AGEFI Luxembourg - Mai 2020 - édition gratuite

t Economie / Banques Assurer la liquidité, permettre aux entreprises viables de le rester... (Roland GILLET, Professeur d’économiefinancièreàlaSorbonneetàl’Université Libre de Bruxelles) p.1 et 2 Covid-19 crisis: Luxembourg introduces new tax measures (RomainTIFFON, Samantha SCHMITZ, ATOZTaxAdvisers) p.1 et 3 Covid-19 : Accord à l'Eurogroupe sur la première partie du plan d'aide (Reuters) p.3 Le jugement de la discorde (PhilippeLEDENT, ING) p.4 Crise Covid-19 : quel impact sur l’activité ? (STATEC) p.4 «Le Luxembourg a les moyens budgétaires pour faire face à la crise» - Présentation du Programme de stabilité et de croissance (PSC) dans le contexte inéditduCovid-19(ministredesFinances) p.5 Private Banking during times of crisis (Thomas STEIGER, VPBank) p.6 Une récession profonde et inégale, une reprise incertaine (Prévisions économiques de la Com- mission européenne) p.6 Quintet ouvre ses portes enSuisse p.6 La BCEprête à renforcer et prolonger son arsenal (AFP) p.8 Lemonde après la pandémie (CélineBOULENGER,DegroofPetercam) p.8 Un premier trimestre sous le signe du Covid-19 pourl’assurance(Commissariatauxassurances) p.8 La relance de l’économie est LA priorité, après la maîtrise du Covid-19 (Jean-Pierre SCHAEKEN WILLEMAERS, Président duPôleEnergie, Climat, Environnement,InstitutThomasMore) p.9 LaCommissioneuropéenneadopteunpaquetban- caireafinde faciliter l’octroi deprêtsdans l’UE p.9 Covid-19 : Le Luxembourg emprunte 2,5 milliards d’euros (ministèredes Finances) p.9 Après cette crise, ne cédonspas auprotectionnisme (BillWIRTZ) p.10 Company earnings season: what lessons can we take away fromthe first quarter? (OlivierGOEMANS, BIL) p.10 Brexit : Implications enmatière de TVAet de droits de douane : quid en 2021 ? qu’anticiper ? (Michel LAMBION, ChristianDEGLAS,Deloitte) p.12 Pricing study: Remaining profitable in Private Banking (Arnd HEßELER, Joël THEISEN, Elisa SCHICKLING, zeb consulting) p.13 Coronavirus : L’UE fixe les conditions des recapita- lisations (Reuters) p.13 «Hungary is a democracy of full value» (Miklós SZÁNTHÓ, Director of the Center for Fundamental Rights, a conservative legal think- tank based in Budapest) p.14 Coronavirus: thepolicyofUzbekistan p.14 LaBILadégagédesolidesrésultatsen2019 p.14 En temps de crise : La gestionde trésorerie comme mission clé du multi Family Office (Emmanuel LEBEAU, François MAYET, FI&FO) p.15 Expansion de la taille du bilan des banques cen- trales : y a-t-il une limite ? (WilliamDeVIJLDER, BNPParibas) p.15 Coronavirus : NautaDutilh répond à vos questions juridiques p.15 Un bien triste 70 e anniversaire de la déclaration Schuman (Jean MARSIA, Société européenne de défenseAISBL- S € D) p.16 t Fonds d’investissement Le Private Equity : depuis la maison certes, mais toujours au travail (Laurent CAPOLAGHI, Marie- LaureMOUNGUIA, EY) p.17 LuxSE reports stable revenues and 20% profit growth p.17 Pour une dette européenne commune (Nicolas FOREST, Candriam) p.17 Après la chute historique des marchés actions, le rebond a été tout aussi spectaculaire (Guy WAGNER, BLI - Banque de Luxembourg Investments) p.18 L’économiemondiale sur le point de redémarrer (SwissLifeAssetManagers - Reuters) p.18 Situation globale des OPC (CSSF) p.18 Plus que jamais, c'est la durée d'investissement qui compte, pas le moment où l'on investit (Marnix van den BERGE, Capital Group) p.18 Quelle sera l’ampleur de la récession causée par le Covid-19 ? (Vincent JUVYNS, J.P. MorganAM) p.19 La pandémie de coronavirus met en avant les critères ESG (Maarten BLOEMEN, Templeton Global Equity Group) p.19 La culture ESG au sein des institutions financières (DavidSEBANJEANTET,SociétéGénéralePrivate WealthManagement) p.20 Laprudences’imposemaisdesopportunitéssepro- filent (Candriam- Reuters) p.20 Make your health great again (O.de BERRANGER, LaFinancièredel’Echiquier) p.20 BoursedeLuxembourg (avril 2020) p.20 et 21 La gestion active en 2020 (MichaelBLÜMKE,ETHENEA) p.21 Reopen vs. reactivate: Lessons from China’s expe- rience (EvanBROWN,UBSAM) p.21 Une reprise enVde l’économie de plus enplus im- probable (KeithWADE, Schroders) p.22 Des réponses impactantes àCovid-19 (VeroniqueCHAPPLOW,M&G) p.22 ESG investment: a regulatory update (GiulianoROSSI, FIAAM) p.22 Fonds immobiliers : Quelles stratégies d’investisse- ment pour l’après Covid-19 ? (TehdiEdouardBABIGEON,INOWAI) p.23 Investir à long terme pour construire un monde plus résilient (EdmonddeRothschild) p.23 La pandémie, accélérateur de la disruption sur le long terme (WesleyLEBEAU,IsabelleERIMO,CPRAM) p.24 TowardsMarketing of Financial Products (MichelVERLAINE,ICNBusinessSchool) p.24 ETF thématiques : prenez une longueur d’avance dansunmondeenconstanteévolution(Lyxor) p.25 L’avenirdel’investissementresponsable(OPINION - JamesPURCELL,Quintet PrivateBank) p.25 The EM debt market is looking a lot more bal- anced now (Brett DIMENT, Aberdeen Standard Investments) p.25 t Droit / Emploi Report des congés payés : droits, conditions et limites (Lorraine CHERY, Eloïse HULLAR, CASTEGNARO) p.26 «L’Etat doit acheter et stocker des produits straté- giquespourlasécuritédelapopulation»(OPINION -ChristianDeCOSTER,Consultis) p.26 LuxSE launchesLGXAcademy p.27 SURE: first step towards European unemployment re-insurance?(FrankVANDENBROUCKE,Profes- sor at theUniversityofAmsterdam) p.27 LamiseenœuvredeDAC6 (régimededéclaration obligatoire)danstoutel’Europe:unappelàlaraison (OliverR.HOOR,AtozTaxAdvisers) p.28et 29 6 communication tactics to emerge stronger post- Covid and stay relevant in the «newnormal» (L.PONCHAUT,DistinctCommunication) p.29 Mediahuis, nouvel actionnaire de référence du groupe Saint-Paul p.29 The leaders new journey: Fromcrisismanagement tochangemanagement(JosephSADIS,EXIM) p.30 LaGrandeRégioncontrelecoronavirus p.30 Elle court, elle court la rumeur (PatrickLESAGE, Takaneo) p.31 International Trade Law: Milestones orMillstones (LeofricJ.A.Th.HAMPSON,Advocate) p.31 t Nominations p.32 t Télécoms / Informatique Le droit à l’oubli : Nouveaudéfi (MichaelHOFMANN,AlejandrodelRIO,EY) p.33 LuxTrustaugmentesonCAde26% p.33 Never waste a good crisis: the strategic challenges of rapid cloud adoption in financial services (Freddy GIELEN, Reply) p.34 Les défis de la TVA liés à la numérisation de l’éco- nomie (Laurence LHÔTE, QuentinWARSCOTTE, JulieKAPRIELIAN,KPMG) p.34 Retour à l’essence des télécoms : Interconnecter les hommes (JulienDOUSSOT, TelecomLuxembourg International) p.36 La solution d’AMFINE pour les ManCo luxem- bourgeoises(OlivierBRAIBANT,AMFINE) p.36 Howtheinternetkeepspacewiththesurgeoftraffic during a pandemic (MichelVERWAERDE,GTT) p.36 Profiter des évolutions technologiques pour créer de nouvelles opportunités business (Gérard HOFFMANN, Proximus, Hugues STIERNON, Telindus) p.37 Covid-19 versus CFO-2.0 (Alex DOSSCHE, Sage, Dominique GALLOY, SigmaConso,ReginaldNOBELS,EMAsphere) p.37 GDPR: some organisations may need a newDPO, according to the BelgianData ProtectionAuthority (V.WELLENS,P.CRADDOCK,NautaDutilh) p.38 Desétapessimplespourdéjouerlestechniquesd’in- génierie sociale associées auCovid-19 (ReneeTARUN, Fortinet) p.39 t Style&Succès Histoire de la mode et du vêtement : de la Préhis- toire à nos jours (PartieVI) : Les années 1960 et l’ar- rivée du jeans (FlorenceLEMEER-WINTGENS,Look@Work) p.39 SOMMAIRE AGEFI Luxembourg 2 Mai 2020 Economie / Banques Suite pageUne Dans certains cas, on a fait «tourner la planche à billets» à plein régime en émettant de la dette gouvernementale en monnaie locale achetée par la banque centrale locale. Dans ce cercle peu vertueux, on a fait tourner la planche à billets à outrance et lamon- naie émise a fini par ne plus valoir que le prix du papier pour l’imprimer. On ne peut évidemment pas imaginer raisonnablement faire de même dans deszonesmonétairesdepayslesplus développéscommecellesdudol- lar, du yen, de l’euro ou du renminbi. Il faut que consommateuretinvestis- seur dans ces monnaies, conservent suffisamment confiance dans la solvabi- lité du système et dans les actions des gouvernements etdesbanquescentralesdespays ou des zones concernées. Ce serait très hasardeux que de se soustraire à certaines rè- glesmêmeassoupliesd’orthodoxiemonétaireetbud- gétaire dans les États développés qui sont les leaders mondiauxdel’économie,etquicomptentenleursein lesmembres duG8. Concernant la crise sanitaire occasionnée par le Covid-19, on ne sait pas encore vraiment comment on va sortir du confinement indispensable à éviter l’explosion des systèmes de santé et du nombre de victimes. C’est à mon avis la principale raison pour laquelle il faut conserver des moyens et donc une marge de manœuvre pour pouvoir continuer à intervenir plus tard si la situation le nécessite, dans un contexte de déficits et de dettes publiques déjà élevés avant l’arrivée du virus, voire problé- matiques dans plusieurs pays. Sauverlapopulationauniveaudesesbe- soinsprimaires,lasanté,lelogementetse nourrir, doit rester primordial dans un premiertemps,pourensuiteetrapidement engagerdesplans chiffrés crédiblespour relancer nos économies. Donc assurerlaliquidité,permet- tre aux citoyens pour leurs besoins primaires et aux entreprises viables avant la crise de passer le cap, doit rester la priorité. Et ce avant de vouloir chiffrer l’aide né- cessaire à la relance, tant qu’on n’en connaît pas les contours qui évolueront en fonction de la durée et de l’intensité du déconfinementd’unpays,oumêmed’unezonegéo- graphique, à l’autre. Ne reste donc plus qu’à nous souhaiter de gérer au mieux notre quotidien le plus essentiel en présence de ce virus. Les marchés boursiers ont accusé une baisse de 10 à 25%. Ceci semble peu élevé par rapport aux pré- dictions catastrophistes d’évolution des PIB. Que faut-il enpenser ? Les corrections des marchés sont de fait relative- ment faibles en moyenne, quand on pense qu’on lesmesure en outre par rapport à un plus haut des dernières années atteint au début de cette année, c’est-à-dire juste avant la pandémie. Ces valorisa- tions intègrent-elles bien les pertes de cash flowat- tendues ? Si celles-ci durent un, deux ou troismois, cela peut éventuellement encore être justifié, mais si elles durent plus longtemps ? De plus, la crois- sance future restera-t-elle d’avant crise ? On ne peut l’affirmer si on regarde les estimations des principaux instituts de conjoncture. Yaura-t-il une seconde vague de pandémie ? Impossible de se prononcer au stade actuel. Donc, grande incerti- tude sur le niveau et la croissance des cash flows au numérateur de la formule d’actualisation des flux futurs attendus. Au dénominateur de cette même formule, le taux d’actualisation reprend, sur l’horizon de place- ment, le taux sans risque, soit le taux du Bund al- lemand en zone euro qui est et reste à un niveau plancher, plus une prime de risque qui apparaît quant à elle plus importante depuis l’arrivée de cette épidémie globale et inédite. Pour la prime de risque, il ne s’agit pas d’intégrer la volatilité actuelle élevée observée sur les marchés boursiers, mais bien l’incertitude plus grande à venir relative à l’ac- tivité de la majorité des entreprises. Ce qui plaide donc pour un taux d’actualisationplus élevé audé- nominateur. Au total, les marchés devraient intégrer une pers- pective de révision à la baisse du numérateur et une hausse du taux d’actualisation au dénomina- teur, le tout temporisé, bien sûr, par l’afflux de li- quidités offert par les interventions accentuées des banques centrales sur les marchés. La BCE joue pleinement son rôle de prêteur de der- nier ressort, mais renforce également son quantita- tive easing , en ce compris en envisageant un jour si nécessaire d’acheter des obligations non investment grade . L’euphorie relative des marchés peut donc s’expliquer de deuxmanières : soit on s’est trompé, et en premier le FMI et la Commission européenne dans l’ordre de ces estimations de récession et d’ampleur de la reprise à venir, soit on est trop op- timiste, au vu tout particulièrement de la valorisa- tion des actions observée actuellement pour bon nombre d’entreprises. Il convient également d’être attentif aux risques de faillites et dedettes non remboursées, au risqueplus important pour les entreprises les plus endettées, c’est-à-dire au risque de massue, à la détérioration des relations de crédit entre fournisseurs et clients... Tout ce qui pourrait amener éventuellement les taux corporate à remonter. La correctionde 10 à 25% observée sur les marchés reflète donc davantage une prise en compte optimiste de la résolution de cette crise sanitaire et de ses conséquences sur la profitabilité future des entreprises. Ne dit-on pas que l’espoir nous fait vivre... Pourvudès lors que le bonmoral actuel des investisseurs soit rapidement étayé par les faits dans les principales zones écono- miques mondiales ! RolandGILLET, Professeur d’économie financière à la Sorbonne (Université Paris 1) ainsi qu’à l’Université Libre de Bruxelles (Solvay) Expert reconnu au niveau international Assurer la liquidité, permettre aux entreprises viables de le rester...

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