AGEFI Luxembourg - septembre 2020 - pages gratuites

Par Aïssata COULIBALY (portrait) & Renaud BREYER, EY Luxembourg* L es gestionnaires de fonds de private equity ou ca- pital-investissement in- tègrent de plus en plus les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans leur stratégie. L’objectif est de prendre en compte tous les critères de création de valeur, notamment les critères intangibles, non financiers. Ces critères sont synonymes de créa- tion de valeur à long terme et la crise de Covid-19 a confirmé ce constat. Les critères ESG constituent l’es- sence de l’analyse extra-financière et s’intègrent tant au niveau du mana- gement des sociétés de gestion ou des General Partners (GP), et donc à la politique d’investisse- ment, de gestion des risques, de leur rémunération et de reporting, qu’au management de celui des sociétés en portefeuille. Plusieurs raisons encoura- gent les GP dans cette démarche. Les investisseurs sont plus exigeants et deman- dent plus de transparence. En effet, non seulement les investisseurs sont focalisés sur le rendement et les risques, mais sont aussi de plus en plus regar- dants sur l’impact qu’ont leurs investissements. La dernière enquête d’EY (1) réalisée auprès d’inves- tisseurs institutionnels confirme une ten- dance des entreprises à œuvrer pour l’amélioration de la planète, ces va- leurs influençant d’ailleurs leurs dé- cisions d’investissement. Les infor- mations ESG n’ont donc jamais été aussi importantes pour 98% des investisseurs interrogés. Par ailleurs, l’Union euro- péenne, avec le support de sa Task Force dédiée au Climate-rela- ted Financial Disclosures et l’appui du Technical Expert Group on Sustainable Finance, dévoile un agenda réglementaire ambitieux visant à imposer une certaine trajectoire carbone de l’éco- nomie. En découlent des rè- glements qui couvrent notam- ment la transparence et la classification des produits. Par exemple, le règlement euro- péen sur la taxonomie de juin 2020 fa- cilite la compréhension des investisseurs sur les activités considérées comme environnementa- lement et socialement durables. L’absence de lan- gage commun sur ce qu’est une activité durable était un frein à l’orientation des flux financiers vers des activités économiques durables. La crise du Covid-19 a aussi confirmé les attentes des parties prenantes et l’Union européenne à ac- célérer la mise en œuvre de son plan d’action pour une finance durable. N’oublions pas que les cri- tères ESG constituent une source d’opportunités visant à améliorer la solidité et la résilience de l’in- dustrie du capital-investissement. Définir les ambitions de la démarche ESG : une étape fondamentale Les impératifs d’une démarche ESG dépendent de l’ambitiond’une société de gestion. Nous constatons que très souvent une simple question est posée : comment appréhender mon approche ESG ? Ala question de savoir ce que signifie concrètement l’intégration des critères ESG, nombreuses sont les réponses proposées par plusieurs études menées sur le sujet, y incluse une analyse récente d’EY (2) : - Une démarche vers l’excellence opérationnelle consistant à utiliser lesméthodes déjà en place pour atteindre les résultats escomptés en les enrichissant et en les actualisant sous l’angle de la durabilité (par exemple, cela inclut l’introduction de clauses sur la durabilité environnementale et sociale dans le processus de sélection et de gestion des sociétés en portefeuille, ou l’intégration des critères ESG dans les processus de gestion des risques) ; Suite en page 2 PRIX DU NUMÉRO : EUR 4,50 SEPTEMBRE 2020 Le Journal Financier de Luxembourg NUMERO 08/348 ISSN1561-8366 t Economie Il va falloir reparler de divergence (P. LEDENT, ING) p.6 Lemonde de la finance face à ses challenges (Rapport d’activité 2019 de la CSSF) p.7 Nous n’avons pas besoin de plus d’impôts pour réagir à la crise du Covid-19 (B. WIRTZ) p.11 t Fonds d’investissement Alphabet de rentrée (O. de BERRANGER, La Financière de l’Echiquier) p.14 Projet de loi 7637 : Une nouvelle ère DLT pour les titres dématérialisés (F. MAUSEN, P. NOELTNER,Allen&Overy SCS) p.15 Covid-19: The Fund Sector After the Crisis (E. vonKYMMEL, VPFund Solutions) p.19 t Emploi / RH « Les professionnels des RH vont continuer à être sur tous les fronts » (N. HURLIN, M. COLASHURLIN, The Recruiter Box) p.28 Rémunération variable : le droit à des com- missions peut être discrétionnaire (C. DOMINGOS, Castegnaro) p.29 t Informatique financière Schrems II:What shouldbe onyour to-do list for internationaldatatransfers?(V.WELLENS, L.KORTYTKO,NautaDutilhAvocats) p.34 La Covid-19, la fin du cash ? (Schroders) p.35 Sommaire détaillé en page 2 www.valuepartner s.lu Le JournalFinancierdeLuxembourg ESG et société de gestion private equity : Par où commencer? Par David SEBAN JEANTET, Chief Investment Officer, Société Générale Private Wealth Management L a période estivale est tradi- tionnellement boudée par les investisseurs, tant on a pu assister par le passé à d’im- portants accès de volatilité au beau milieu de l’été. En 2011, l’Eu- rope a ainsi vacillé sur fond de crise de la dette souveraine, situation si- milaire pour le Brexit en 2016. En 2020, en pleine crise du Covid, force est de constater que les investisseurs ont adopté une position pour le moins atten- tiste. Et pour cause, le rebond depuis les points bas de mars a été par- ticulièrement rapide. Tiré par la santé exubérante du secteur de la technologie, le marché des actions américaines a franchi un nouveau seuil historique. Les marchés obliga- taires ne sont pas en reste en bénéficiant d’un flux de liquidités de la part des banques centrales. Au cours de l’été, l’économie a amorcé son redé- marrage. La demande, qui avait été fortement contrainte lors de la période de confinement, est en augmentation significative mais tous les sec- teurs ne repartent pas aumême rythme. L’arrêt de l’activité avait été si brutal que la reprise apparaît particulièrement vigoureuse et la vio- lence du choc économique a été telle que l’appareil statistique s’est révélé bien insuffisant pour décrire la baisse de l’activité. Les données connexes comme les paiements en carte de crédit, la consommation d’électricité ou encore les déplace- ments enregistrés par Google Maps ont permis à minima d’es- quisser les contours de l’économie au pire de la crise. Aux États-Unis, l’indicateur GDP Now de la Federal Reserve d’Atlanta, le plus regardé par les professionnels des marchés, pointait sur une contraction de l’activité de plus de 50% au deuxième trimestre en glisse- ment trimestriel. Ce même indi- cateur indique aujourd’hui un rebond de l’ordre de 30% du PIB américain. En Europe, les effets du confinement ont été parti- culièrement ressentis en Ita- lie, en France et en Espagne, compte tenue de la dynamique de l’épidémie et du poids du tourisme dans l’éco- nomie. Au niveau mondial, le FMI prévoit doré- navant un recul du PIB de -3% en 2020. Le recul d’activité atteindrait -6,1% dans les pays dévelop- pés et -1% dans les pays émergents. L’Asie émergente (Chine, Inde et ASEAN) devrait tirer son épingle du jeu et afficher une croissance légèrement positive de l’ordre de +1%. La réponse en matière de politique économique a été à la hau- teur du défi. Jamais le monde n’avait mis en œuvre de telles mesures de soutien et de relance de manière aussi synchronisée. Logiquement, les déficits publics se creusent et devraient avoisiner 17% du PIB aux États-Unis et près de 10% en zone euro selon le consensus Bloomberg. La question du financement des déficits et par extension de la soutenabilité de la dette est repoussée compte tenu de la mise en œuvre des politiques de taux zéro par les banques centrales (ZIRP : Zero Interest Rate Policy ). Mais si le Japon et la zone euro peuvent se targuer d’un excédent commercial, pourvoyeur d’un flux net de devises, les États-Unis doivent financer des déficits jumeaux de plus de 20% du PIB en 2020. L’ajustement de politique monétaire outre-Atlan- tique, et en particulier la forte baisse des taux di- recteurs, a fait disparaitre le portage positif carry trade dont bénéficiait le dollar. Suite en page 3 Bilan et perspectives après l’été : L’économie amorce son redémarrage www.agefi.lu 41, Zone Industrielle, L-8287 Kehlen - Tel: +352 305757 1 - Fax: +352 24611564 - Email: agefi@agefi.lu (Lire la suite en page 6) www.pwc.lu +25+38 +10 L’embellie estivale est confirmée Le Baromètre Mensuel PwC (Indicateur de Confiance Economique) en collaboration avec AGEFI Luxembourg Private Equity − de vous à moi La rubrique mensuelle Par Laurent Capolaghi &Marie-LaureMounguia, EYLuxembourg du Private Equity Lire en page 14 FINANCE #FFF20 1)050 ("--&3: "/% 7*%&04 XXX GBSBEGJOBODFGPSVN DPN '03."54 1"/&-4 */5&3/"5*0/"- 41&",&34 Thank you! REGULATORY COMPLIANCE SENTINEL www.deloitte.lu DétailenpageXX Détail en page 3 www.deloitte.lu Sommaire " ! -(+%%& 9 :$ Private Equity - Real Estate Trust - Trading Luxembourg, Belgium, Switzerland, Hong-Kong, Monaco, Dubaï Lire article en page 17

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