertes, c’est l’Asie, une régiondumonde que j’aime beaucoup. La planète brûle, disait Chirac ? On regarde ail- leurs. La finde l’obsolescence programmée serait une partie de la solution pour résoudre les pro- blèmes du réchauffement climatique ? Je ne suis pas si sûre que ce soit simple, parce que quand on parle d’obsolescence programmée, il y a certes toute une partie de gaspillage, mais aussi la perception qu’a l’entreprise que le produit qu’elle aura demain serameilleur que celui d’aujourd’hui. Si on les oblige à faire des produits avec une très longue durée de vie, on risque peut-être dans cer- tains domaines de stopper le progrès. Thomas Cook, XL Airways, Aigle Azur ont mis la clef sous la porte, avec un gâchis social et de nombreux clients floués. Certains billets se sont encore vendus la veille du jour de la déclaration de faillite. Est-il possible d’établir des méca- nismes en amont pour prévenir ces faillites ? Oui, je pense qu’à partir dumoment où les prix af- fichés et toutes les règles semblent normales, il fau- drait protéger le consommateur. Je ne parle pas des prix anormalement bas et des affaires qui sentent l’arnaque. Dès qu’on est dans la normalité, il faut pouvoir protéger le consommateur. Que vous évoque ce chiffre : 23062 ? Je ne sais pas. C’est le code postal de la ville d’Alipa en Grèce. Le trajet par train qui a conduit de Bruxelles à Luxembourg le couple royal belge a duré 3 heures. Le 23 octobre, grâce à l’artiste Bernard Venet et Bernard Serin, le président du groupe JohnCockerill (également président duFCMetz) un « arc majeur » a été inauguré sur une liaison routière de qualitémineure. Cela ne semble tou- jours pas déranger grand monde que nos deux capitales européennes soient reliées encore par des moyens dignes du 20 ème siècle. Il semblerait que la France ne voulait pas vraiment cet arc. Que vous inspire la qualité des liaisons par le rail et la route entre Bruxelles et Luxembourg en pas- sant par ce fameux arc ? En ce qui concerne la qualité des transports, il est évident que c’est inacceptable. Je ne pense pas qu’il faudra compter sur la Belgique pour améliorer quoi que ce soit. La Province du Luxembourg a toujours été la province parent pauvre de Belgique, qu’elle soit fédérale ou unitaire et il n’y a pas hélas de raison que cela change. Le Luxembourg sera plus influent que la Wal- lonie ? S’il paye, oui ! En ce qui concerne l’arc, c’est une question beau- coup plus vaste. Est-ce que si on est pauvre, on n’a pas le droit à la culture ? Avoir. Ma question n’était pas posée dans ce sens. Mais je suis d’accord avec votre dernière remarque. Dernière question de nos lecteurs « Dans le contexte des « actions positives », les entreprises sont actuellement encouragées à établir des au- dits analysant les inégalités de genres (au niveau des prises de décision, du pay gap , etc), mais le législateur ne les oblige pas à en publier les ré- sultats. Ces études sont ainsi gardées en huis clos et ne parviennent pas aux syndicats qui ne peu- vent pas utiliser les conclusions pour faire évo- luer les procédés et négocier avec le patronat. Qu’entendez-vous faire pour que les entreprises (dumoins celles à partir d’une certaine taille) fas- sent non seulement ces audits, mais les publient et soient prêtes à en discuter pour arriver à terme à une réelle égalité entre les genres ? » Je pense que les syndicats n’ont pas de leçons à donner. Cela fait vingt ans que je suis au pays et je n’ai jamais rencontré une déléguée syndicale pour négocier. Je pense qu’il faut aussi – je crois que Pompidou disait qu’il faut arrêter d’emmerder les Français – « arrêtez d’imposer des choses aux en- treprises ». Si on parle du fond du sujet, la diver- sité, c’est une vraie richesse pour les entreprises et on n’a pas besoin d’obliger les entreprises à faire des audits. De plus en plus les gens vont se rendre compte et se rendent compte que le fait d’avoir une diversité de gens, mais une diversité au sens général au sein d’une entreprise est une richesse. Cette question a été posée par une dame qui ne vous connaitpasetquiestMadame AinhoaACHUTEGUI (directrice de l’abbaye de Neumünster). Je ne la connais pas encore ! En dehors de ceux destinés aux mamans, quel conseil donneriez-vous aux femmes qui souhai- tent accéder à des fonctions à grandes responsa- bilités ? Je le dirais en anglais : JUST DO IT . Arrête de te poser des questions. Plus souvent chez les femmes que chez les hommes, est-ceque jevais yarriver, est- ce que je suis capable, est-ce que vous croyez que je peux... Toute cette énergie à se poser des questions ! Mets-la à réaliser la tâche et tu vas voir cela se fera ! Avez-vousvu le film J’accuse deRomanPolanski ? Non ! Pourquoi ? Parce que je ne vais pas très souvent au cinéma. Le thème m’intéresse et d’après ce que j’ai lu, on parle plus de ce colonel français qui a une attitude courageuse en remettant en cause des faits établis et en prenant la défense du capitaine Dreyfus. J’aime bien les gens courageux. Quelles sont vos lectures ? Quel est pour vous l’organe de presse le plus influent du pays, celui que vous scrutez à des fins professionnelles ? Je crois que l’organe le plus influent du pays est le Wort . A des fins professionnelles, je lis L’Usine nouvelle parce que je pense que la France a des idées très inspirantes même si elle est moins brillante dans la réalisation. Mes lectures sont des romans. Néanmoins, le dernier livre que j’ai lu sont les mémoires de Ca- therine Nay. Succomberez-vous à la classique mise en scène du beaujolais nouveau ou êtes-vous plus sensi- ble aux merveilleuses affaires du Black Friday ? Ni l’un ni l’autre. J’aime bien le bon vin. OKpour le beaujolais et les achats du vendredi... ... Pour le vendredi quand j’étais jeune oui, peut- être, mais là non. Notre échange sera publié début janvier. Merci pour ce moment privilégié, Madame la Présidente. Acette fin, je vous souhaite une heu- reuse année 2020 et vous adresse au nomd’Agefi ainsi qu’à la FEDIL et à ses membres mes meil- leurs vœux de prospérité pour l’an neuf. … Et pour clôturer notre échange à vous le mot de la fin. Merci pour cet échange parce que les questions posées amènent toujours à une réflexion et une formulation de sa pensée, ce qui permet en général de progresser. Merci, Madame la Présidente.

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