AGEFI Luxembourg - septembre 2021

t Economie / Banques La croissance économique est de retour (David SEBAN-JEANTET, Société Générale Private Wealth Management) p. 1 et 3 Les euros digitaux : progrès ou piège diabolique ? (Prof. Dr. Bruno COLMANT, Académie Royale de Belgique) p. 1 et 2 «La construction européenne symbolise la paix, la stabilité et la solidarité» (PierreGRAMEGNAaux réunions de l’Eurogroupe et de l’Ecofin) p. 4 Rapport sur l’emprunt souveraindurable inaugu- ral du Luxembourg (ministère des Finances) p. 4 Le Luxembourg parmi les premiers à ratifier la réforme duMES (ministère des Finances) p. 4 «Une normalisation de la vie économique au Luxembourg en cours» (Pierre GRAMEGNA présente la situation financière de l’État) p. 6 The Retail Banking sector has handled the pan- demic well (Results of the ABBL/CSSF Retail and Private Banking Surveys 2021) p. 6 Business Continuity en 2020malgré la COVID-19 (Rapport d’activité de la CSSF) p. 7 Hubert VEDRINE, «La géopolitique, source d’inspiration pour les CEOs» (Rencontres Stratégiques duManager BSPK) p. 8 Les bénéfices mondiaux devraient baisser de 8% (Reuters) p. 8 La Commission européenne verse 12,1 millions d’euros de préfinancement au Luxembourg p. 9 Casse-têtemonétaire(PhilippeLEDENT,ING) p.10 Prix des intrants sous tension (STATEC) p. 10 Revue européenne de la TVAsur les services fi- nanciers (3) : Les réponses à la consultation pu- blique (Raphaël GLOHR, Michel LAMBION, Deloitte Tax &Consulting) p. 11 Le «Jour du Dépassement», un concept peu va- lide mais utile (StéphanieHENG,AlbandeLa SOUDIERE) p. 12 FARAD Group 20 Years’ Gala Charity Evening: A newconceptofcharityeveninginLuxembourg p.12 La baisse du taux moyen d’augmentation des primes d’assurance commerciale se poursuit (Indice d’assurance Marsh) p. 12 La BCEva réduire ses achats sur lesmarchés p. 13 Un «AAA» pour le Luxembourg (ministère des Finances) p. 13 «Dettes publiques dans la zone euro : est-ce si grave ?» (Retour sur lamatinale d’IDEA) p. 14 Le Luxembourg investi 200 millions d’euros dédiés au Financement climatique international (ministère de l’Environnement) p. 14 L’inflation est-elle transitoire ? (Nicolas FOREST, Candriam) p. 15 Légère augmentation des faillites pendant le premier semestre 2021 (STATEC) p. 15 Face aux talibans, l’Europe fut à nouveau im- puissante ! (Jean MARSIA, Société européenne de défense AISBL) p. 16 Accords entre le Luxembourg et la Belgique dans le domaine fiscal (11 e réunion conjointe des gou- vernements luxembourgeois et belge) p. 17 Anti-corruption policy in Uzbekistan, ongoing re- formsandfutureobjectives(AkmalBURKHANOV, AgencyoftheRepublicofUzbekistan) p.18et19 Lutte contre le blanchiment de capitaux et contre le financement du terrorisme (Accord de coopé- ration entre le Luxembourg et Monaco) p. 19 Decarbonization strategies of international en- ergy companies (Nadezda KOKOTOVIC, Brussels Energy Club) p. 19 t Fonds d’investissement «Nousvivonsunvrai changement transformation- nel» (Laurent TRÉVISANUT, Fundsquare) p. 20 L’investissement dans les énergies propres - unbe- soin urgent dans les marchés en développement (NickPARSONS, ThomasLloydGroup) p. 20 Are you up to date with the latest standards? Reference publication Investment Funds in Luxembourg to be released soon (Christophe WINTGENS, Kerry-Jane NICHOL, EY) p. 21 VPClient Solutions: The ORBIT ecosystem rede- fines howprivatemarkets should be experienced (Thomas von HOHENHAU, VP Bank) p. 22 Tendances actuelles des marchés boursiers euro- péens (Cédric BUISINE, GB Avocats, Simon Le RESTE, Park Partners GP) p. 22 The EC confirmed the application of the SFDR to Small AIFMs – What does it mean for prac- tice? (Dr. Sebastiaan Niels HOOGHIEMSTRA, Loyens & Loeff) p. 23 Blue is the newGreen: the nextwave of Sustainable Investing (MathiasTALMANT, FARADIM) p. 24 Diversité, stabilité et qualité : les obligations d’en- treprises asiatiques (Qian ZHANG, PictetAsset Management) p. 24 La nouvelle ère monétaire rebat les cartes de la gestion d’actifs (Thomas VEIT, SpiritAsset Management) p. 25 European Venture Capital’s resilience through a global pandemic (Laurent CAPOLAGHI, Stefan RECH, EY) p. 26 WeInvest Capital Partners: Sharing the dynamics of a multi strategy manager (Philippe BARTHELEMY) p. 26 «Towards a European green bond standard: a more transparent financing tool for a low-car- bon Europe» (Francesca MESSINI, Alexandre DIAS, Deloitte, Paul CHAHINE, Luxembourg Stock Exchange) p. 28 Point de rentrée sur les marchés : Premier bilan 2021 et perspectives pour la fin d’année (Gauthier SAINT OLIVE, CPRAM) p. 28 Question d’équilibre (Alexis BIENVENU, La Financière de l’Echiquier) p. 29 Le grand retour du stock picking ? (Olivier POPELARD) p. 29 Une mémoire de bêta (Thomas PLANELL, DNCA) p. 29 Bourse de Luxembourg (Août 2021) p. 29 Investors look to themed infrastructure strategies (TommasoALBANESE, UBSAssetManagement Real Estate & Private Markets) p. 30 Dividendes en hausse : une manne pour les in- vestisseurs à long terme (Joyce GORDON, Capital Group) p. 30 Harmoniser l’investissement responsable (James PURCELL, Quintet Private Bank) p. 31 L’avènement de l’investisseur novice : Comment trouver les meilleurs rendements (MaximMANTUROV, FreedomFinance) p. 31 Fast fashion : des compromis environnementaux et sociaux pour des résultats gagnant-gagnant ? (Sandra CROWL, Carmignac) p. 31 La gestion active pour sauver le climat ? (Jean KELLER, Quaero Capital) p. 32 ESG, nowextending to Private EquityReal Estate (Elliot BONTEMPS, Christopher BAUDUIN, Square) p. 32 Jackson Hole : comme chaque année (Dr. Volker SCHMIDT, ETHENEA) p. 33 Thematic investing takes centre stage among fund selectors afterAUMsurged 77% last year (TomRILEY, AXAInvestment Managers) p. 33 Net zero opportunities now outweigh risks (Fidelity International) p. 33 Les entreprises privées en Chine, jusqu’où la li- berté ? (Alice WANG, Quaero Capital Funds) p. 34 Supervision of costs and fees for UCITS: time to review your pricing process & fee structure (Géraldine LÉONARD, David MAJZOUB, Arendt &Medernach) p. 34 Luxembourg should pay attention to a newgen- eration of private equity dealmakers (ShanuSHERWANI, Private EquityAnalyst) p. 35 Climate change risk – How is it going to affect insurers (Francis FUREY, Frans KUYS, Pedro RIBEIRO, Finalyse) p. 35 t Droit / Emploi Renforcement de l’efficacité de la Justice civile et commerciale du Luxembourg (Antoine LANIEZ, Lola DECKER, NautaDutilhAvocats) p. 36 Mergers & Acquisitions: Communication as a success factor (Weber-Thedy Strategic Communications) p. 36 L’évolution du rôle duConseil d’Administration dans la gouvernance d’entreprise (Sandrine ROUX, Banque Havilland) p. 37 Euro-Composites ambitionnede créer 750 emplois à l’horizon 2030 (ministère de l’Économie) p. 37 Assistance financière dans les S.à r.l. – Oui, c’est possible (en principe) (Jean-Philippe FRANCOIS, MarioDI STEFANO, DSMAvocats à laCour) p. 38 Exercice légitime dupouvoir hiérarchique vs har- cèlementmoral : où en est-on ? (DorothéeDAVID, Thérèse LALLART, Castegnaro) p. 38 Comment démasquer et éradiquer les manipu- lateurs pervers narcissiques ? (Agnès de LABOURDONNAYE, FACE) p. 39 t Style &Succès Le luxe est une affaire d’argent, l’élégance une question d’éducation (Sacha Guitry) (FlorenceLEMEER-WINTGENS,Look@Work) p.39 t Nominations p. 40 et 41 t Informatique financière Au-delà du RGPD - les exigences et attentes de la CNPD concernant la fonction de DPO (Vincent WELLENS,LindsayKORYTKO,NautaDutilh) p.42 Le phénomène des NFT (LaurentMAROCHINI, Société Générale Securities Services) p. 43 Le choix du bon cloud pour plus de cohérence et de simplicité (SophieDECOCK, VMware) p. 43 SOPIAD, une nouvelle spin-off de HEC Liège dans le monde des Fintech p. 44 Digital assets – capturing the attention of institu- tional investors (zeb consulting) p. 45 Les banques progressent dans leur transformation digitale (DominiqueLAFORGE, Finastra) p. 45 InJanuary2022,LiborornotLibor?(Wavestone) p.46 Des chiffres record pourMyGuichet.lu p. 46 Automatic exchange of information and data protection rules: friends or foes? (CaroleHEIN, GeorgesWANTZ, Deloitte) p. 47 Manco.Paris choisit la plateforme Front-to-Back de JUMP Technology p. 47 SOMMAIRE AGEFI Luxembourg 2 Septembre 2021 Economie / Banques Suite page Une Cette séquence s’articule autour de l’enchaînement récessionnaire sui- vant : chute boursière, rembourse- ment précipité des emprunts bancaires des entreprises par des vente d’actifs à vil prix, contraction de lamassemonétaire suite au rem- boursement des emprunts bancaires (il s’agit de ladiminutiondumultipli- cateur du crédit bancaire), chute du prix des actifs suite aux ventes à vil prix et réductionsubséquentede lavaleurdes actifsdes entreprisesprécipitant des fail- lites, chute des profits d’entreprises suivie d’une baisse de la pro- duction et de l’emploi entrainant une perte de confiance et la constitu- tion d’épargnes impro- ductives (dont John Maynard Keynes suggérait l’activation au moyen de sa méta- phorique euthanasie des rentiers). Il faut alors parler du Plan de Chicago. Lamonnaie est créée par les banques centrales qui «frappent» les pièces et «impriment» les billets. Celle-ci n’est pourtant qu’unepartiemodiquede lamassemoné- taire globale. La monnaie est essentiellement géné- rée par les banques commerciales grâce au «multiplicateur du crédit bancaire». L’octroi d’un prêt exige de récolter un dépôt. Ce même prêt générera d’autres dépôts qui permettront à leur tour denouveauxoc- trois de prêts, etc. Les banques commerciales sont des en- treprises qui fabriquent elles-mêmes leur propre matière première. La mon- naie est donc un stock et un flux. L’effet multiplicateur est un effet inhérent à l’émission de crédit. Toute création de monnaie par les banques centrales aboutit normalement à un processus itératif de création demonnaie supplémentaire. Le Plan de Chicago fut originellement imaginé en 1933 par Henry Simons (1899-1946) de l’université de Chicago et ensuite défendu en 1936 par Irving Fisher, le précurseur de l’école quanti- tative relayée ultérieurement par Milton Friedman, de l’université de Yale. Ces hommes étaient convaincus que la monnaie ne peut être qu’un stock de biens pu- blics et non pas un flux variable généré par les banques privées qu’ils accusaient de secrètement imprimer de lamonnaie. L’idée était de préconiser la stérilisation du fluxmonétaire en suggérant que chaque unité monétaire déposée auprès d’une banque commerciale soit immédiatement déposée par cette dernière auprès de la banque centrale. Les banques commerciales en auraient donc été ré- duites à un simple rôle de guichet sans possibilité de transformation. Trois quarts de siècle après le décès de Fisher, c’est un «Plan de Chicago» que la Banque centrale euro- péenne (BCE) envisage d’amorcer sous le vocable d’euros digitaux. Au travers des banques commer- ciales, il devrait êtrepossibled’ouvrir un compte, en nos noms individuels, auprès de laBCE. Il est ques- tion d’une première limite de 3.000 euros par dépo- sant, mais il est intuitif qu’un jour, tous nos dépôts puissent être ouverts à Francfort. En effet, sauf à imaginer de multiples cours de change entre les euros eux-mêmes, un euro déposé auprès de la BCE ne pourra pas coexister très long- temps avec des euros «moins sûrs» déposés auprès de diverses banques commerciales, dont le risque de défaillance n’est jamais inexistant, selon le vieil adage que la «mauvaisemonnaie chasse la bonne». Aterme, la garantie de 100.000 euros sur les dépôts deviendrait superfétatoire. Quel serait le taux d’in- térêt sur ces euros digitaux ? A l’intuition, il serait nul puisqu’il n’y a pas d’intérêt sur la monnaie-pa- pier qui est, elle aussi, émise par la BCE. Cette renationalisation de la monnaie (à l’opposé des cryptomonnaies décentralisées) permettrait à la BCE de moduler le rythme d’octroi de crédits dans toute l’économie.Mais il y a plus : si seuls des euros digitauxexistaient, chacund’entre eux, fondéoupas sur la techniquede lablockchain, pourrait hypothé- tiquement être tracé. Dans un monde orwellien, il serait possible d’individualiser la fiscalité selon chaque déposant, voire de particulariser autoritai- rement le prix et la consommation de certains biens et services. Le taux d’intérêt pourrait temporaire- ment être adapté selon les phases conjoncturelles. En un mot, la puissance des outils de la politique budgétaire et monétaire serait presque illimitée. Sommes-nous proches d’un«PlandeChicago»glo- bal dans la zone euro ? Peut-être plus que nous ne l’imaginons malgré son effet probablement défla- tionniste. Sauf àbafouer ledroit depropriété, il n’est pas possiblede forcer l’épargneprivée à financer di- rectement la croissance exponentielledes dettes pu- bliques... malgré le fait que cette même épargne provient, pour partie etmacro-économiquement, de l’endettement public. Mais, dans une amorce de «PlandeChicago», laBCEpourrait associer, au sein de son bilan, les euros digitaux, provenant des dé- pôts bancaires, aux dettes publiques qu’elle détient à son actif. L’épargne européenne financerait alors partiellement, mais directement, l’endettement des États. Toute une partie du circuit monétaire serait capturéepar une étatisationde lamonnaie. Ce serait une révolutionmonétaire. Prof. Dr. Bruno COLMANT Membre de l’Académie Royale de Belgique Les euros digitaux: progrès ou piège diabolique?

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