Agefi Luxembourg - mai 2026
Mai 2026 31 AGEFI Luxembourg Fonds &Marchés J usqu’à présent, la flambée des prix de l’énergie consécutive au conflit en Irann’a pas fait dérailler la croissance économiquemondiale, affirment GuyWagner (portrait) et son équipe dans leur dernier rapport d’ana lyse sur lesmarchés financiers, les «Highlights ». «Aux ÉtatsUnis, le Produit intérieur brut dupre mier trimestre a progressé de 2%en rythme annualisé par rapport aux trois der niersmois de l’année précédente », dit Guy Wagner, chief investment officer (CIO) de BLI Banque de Luxembourg Investments. « L’activité continue de bénéficier de la résilience de la consommation domestique, soutenue par la part croissante des dépenses des ménages les plus aisés – moins sensibles à la hausse des prix du car burant – ainsi que par l’essor rapidede l’intelligence artificielle et des investissements en infrastructures qui l’accompagnent. » En zone euro, la situation apparaît plus fragile : la croissance n’a atteint que 0,1%aupremier trimestre, « alorsmême que le choc énergétique n’a pas encore pleinement produit ses effets ». En Chine, la crois sance reste tirée par les exportations et la pro duction industrielle, tandis que la consomma tion des ménages n’accélère pas. Au Japon, la dépendance énergétique constitue un risque majeurpouruneéconomielargementtributaire des importations de pétrole en provenance du MoyenOrient. La hausse des prix de l’énergie commence à se refléter dans les indicateurs d’inflation La fermeture du détroit d’Ormuz et la hausse des prix de l’énergie com mencent désormais à se refléter dans les indicateurs d’inflation. Aux ÉtatsUnis, l’inflation est passée de 2,4 % en février à 3,3 % en mars, tandis quel’inflationsousjacente–horsénergie et alimentation – est passée de 2,5%à 2,6%. En zone euro, l’inflation a évolué de 2,5%enmars à 3,0%en avril sous l’effet des prix énergétiques, alors que l’inflation sousjacente demeure, pour l’instant, peu impactée, passant de 2,3%à 2,2%. Incertitude accrue quant à l’orientation future de la politiquemonétaire de la Fed Comme attendu, la Réserve fédérale américaine a maintenu ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion du mois d’avril, animée pour la dernière fois par le président actuel Jerome Powell. La récente accélération des indicateurs de prix, liée au conflit au MoyenOrient, plaide en faveur d’un statu quo monétaire, « tandis que la perspective d’une transition à la tête de l’institution vers Kevin Warsh, plus enclin à baisser les taux directeurs, introduit une incertitude accrue quant à l’orienta tion future de la politiquemonétaire », estime l’éco nomiste luxembourgeois. En zone euro, la Banque centrale a également laissé ses taux inchangés, tout en adoptant un ton plus restrictif pour l’avenir, suggérant qu’une période prolongée de stabilité pourrait céder la place à un resserrement si le choc énergétiquedevait continuer à impacter les statistiques inflationnistes. La situation sur les marchés obligataires s’est stabilisée Après la correction généralisée des rendements observés sur les marchés obligataires à la suite des tensions en Iran au mois de mars, ces derniers se sont globalement stabilisés en avril. Le taux souverain à 10 ans s’est inscrit en légère hausse aux ÉtatsUnis et en Allemagne. Il a en revanche légèrement reculé en France et en Italie, tandis qu’il est resté stable en Espagne. Le cessezlefeu entre les ÉtatsUnis et l’Iran a déclenché un rebond spectaculaire desmarchés actions Guy Wagner : « Le cessezlefeu entre les États Unis et l’Iran a déclenché un rebond spectaculaire des marchés actions, d’une ampleur comparable à celle observée lors des reprises les plus marquées de la période pandémique. » Ce mouvement est intervenu malgré l’absence de détente des prix pétroliers et le maintien de la fer meture du détroit d’Ormuz. Sur le mois, l’indice MSCI All Country World Index Net Total Return a progressé de 8,2 % en euros. La hausse a été particulièrement prononcée dans le secteur des semiconducteurs, propulsant le Nasdaq en hausse de 15,3 % à un nouveau record historique. Sur le plan régional, le S&P 500 a également inscrit un sommet. Le Stoxx Europe 600 (en EUR), moins exposé aux valeurs technologiques, le Topix japo nais (en JPY) et leMSCI EmergingMarkets (enUSD) se sont à leur tour considérablement appréciés. « D’un point de vue sectoriel, la technologie, les services de communication et l’industrie ont le plus progressé, tandis que la consommation de base, la santé et l’énergie ont affiché des performances net tement plus modestes, voire négatives. » Jusqu’à présent, la flambée des prix de l’énergie n’a pas fait dérailler la croissance économique mondiale L a Banque Internationale à Luxembourg (BIL) a publié des résultats 2025 en nette progression, marqués par une hausse de la rentabilité et l’avance ment de son plan stratégique 2025–2030. Dans un environne ment économique encore incer tain, la banquemet en avant une performance solide et une trans formation accélérée. La BIL enregistre un résultat net de 210 millions d’euros, en hausse de 24 % par rapport à 2024. Le produit net bancaire reste stable à 708 millions d’euros, tandis que les frais généraux reculent à 485mil lionsd’euros,traduisantuneamélioration de l’efficacité opérationnelle. Les actifs sousgestionprogressent de7% pouratteindre50,1milliardsd’euros,sou tenus par des effets de marché positifs et des flux nets légèrement positifs. Les dé pôts clients s’élèvent à18,7milliardsd’eu ros et les crédits à 16,2 milliards d’euros, confirmantlastabilitédubilan.Labanque affiche également une solidité financière avec un ratioCET1 de 14,46%et un ratio de liquidité (LCR) de 177%. LaBILsoulignepar ailleurs le rôle central duLuxembourgdanssonactivité,notam ment pour la banque de détail, la gestion de fortune et les services aux entreprises. Laplacefinancièreluxembourgeoisereste un pilier de son développement interna tional, en particulier en Europe. Sur le plan stratégique, 2025 constitue la première année du plan 2025–2030. La banque poursuit la simplification de son organisationetlerenforcementdesesacti vités clés. En gestion de fortune, elle a ouvert une succursale à Paris afinde ren forcer sa présence européenne, tout en ajustantcertainesactivitésinternationales. La transformation digitale s’accélère avec le développement de nouveaux services, dont l’onboardingàdistance, la signature électroniqueetlasouscriptionenligne.La BILa également lancé « Berry », un assis tant virtuel basé sur l’intelligence artifi cielle intégré à saplateformeBILnet, ainsi qu’une nouvelle version de son applica tionmobile. L’activité de banque d’entreprises pro gresse également grâce à de nouveaux outils de gestion de trésorerie et des par tenariats technologiques dans les paie ments et le cashmanagement. Labanque entendpoursuivreen2026ledéploiement de son plan stratégique, avec un accent sur la croissance transfrontalière, notam ment en France et en Belgique, et sur le renforcement de ses capacités digitales et d’intelligence artificielle. Le CEO de la BIL, Jeffrey Dentzer, a déclaré que ces résultats « démontrent la solidité des choix stratégiques et l’enga gement des équipes », soulignant la volonté de construire une banque plus agile, centrée sur le client et orientée vers une croissance durable. La BILaméliore fortement sa rentabilité en 2025 ©BIL ParChristophePOUCHOY&AliciaDAURIGNAC, Gérants d’Echiquier Space L ’infini s’organise. 2026 pourrait bien être une année décisive pour le spa tial, qui s’impose comme une infra structure essentielle à l’économie, une annéemarquée par le succès de la missionArtemis II en avril der nier, et par la probable cotation de SpaceX, annoncée comme la plus importante de l’histoire desmarchés financiers. Hier l’apanage des États, l’écosys tème spatial connaît aujourd’hui une croissance annuelle ascension nelle, portée par une intense dynamique entrepre neuriale et commerciale. Cette trajectoire de crois sance est notamment stimulée par l’accélération de l’exploration spatiale, qui couvre de gigantesques enjeux stratégiques et ouvre aux investisseurs des perspectives infinies. L’objectifn’estplusdeplanterundrapeau:lamission Artemis signe le retour de l’Homme sur la Lune pour y établir une présence pérenne. La Lune est en passe de devenir un centre industriel, tremplin de lancement de futures explorations extraterrestres, notamment à destination deMars. Initié par laNasa, le programmeArtemis rouvre les portes de l’espace et préfigure le développement d’uneéconomie interplanétaire, favorisépar la chute des coûts d’accès à l’espace. La course à l’espace s’in tensifie – laChine ellemême vise la Lune dès 2030 – avec le recours accru aux acteurs privés, et à la clé, des contrats de plusieursmilliards de dollars. Odyssée boursière En pleine effervescence, l’univers d’investissement a gagné enmaturité et s’étoffe en permanence de nou velles entrées enBourse, dont cellede SpaceXprévue d’ici l’été. Cette cotation, dont l’impact sera probable ment majeur, devrait stimuler l’intérêt des investis seurs pour cette thématique, les inciter à s’intéresser auxsociétésspatialesetsansdouteaugmenterlesflux d’investissement sur ces acteurs en essor rapide. D’autres sociétés spatiales devraient suivre cet exemple et s’introduire également enBourse. Les opportunités issuesdudéveloppement lu naire sont vertigineuses. Avec des perspec tives de croissance de l’écosystème spatial qui s’élèvent à 9 à 10%par an (1) , lemarché devrait atteindre 1 800milliardsdedol lars dès 2035 (2) . Les revenus de l’in dustrie spatialemondialepourraient quant à euxdépasser 1000milliards de dollars (3) d’ici 2040. La montée en puissance des ac teurs privés de la conquête de l’espace est stimulée par la ca dence accélérée des missions de transport d’astronautes, de fournitures et d’infrastructures qui agiront comme un puissant moteur de l’économie spatiale. Trajectoires ascendantes Parmi les sociétés bien positionnées sur le terrain de l’explorationspatiale, certaines sont déjà cotées et dé tenues dans notre fonds Echiquier Space. Intuitive Machines par exemple, entreprise américaine du New Space dont la capitalisation boursière atteint 7 milliards de dollars, est reconnue pour son expertise sur le marché des infrastructures spatiales et des so lutions de transports vers ainsi que sur la Lune. Sonmodule IM1 s’était ainsi notamment posé sur la Lune en 2024, une première pour les ÉtatsUnis de puis lamissionApollo 17de 1972. FireflyAerospace, spécialisé dans les lanceurs et les véhicules d’alunis sage, a quant à lui réussi l’exploit de poser sa sonde Blue Ghost sur la Lune en 2025. L’entreprise a an noncé une forte hausse de ses résultats pour 2026, tirée par l’accélération de la croissance organique lanceurs et fabricants d’éléments de satellites et la contribution de son acquisition de SciTec. Autre acteur clé, MDASpace, spécialiste de la robo tiquespatialeetdessystèmessatellitaires,afficheéga lement un important carnet de commandes, estimé à 3,7milliards de dollars canadiens et offrant une visi bilité notable sur lemoyen terme. Une stratégie pionnière Avec Echiquier Space, premier fonds d’Europe dédié à l’écosystème spatial, nous accompagnons les mutations de l’écosystème spatial depuis 2021 et investissons dans tous les segments fabricants de lanceurs, de satellites ou de modules lunaires, fournisseurs et utilisateurs de données géospatiales et entreprises fournissant les composants et logiciels essentiels au fonctionnement des fusées et satellites. Echiquier Space, dont les encours sous gestion ont franchi le capdes 500millions, a aujourd’hui 5 ans (4) , et devant lui des perspectives infinies. L’odyssée ne fait que commencer. 1) McKinsey & Company, Space: The $1.8 Trillion Opportunity for GlobalEconomicGrowth,Insightreport,Avril2024 2)WorldEconomicForum,2024 3)BryceTech–StartupSpace,MorganStanley 4)Le31.05.2026 De la Lune à la Bourse
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