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Janvier 2020 7 AGEFI Luxembourg Banques & Finance Par Philippe LEDENT, Senior Economist, ING Belgique-Luxembourg A lors que les taux négatifs perdurent en zone euro, lemouvement de hausse de taux de la Banque centrale de Suède en find’année dernière a subitement relancé le débat sur leurmaintienpar la BCE. Les spéculations en lama- tière sont également alimentées par la volonté de la BCEde pratiquer une évaluation de sa politiquemoné- taire en 2020 et par une inflationbriè- vement frémissante. Mais de là à imaginer qu’on on en finira avec les taux négatifs en 2020, il y a unpas à ne pas franchir trop rapidement… Actions décisives L’année2019aété,unefoisdeplus,marquéeparl’ac- tiondes banques centrales.Alors que sur le plan éco- nomique, elle s’annonçait mitigée (et elle l’a été !) ; la volte-facedesbanquescentralesdèslemoisdejanvier et les actions qui ont suivi ont eu une influence majeuresurlesmarchésfinanciersenyatténuantl’im- pact du ralentissement économique. Dans le cas précis de la Banque centrale européenne (BCE), la faiblesse de l’éco- nomie l’a poussée à une fois de plus baissersontauxdedépôt(ilestpassé à-50pointsdebase),entraînantdans sonsillage l’ensembledes tauxàdes niveaux inédits. Ceci laisse de plus enpluspenserquelestauxbasvoire négatifs deviennent une nouvelle norme. La situationn’aeffectivement plus rien d’exceptionnel : les taux d’intérêt de court terme sont négatifs depuis la pre- mière moitié de 2015, et le rende- mentdel’obligationdel’Etat allemand est inférieur à 1% depuis fin 2014 et a même été négatif une bonne partie de l’année passée. Conséquences à long terme Faisons confiance en la BCE : si elle a choisi de les implémenter, elle doit en avoir conclu que les effets indésirés restent inférieurs aux bénéfices pour l’économie. Ceci étant, la question des tauxnégatifsdevient deplus enplus l’objet d’un débat public. C’est un peu normal, car les consé- quences d’une telle situation sont énormes. Eneffet, même sur courtepériode, faire le choixdepostposer sa consommation et donc d’épargner entraîne une perte de pouvoir d’achat. Et que dire des consé- quences à long terme : dans 5, 10 ou20 ans, onverra encore les effets des taux bas, dans lamesure où les rendements des capitaux accumulés à long terme pour se constituer un complément à la pension légale n’auront que peu fructifié. Réévaluation Dans ce contexte de «tensions» autour des taux négatifs, de nouveaux éléments sont venus alimen- ter les spéculations sur les intentionsde laBCE. Tout d’abord, sa nouvelle présidente, Mme. Lagarde, a annoncé que l’institution procèderait en 2020 à une évaluation de sa politique monétaire. Cet exercice, réalisé épisodiquement, consiste à évaluer dans quelle mesure les objectifs et les instruments de la BCEsont lesplus adaptés auxbesoinsde l’économie mais aussi s’ils sont les plus efficaces. En clair, un tel exercice peut donner lieu à une profonde révision de la «manière» avec laquelle la BCEmènera, dans le futur, sa politique monétaire. De plus, compte tenu de cette révision, la décision de la Banque cen- trale de Suède de remonter son principal taux de politique monétaire à 0%, alors qu’il était négatif, n’est pas passée inaperçue. Cette décision a même été considérée par de nombreux observateurs comme un aveu d’inefficacité des taux négatifs. Enfin, l’inflation a légèrement surpris à la hausse en décembre enzone euro. Certes, ellen’est passée que de 1,0% en novembre à 1,3% en décembre, mais c’était suffisant pour faire reparler d’elle. Interprétationhâtive Considérant la révision de la politique monétaire de laBCE,lafindestauxnégatifsenSuèdeetunsoupçon d’inflation, il n’en faut pas plus pour alimenter dans les marchés financiers l’idée que la BCE pourrait en 2020fairevolte-faceenmatièredetauxetenfiniravec les taux négatifs. Dans un contexte où justement la question des taux négatifs dépasse le stade des dis- cussions théoriques et devient presque un débat de société, un tel scénario trouve inévitablement un ter- reau fertile pour prendre racine. Rien n’est impossible, mais on est probablement encore loin d’une telle décision. Remonter le taux de dépôt à la BCE (qui est actuellement de -0,5%) vers 0% reviendrait, même dans le cadre d’une réévalua- tion de la politique monétaire, à un durcissement de celle-ci. Ce n’est pas vraiment ce dont l’économie de la zone euro a besoin. Par ailleurs, une telle décision entraînerait probablement aussi une remontée des taux longs, et donc du coût de financement des Etats delazoneeuro,cequin’estpasnonplustrèsenviable dans la période actuelle. Bref, onpeut comprendrequ’un investisseur voyant chaque jour l’impact négatif des taux très faibles sur le rendement de ses placements «rêve» que la BCE mette fin à cette situation, et on ne peut pas exclure que l’évaluationde lapolitiquemonétairede laBCE donne lieu à certains changements. Mais il faut res- ter réaliste, malgré les effets indésirés, il serait très difficile pour la BCE de faire demi-tour en matière de taux pour le moment. Il est aussi très difficile d’imaginer, à plus long terme, que nos économies connaissent ànouveaudesniveauxde tauxd’intérêt semblables à ceux que l’on a connu il y a 10 ou 15 ans. La situation de taux faible devient de plus en plus structurelle, au sens qu’elle n’est pas due à des phénomènes passagers, mais elle correspond davantage à ce que sont devenues nos économies. Au grand drame de l’épargnant… Non, la BCE n’en a pas fini avec les taux négatifs… L 'Inspection générale de la sécurité so- ciale (IGSS) vient de publier son 44 e rapport général sur la sécurité sociale pour l'année 2018. Le rapport présente de manière détaillée l'évolutiondes recettes et des dépenses des différents régimes de la protection sociale, les caractéristiques des bé- néficiaires, une analyse sur les prestataires ainsi que sur les prestations fournies et prises en charge par les différents régimes. Les chiffres-clés pour l'année 2018 En2018, les recettes courantes de laprotection sociale s'élèventà13.775millionsd'euros,présentantunepro- gression de 0,3% par rapport à 2017. Les dépenses courantesatteignentdeleurcôté13.491millionsd'eu- ros,soituneaugmentationde8,4%parrapportà2017. Lebilandel'année2018présentedoncunsoldeglobal positif de 284 millions d'euros, soit 0,5% du PIB. La performance négative du Fonds (Fonds de compen- sation commun au régime général de pension) suite à la baisse desmarchés d'actions intervenue fin 2018, performance inédite depuis la création de son orga- nismedeplacementcollectifen2007,expliquelafaible progression des recettes courantes et la hausse signi- ficative des dépenses courantes entre 2017 et 2018. Côté prestations, en adoptant la structure proposée par SESPROS (système européende statistiques inté- grées de la protection sociale), les prestations de la fonctionvieillesse/survie représentent, avecunepart de 39,7%, les dépenses les plus importantes de l'en- semble des prestations distribuées par le système de protectionsocialeen2018.Viennentensuite,dansl'or- dre, les prestations de la fonction maladie/soins de santé (25,4%), celles de la fonction famille (15,1%) et celles de la fonction invalidité (10,4%) qui regroupent lespensionsd'invalidité,lesindemnitésetrentesd'ac- cident, le revenu pour personnes gravement handi- capées et les prestations de l'assurance dépendance. Les indemnités de chômage, de préretraite et les dif- férentesmesurespourl'emploiquiformentlafonction chômagereprésentent5,5%del'ensembledespresta- tions. Enfin, les prestations des fonctions logement et exclusionsocialecomposent3,9%desprestations.Au cours des 15 dernières années, cette structure a très légèrement évolué au grès des changements écono- miques, démographiques et/ou institutionnels. Côté recettes, quatre sourcesde financement peuvent être isolées : les pouvoirs publics, y compris en tant qu'employeur (52,6%), les personnes protégées (25,9%), les employeurs en dehors du secteur public (21,2%) et les autres sources (0,9%), composées prin- cipalement des revenusde lapropriété. Cette réparti- tion vaut pour l'ensemble du système de protection sociale, mais chaque régime a son propre mode de financement. La population protégée pour le régime maladie s'élève, pour 2018 en moyenne annuelle, à 858.357 personnes.Parmielles,69%sontprotégéesàtitreper- sonnel et 31%bénéficient de droits dérivés. Reflet de laparticularitédumarchédu travail luxembourgeois qui occupe une part non négligeable de travailleurs frontaliers, 64,9% des personnes protégées sont des résidents et 35,1% des non-résidents. Ces non-rési- dents contribuent au système national de protection sociale tout comme ils enbénéficient. Les séries des données présentées dans le rapport général sur la sécurité sociale, ainsi que l'historique des évolutions chronologiques, peuvent également être consultés sur le site Internet www.isog.public.lu . Les métadonnées affichées ainsi que le formatage en Excel des séries statistiquespermettent une accessibi- lité et une exploitation aisées pour le public intéressé. Source : ministère de la Sécurité sociale Rapport général 2019 sur la sécurité sociale de l'Inspection générale de la sécurité sociale : Les dépenses de protection sociale augmentent de 8,4% Par FabioMANDORINO, Adviser, Sustainable Finance, ABBL T wo kilos! That’s the averageweight gain over theChristmas break. It’s im- possible to resist a toast or a dessert when in good company, even for themost virtuous of calorie counters. That’swhy so many of us try to detox in January, to get back into shape and shed those extra kilos. Banks need to detox too In the last fewmonths of 2019, the banking sector made a series of commitments to a very ambitious ‘carbon detox’ strategy. A whole host of major banks announced a timeframe for a complete coal exit and increased financing targets for renewable energies by 2030. These new policies will have a huge impact on banks’ lending priorities for the future if they are tomeet the requirements of the Paris climate agree- ment: resources released and commercial efforts will need to be redirected to encourage customers to convert to a lower carbon economic model (renewable energy, building renovation, clean tech- nology, battery storage, smart energy systems etc.). If customers do not change their behaviour, banks risk not meeting the targets they themselves have agreed. Detox side-effects However, a certain intellectual honesty about the subsequent risk of assets based on coal, oil and gas becoming ‘stranded assets’ is required; that is, environmentally unsustainable assets that would need to be written-down or -off or converted to liabilities. Stranded assets could negatively impact value across the global economy. Investors, companies, banks, regulators andpolicy makers must all increase their understanding of how the transition might happen, in order to proactively develop strategies tomanage risks and seize potential opportunities. In a responsible transition path towards a sustai- nable economy, activities at corporate and asset level wouldneed to be implemented to, at the very least, reduce the unwanted consequences of eco- nomic downsides, and major players should be held accountable for their own legacies. Long-term change Everyone knows that a January detox is only a short-term solution, and that real change requires a long-term shift in habits and lifestyle. The subject of a healthy transition to a lower car- bon economy has been on the agenda for a while now, and will continue to preoccupy us for the months to come. Time for banks to 'detox'

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