Agefi Luxembourg - juillet août 2026
Juillet / Août 2026 48 AGEFI Luxembourg IA & Tech Par JoranMAMBIR, spécialiste pro duit actions chez J. Safra Sarasin L ’IA crée des goulots d’étranglement tech niques qui se trans forment en opportunités majeures pour surperfor mer le marché. Lamémoire : une demande sans précédent Les modèles d’intelligence arti ficielle ont un appétit insatiable pour les données, et ces don nées doivent être disponibles très rapidement. Les puces de mémoire conventionnelles ne peuvent tout simplement pas suivre ce rythme. La réponse est la mémoire à haute bande passante (HBM), une technologie qui empile plu sieurs couches de mémoire directement sur le processeur IA, multipliant la vitesse de transfert des données. La demande pour cettemémoire HBMest si élevée que les princi paux fabricants disposent de car nets de commandes qui s’éten dent jusquʹen 2028. La fabrica tion de ces puces de mémoire HBMutilise lesmêmes capacités de production que la mémoire classique, entraînant un déficit de l’offre pour cette dernière et une pression sur les prix. Ce segment, historiquement très cyclique, est aujourd’hui entré dans un supercycle où les fabri cants bénéficient d’unebienmeil leure visibilité sur leurs marges que par le passé. Le traitement des données : le retour du CPU La première vague de lʹIA a consacré leGPU(processeur gra phique) comme le composant roi, en vertu de sa capacité à traiter des milliers de calculs en paral lèle. Mais à mesure que lʹIAévo lue, passant de simples chatbots àdes agents autonomes capables de prendre des décisions et de gérer des tâches complexes, cʹest le CPU (processeur central) qui revient sur le devant de la scène. En effet, la capacitédesCPUà or chestrer la charge de travail en fait l’élément indispensable des systèmes d’IA agentique. AMD anticipe que le marché adressa ble des CPU dépassera 120 mil liards de dollars dʹici 2030, avec une croissance annuelle supé rieure à 35 %. Le réseau et lʹalimentation électriques : 2murs physiques Transporter des données à lʹinté rieur et entre les centres de don néesmodernesposedesdéfisque le cuivre ne peut plus relever. À desvitessesde400ou800gigabits par seconde et bientôt 1,6 térabit, les câbles en cuivre perdent trop de signal. Lʹindustrie migre vers la fibre optique, puis vers lʹop tique copackagée, qui intègre les composants laser directement aux côtés des puces. La lumière remplace lʹélectron comme vec teur de données. Lʹalimentationélectriqueconstitue undéfidʹuneautrenature.Unseul rack de la plateforme Vera Rubin de Nvidia peut consommer jusquʹà 600 kilowatts, lʹéquivalent de400foyers.Pourgérerdetelsni veaux de puissance, la tension à l’arrivée des racks devra être sen siblementaugmentéede48voltsà 800 volts. Cela implique une forte augmentation de l’utilisation de semiconducteur de puissance fa briqués avec des matériaux tels quelecarburedesiliciumouleni trure de gallium. Un domaine où quelques spécialistes seulement pourront satisfaire la demande. Cetteévolutionnousrappelleéga lement l’importance stratégique desmatériaux dans le développe mentdesnouvellestechnologieset de l’économie engénéral. La fabrication : repousser les limites de l’ingénierie La fabrication des puces électro niques les plus avancées implique aujourd’hui des processus qui re quièrent une précision de l’ordre dequelquesnanomètres,pluspetit quʹunbrindʹADN.Àcette échelle, les lois classiques de la physique sʹeffacent devant celles de la phy sique quantique. L’utilisation de nouveauxmatériauxetunpassage aux architectures tridimension nelles, où les transistors sont fabri qués avec une précision atomique deviennent indispensables. Seuleunepoignéedʹentreprisesau monde peuvent fournir les outils pourcesprocessusdeproduction. Les barrières à lʹentrée ne sont pas seulement élevées : elles sont qua siment infranchissables à court terme et garantissent un pouvoir de fixation des prix significatif pour ces entreprises. Les implications pour lʹinvestisseur Chaque goulot dʹétranglement procède de lamême dynamique : une demande structurelle qui dé passelʹoffre,servieparunnombre restreint dʹacteurs protégés par des barrières technologiques considérables. Ces entreprises ne bénéficient pas seulement dʹune conjonc ture favorable, elles occupent des positions que leurs concur rents ne peuvent pas répliquer en quelques trimestres. L’IA ainsiqueladigitalisationdansson ensemble reposent sur une infra structurematérielleoùinnovation et ingénierie repoussent sans cesse les limites du possible. Lʹenjeupourlʹinvestisseurnʹestpas de parier sur lʹIAen général, mais dʹidentifier précisément où se si tuent ces limites et quelles entre prises détiennent les clés pour les franchir.Cʹestlàqueseconcentrent les opportunités les plus at trayantes.Cʹestégalementlaraison pourlaquelleuneapprocheactive, fondée sur une compréhension techniquepointue,faittouteladif férence dans ce secteur. IA : où se situent les vraies opportunités d’investissement ? Abonnement aumensuel (journal+éditiondigitale) 1an(11numéros)=55€abonnementpourLuxembourgetBelgique-65€pourautrespays L’édition digitale du mensuel en ligne sur notre site Internet www.agefi.lu est accessible automatiquementauxsouscripteursdel’éditionpapier. NOM:....................................................................................................................................................................... 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InanurgentdrivetorelaunchtheEuropeaneconomy, ease the regulatory burden on businesses, and com petewithglobal digital powers, theEUembarkedon anambitiousoverhaulofseveralareasofitsregulatory framework in early 2025, spanning defence, energy, chemicals, agriculture and technology. The Council is looking to adopt all these Omnibus texts before the end of 2026. The last area is covered bytheDigitalOmnibus,whichcontainstwoseparate acts:AI on theonehand, anddata regulation (includ ing theGDPR) on the other. An agreed compromise text onAI A provisional agreement on the “ simplification of the implementation of harmonised rules on artificial intelli gence ” was reached by the Council, Parliament and theCommissionon22June2026.Thisfollowedafirst trilogue session that broke down inApril 2026. Concretely, compared with the Commission’s initial draft, the original “stop the clock” mechanism — designed to delay the full entry into force of the AI Act on 2August 2027 (including for highriskAI sys tems coming into effect on 2 August 2026) — was watereddown.Insteadofenteringintoforceoncehar monised standards were formally confirmed, the compromise text provides a delay until 2 December 2027forAnnexIIIsystems(coveringstandalonehigh risk AI systems in areas such as recruitment, credit worthiness and access to essential services) and until 2August 2028 forAnnex I systems (coveringsystems embedded in regulated products such as medical devices and radio equipment). Providers of generativeAI systemsmustmark syn thetic (i.e.,AIgenerated) content inamachineread able way (known as watermarking, in order to make AIgenerated content easily identifiable). Rather than applying from2August 2026, the final compromise settles on a fourmonthdelay (instead of the initial six), meaning compliance is required by 2 December 2026. The colegislators also inserted a new prohibition under Article 5, applicable from 2 December 2026, targeting AI systems that generate nonconsensual intimate imagery (to tackle “revenge porn”) or child sexual abuse material. The prohibition extends beyond systems designed for such purposes to any system where such an outcome is reasonably fore seeable and reproducible without significant tech nicalmodification, andwhere the system lacks ade quate safeguards. OnAI literacy, the European Commission had pro posed removing the binding AI literacy obligation underArticle4entirely,replacingitwithsoftencour agement from public authorities. The agreed text retains the obligation but softens it, requiring providers and deployers to support the develop ment of AI literacy among their staff rather than guaranteeing a defined level of competence. Beyond these targeted changes, the AI Act’s funda mental architecture, its riskbased classification, con formity assessment regime, and governance frame work, remain entirely intact. It should be noted in particularthattransparencyobligationsunderArticle 50 of the AI Act remain applicable from 2 August 2026 and are not affected by this compromise text. Acontroversial leakedposition fromthe council ondata regulation Unlike the AI part of the Digital Omnibus, the data regulation part is moving at a slower pace given the impacts it will have on existing enforcement trends, particularly in relation to theGDPR. TheCouncil has madeitspositionknownthroughaleakeddocument dated 18 June 2026, followed by a publication on 22 June 2026 of their intended amendments. The text still retains the change on the definition of personal data but adds a safeguard: where pseudonymised data is passed to a third party who might be able to reidentify the individual, both the transferandthesubsequentprocessingaretreatedas processing of personal data. This is designed to pre vent organisations fromusing pseudonymisation to sidestep theGDPRby passing data to another party. TheCouncil wishes to retain the narrow lawful basis for the processing of biometric personal data for the purposes of onetoone authentication (rather than identification)where thedata andverificationmeans stay under the data subject’s control. The Council added a recitallevel clarification that better delimits the permitted use case, a drafting detail absent from theNovemberproposal.Controllersarealsoexpected to prefer nonbiometric methods where these are equally effective. TheCouncil introduceda newpro visiontoallowinternationaltransfersofpersonaldata inthecontextofdataexchangesfortaxpurposes(e.g., FATCAor similar schemes), at the request of “several delegations”. The newRecital 40b explicitly covers periodic and automateddataexchangesunder international tax cooperation agreements, including international agreementsontaxcooperationasavalidpub lic interest ground, even where data are exchanged on a periodic or automated basis. This sits in direct tension with the consistent position of the EDPB and national DPAs that Article 49derogations are exceptional and can not support systematic or repetitive transfers, and is likely to be tested against the forthcoming CJEUruling on suchmatters. (2) The European Commission’s original plan was to lifttherulesonterminalequipmentandcookiesout of the ePrivacy Directive and embed them directly into the GDPR via new Articles 88a and 88b. The Councilchangeddirection:thoserulesshouldinstead beaddressedthroughanamendmenttotheePrivacy Directive. This has practical consequences for how sanctionsapplyandwhichauthorityhascompetence, whilealsowateringdownthe‘browserlevel”consent mechanismwhereby cookie bannerswouldbe auto matically rejected or accepted according to the user’s preferredbrowser settings. The European Parliament’s position is still outstand ing, and the trilogue meetings will then iron out the final text. Until then, existing rules remain fully in force and supervisory authorities retain every power they currentlyhave. Conclusion The Digital Omnibus is Europe’s most ambitious effort to recalibrate its digital regulatory framework since the original wave of legislation began in 2016. The European Commission estimates that the Omnibus could save businesses up to EUR 5 billion in administrative costs by 2029, and public adminis trations a further EUR 1 billion. However, those fig ures dependonafinal text that does not yet exist and willtaketimetotranslateintotangiblebenefitsforthe relevant stakeholders—incontrastwith themarket’s demand for speed and its concern that simplification will be erodedduring the legislative process. 1) For a detailed analysis of the original proposal, see our article in the AGEFI December 2025 issue 2) See the pending CJEU case, Autorité de protection des données, C 804/25. The Digital Omnibus: what changed, what survived and what remains open
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