Agefi Luxembourg - octobre 2026

AGEFI Luxembourg 8 Octobre 2026 Économie & Banques L ’économie luxembourgeoise devrait re­ trouver progressivement davantage de dynamisme au cours des prochaines années, sans pour autant renouer rapide­ ment avec ses rythmes de croissance histo­ riques. Dans ses projections àmoyen terme publiées le 9 octobre 2026, le STATECpré­ voit une progressionduproduit intérieur brut (PIB) de 1,2%en 2026, de 1,9%en 2027 et de 2,3%en 2028. La croissance devrait en­ suite continuer à se renforcer, portée notam­ ment par le redressement des services financiers, le retour progressif des investisse­ ments et une améliorationde la situation sur lemarché du travail. Cette trajectoire reste toutefois marquée par un écart important entre la reprise attendue et lepoten­ tiel de croissance du pays. Alors que celuici s’éle­ vait historiquement à environ 2,9 % par an, il s’est sensiblement affaibli au cours de la dernière décen­ nie. Il serait limité à 1 % en 2026 et ne remonterait que graduellement pour atteindre 1,7 % en 2030. Cette évolution reflète notamment la faiblesse des gains de productivité, le ralentissement de la dyna­ mique de l’emploi et l’insuffisance des investisse­ ments au cours des dernières années. Le redressement économique devrait ainsi s’effec­ tuer par étapes, avec une contribution importante des activités tournées vers l’international. Les ser­ vices financiers, qui occupent une place centrale dans l’économie luxembourgeoise, devraient notamment soutenir la croissance en 2026 et 2027. La stabilisation des taux d’intérêt et l’évolution attendue des marchés boursiers contribueraient à améliorer les conditions d’activitédu secteur, tandis que la progression des actifs sous gestion pourrait soutenir sa valeur ajoutée. À partir de 2028, le secteur privé non financier devrait également jouer un rôle plus important dans l’expansion économique. Sa croissance pour­ rait progressivement se rapprocher de samoyenne historique, estimée à 3,3 % par an. Cette évolution constituerait un élément favorable pour une éco­ nomie qui cherche à diversifier ses moteurs de croissance et à réduire sa dépendance à l’égard des performances du secteur financier. Lademande intérieuredevrait, pour sapart, appor­ ter une contribution plus modérée au PIB. La consommation des ménages et les investissements bénéficient en partie de l’amélioration progressive des conditions économiques, mais leur effet sur la production nationale est limité par leur contenu élevé en importations. Les dépenses réalisées par lesménages et les entreprises ne se traduisent donc pas intégralement par une hausse de l’activité pro­ duite au Luxembourg. Plusieurs facteurs pourraient néanmoins soutenir la demande au cours de la période étudiée. Les mesures décidées dans le cadre de la dernière tri­ partite et l’indexation des salaires intervenue en juin2026 contribuent àpréserver lepouvoir d’achat. La stabilisationdes tauxd’intérêt devrait également favoriser une reprise des investissements, notam­ ment dans la construction, un secteur qui a traversé une période particulièrement difficile. La réforme fiscale prévue en 2028 devrait enfin apporter un soutien supplémentaire à la consommation privée. Selon les projections, la croissance de cette dernière passerait de 2 % en 2027 à 2,6 % en 2028. L’emploi repartirait, mais le chômage resterait élevé dans unpremier temps Leredressementdel’activitédevraitprogressivement serépercutersurlemarchédutravail.Aprèsunecrois­ sance de l’emploi de 1,2%en 2025, celleci atteindrait 1,7%en2026, puis 1,9%en2027. Elledépasserait 2% à partir de 2028 pour atteindre 2,4 % en 2030. Cette évolution traduirait le retour progressif des embauches dans le secteur marchand, après une périodedurantlaquellelescréationsd’emploisavaient étédavantagesoutenuesparlesecteurnonmarchand. Le ralentissement observé en 2023 et 2024 avait notamment touché la construction, les services financiers et les services aux entreprises. Les entre­ prises avaient alors largement conservé leurs effec­ tifs malgré la quasistagnation de l’activité, ce qui avait entraîné une baisse de la productivité appa­ rentedu travail. La reprise attenduedevrait permet­ treune améliorationgraduellede la situation,même si la progression des embauches resterait inférieure à samoyenne de long terme, estimée à 3 %. Le chômage ne diminuerait toutefois pas immé­ diatement. Le taux calculé selon la définition de l’ADEM, qui s’élevait à 6 %de la population active en 2025, devrait atteindre 6,3 % en 2026 et en 2027. Cette évolution s’expliquerait notamment par le fait que les nouvelles créations d’emplois bénéficie­ raient davantage aux travailleurs frontaliers qu’aux résidents durant cettepériode. Le recul du chômage ne commencerait véritablement qu’avec le renfor­ cement de l’activité et de l’emploi national : le taux passerait à 6,1 % en 2028, puis à 5,8 % en 2029 et à 5,4 % en 2030. Une inflationproche de 2%àmoyen terme Sur le front des prix, l’inflation devrait rester relati­ vement modérée dans le scénario central. L’indice des prix à la consommation national (IPCN) pro­ gresserait de 1,8%en 2026, avant d’accélérer à 2,1% en 2027. Entre 2028 et 2030, son évolutiondevrait se stabiliser autour de 2 %par an. Le ralentissement attendu en 2026 s’expliquerait principalement par l’évolution des prix de l’énergie et par les effets du Resilienzpak, le paquet de mesures tripartites entré en vigueur durant l’été 2026. Le scénario central repose notamment sur un prix moyen du pétrole Brent de 83 dollars le baril en 2026, puis de 67 dollars en 2027. La fin des mesures de soutien énergétiques devrait toutefois entraîner un effet de rattrapage sur l’inflation en 2027, estimé à 0,3 point de pourcentage. Les prix des services continueraient, pour leur part, d’augmenter à un rythme plus soutenu, avec une hausse prévue de 2,2 % en 2026. L’indexation des salairesintervenueenjuincontribueàcetteévolution. Lecoûtsalarialmoyennominalavaitprogresséde3,4 % sur un an au premier trimestre 2026, un rythme qui devrait globalement se maintenir sur le reste de l’année sous l’effet combiné de l’indexation automa­ tique et de la progressiondes salaires de base. Les risques énergétiques et géopolitiques pourraientmodifier les prévisions Ces perspectives restent conditionnées à l’évolution del’environnementinternational.Leshypothèsesrete­ nues pour la zone euro tablent sur une croissance de 0,6 % en 2026, avant un retour à un rythme moyen d’environ 1,5 % entre 2027 et 2030. Ces estimations, établies à partir des scénarios d’Oxford Economics reçusle15juillet2026,netiennenttoutefoispasencore compte de la progression du PIB de la zone euro au deuxième trimestre, qui a atteint 0,4%sur troismois. En l’absenced’unenouvelle flambéedesprix énergé­ tiques, une révision à la hausse de la prévision pour 2026 apparaît donc possible. À l’échelle mondiale, la croissance serait de 2,5 % en 2026 et de 3,2 % en 2027. Ces perspectives reposent notamment sur une trêve fragile entre les ÉtatsUnis etl’Iranetsurunereprisemodéréedutraficmaritime dans le détroit d’Ormuz. L’évolution de la situation au MoyenOrient demeure néanmoins une source majeure d’incertitude pour les marchés de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement. Dans un scénario défavorable caractérisé par une intensification de la guerre en Iran, une fermeture durable dudétroit d’Ormuz et des dommages crois­ santsauxinfrastructuresénergétiques,leprixduBrent pourraitatteindreunemoyennede163dollarslebaril au troisième trimestre 2026. Les prix du gaz connaî­ traientégalementunpic,tandisquelespénurieséner­ gétiquespèseraientsurlesdépensesdesménages,les transports et le fret. Les tensions sur les chaînes d’ap­ provisionnement entraîneraient parallèlement une hausse des coûts pour les entreprises. Ce scénario aurait des conséquences importantes sur l’économie mondiale. La croissance du PIBmondial tomberait à 1,9%en2026età1,3%en2027,contrerespectivement 2,5 % et 3,2 % dans le scénario central. Les marchés actions mondiaux pourraient reculer d’environ 20 % par rapport à ce scénario de référence au troisième trimestre. Pour le Luxembourg, une telle évolution représenterait un risque particulier compte tenu du poidsdesservicesfinanciersetdelasensibilitédecette activité aux fluctuations boursières. D’autres facteurs pourraient également peser sur les perspectives, notamment les épisodes de séche­ resse en Europe et le phénomène climatique El Niño, susceptibles d’exercer une pression à la hausse sur les prix alimentaires. L’évolution de la politique monétaire et la concurrence accrue pour les financements internationaux constituent égale­ ment des éléments d’incertitude, dans un contexte marqué par des niveaux élevés de dette publique et une augmentationdes dépenses de défense dans plusieurs économies avancées. Le STATECestime ainsi que les risques entourant les prévisions d’inflation sont désormais orientés à la hausse, en raison de l’accentuation des tensions géo­ politiques au MoyenOrient depuis l’établissement deshypothèses.Lesprochainesprévisionsd’inflation, attendues le 4 novembre, permettront de réévaluer ces risques et pourraient conduire à une révision du scénario central. Les projections à moyen terme ont ététransmisesauministèredesFinancesetconstituent un élément duprocessus d’élaborationdubudget de l’État. Elles dessinent les perspectives d’une reprise graduelle de l’économie luxembourgeoise, mais sou­ lignent également les limites structurelles de sa crois­ sance et sa vulnérabilité aux chocs internationaux. Source : STATEC La croissance luxembourgeoise vers une reprise d’ici 2030 ©Pexels T he PwCBusiness Baro­ meter rose to +5 inOcto­ ber, up from+2 in September, indicating amo­ dest improvement inbusiness sentiment despite economic pressures. Luxembourg’seconomic outlookremainsmixed, with limited evidence of a broadbased recovery. Industrial confidence recovered from its January low, whileconsumerconfi­ dence fell to 10, pointing to divergence between business and household sentiment. However, the improvementinindustrialactivityhasyet to translate into stronger output, with industrialproductionfalling5%YoYinH1 2026, driven by sharp declines in metal products, steel, and capital goods, while GDPcontracted 0.9%QoQ inQ2. Fiscal pressures are also building, with publicdebtexpectedtoreach30%ofGDP underthe2027budget,whileaweakening labourmarketisaddingpressuretohouse­ hold finances. Unemployment reached 6.5% in August as per STATEC, with the Eurostat measure at 7.3% among the highest rates in Europe, while jobseekers aged 3044 increasedby close to 14%YoY. At the same time, renewed energy pres­ sures are feeding into inflation, which accelerated to 2.9% in September from 2.2%inAugust,asenergypricesrose6.4% MoM and 12% YoY. Heating oil prices increased by 12.6% MoM, while diesel rose 8.5% MoM to remain above €2 per litre, and petrol prices rose by 8.8%. With petroleum products accounting for 5.2% ofhouseholdconsumption,furtherenergy priceincreasescouldplaceadditionalpres­ sure onhouseholdpurchasingpower. Across theEuroarea, economic activity is holding up but being tested by inflation­ arypressures and tighter financial condi­ tions. The Composite PMI reached a 3year high of 53.1 in September, while annual inflation accelerated to 3.8% its highest level in 3 years with significant differences across major economies: Spain reached 5.0%, Italy 4.1%, France 3.4% and Germany 3.3%. Hourly labour costs also rose by 3.1%, adding to the un­ derlying cost pressures. In response, the ECB raised its policy rate againby 25bps, whileitslateststaffprojectionssee headlineinflationaveraging3.0% in2026and2.5%in2027.Energy security remains another source of risk as Europe approaches winter with gas storage around 70%, leaving a narrower buffer against supply disruptions and re­ newed price pres­ sures. Meanwhile, fiscal concerns are spillingintofinan­ cialmarkets, with the spread be­ tween French andGer­ man 10year bond yields widening to around 146bps, while the euro fell to $1.1161, itsweakest level sinceMay 2025. Globally, the outlook is increasingly shaped by persistent energy pressures, with Brent Crude still above US$100 per barrel, alongside elevatedpublicdebt and risks surrounding AI investment. In the US, nonfarm payrolls rose by just 29,000 in September, while the unemployment rateincreasedto4.2%,signallingamarked slowdown in labourmarketmomentum. Inflationarypressures alsopersisted, with PCEinflationat3.4%YoYinAugust,while the Fed raised its policy rate by 25bps to 3.75%–4.00% in September. Meanwhile, globalbondmarketscameunderpressure, with the 10yearUS Treasury yield reach­ ing 5.34%, its highest level in 24 years, whileUK30year gilt yields touched 6% their highest in 28 years. The BOJ also raiseditspolicyrateto1.25%.Despitethese pressures, theOECDprojects global GDP growth of 2.9% in 2026 and 3.0% in 2027, althoughpersistentinflation,elevatedbor­ rowingcostsandfiscalpressurescontinue toweighon the outlook. Overall, the economic conditions remain uncertain as momentum varies across regions and renewed inflationary pres­ sures weigh on the recovery. We expect the trajectory ahead to depend increas­ inglyonhowenergyprices feed through to inflation, monetary policy and bor­ rowing costs. Kenny P ANJANADEN Partner, AWM & ESG Research Centre Osama A L S ABBAGH Senior Manager, AWM & ESG Research Centre PwC Luxembourg The monthly PwC barometer, in collaboration with AGEFI Luxembourg, is an economic confidence indicator that is intended to be a simple and pragmatic tool aimed at capturing the economic atmosphere of the Grand Duchy each month. The indicator is based on a number of sentiment indices published monthly by Eurostat and Sentix, which are based on surveys (businesses, consumers or investors/ analysts). The indicators used are: consumer confidence (EA for euro area and LUX for Luxembourg), industrial confidence (EAand LUX), construc­ tion confidence (EA and LUX), financial con­ fidence (EA), retail confidence (EA), services confidence (EA) and the Sentix Index (EA). The evolution of the barometer over the past four years is displayed on the graph below. © PwCMarket Research Centre, IHSMarkit, Sentix, STATEC The monthly PwC Barometer

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