AGEFI Luxembourg - Mai 2022

C e 17 mai a lieu la dixième édition de la Cross-Border Distribution Conference (conférence sur la distribution transfrontalière) à Luxembourg organisée par Elvinger Hoss Prussen en collaboration avec le FT Live . Le fil rouge de cette année porte sur les perspectives de la distribution qui ouvriront une nouvelle ère en matière de créa- tion, de gestion et de commercialisation de fonds d’inves- tissement. Des intervenants de prestige tels que Jean- Claude Juncker (an- cien premier ministre luxembourgeois et prési- dent de la Commission européenne) ou encore Herman Van Rompuy (ancien premier ministre belge et président du Conseil eu- ropéen) sont présents pour célébrer le dixième an- niversaire de cet évènement. Les oratrices/ orateurs de l’industrie financière mais également du monde politique et des autorités de surveil- lance modélisent l’avenir et les enjeux de la distri- bution. Les thèmes débattus couvrent notamment les tendances en termes de produits et de marchés cibles, les priorités et défis réglementaires, et im- manquablement, les évolutions technologiques. Dans cet article, Guillaume Scaffe et Markus Schwamborn (cf. portraits), de Deloitte Luxem- bourg, Global Sponsor de cette édition, partagent leur vision sur les axes de développement de cette nouvelle ère de la distribution de fonds. Un avenir prometteur pour l’alternatif Depuis 2014, les actifs nets des fonds d’investisse- ments ont augmenté de 73% totalisant au troi- sième trimestre 2021, 20,8 trillions d’euros. On note une forte croissance des fonds alternatifs qui représentent désormais 37% des actifs (soit une augmentation de 87,8% par rapport à 2014) (1) . Les investissements dans le Private Equity et autres classes d’actifs alternatives telles que le capital- risque, l’immobilier et la dette privée, ont en effet fortement augmenté au cours de la dernière décennie, non seulement au Luxembourg mais aussi en Europe ainsi qu’aux États- Unis. Alors que nous sortons tout juste d’une période de faibles taux d’intérêt et de valeurs élevées pour les actions cotées en bourse, les investisseurs commencent à rechercher des oppor- tunités d’investissement plus at- trayantes. Le secteur est dominé par des sociétés de capital-investissement spé- cialisées, principalement basées aux États-Unis, qui se concentraient initialement sur les investis- seurs institutionnels. Ces entreprises cherchent désor- mais des oppor- tunités d’inves- tissement dans d’autres classes d’actifs telles que la dette pri- vée, l’immobilier et les infrastructures, mais aussi à élargir leur cible en s’adres- sant à des investisseurs de détail “quali- fiés”, “accrédités” ou “bien informés”. Étendre davantage le public cible aux investisseurs de dé- tail sera plus difficile, car ceux-ci ont généralement des besoins de liquidité plus élevés et préfèrent des possibilités transactionnelles plus fréquentes par rapport aux investisseurs institutionnels. La réglementation est également un obstacle à une nouvelle expansion du public. En effet, les ré- gulateurs sont encore réticents à autoriser l’inves- tissement de détail dans les fonds alternatifs mais la résistance s’atténue. Suite en page 5 PRIX DU NUMÉRO : EUR 4,50 Le Journal Financier de Luxembourg NUMERO 05/367 ISSN1561-8366 Sommaire t Economie / Banque privée p.1 à 15 t Fonds d’investissement p.16 à 34 t Emploi / Droit p.35 à 41 t Nominations p.42 et 43 t Informatique / Télécom p.44 à 47 Sommaire détaillé en page 2 www.agefi.lu 41, Zone Industrielle, L-8287 Kehlen - Tel: +352 305757 1 - Fax: +352 24611564 - Email: agefi@agefi.lu Fonds d’investissement : comment se profile la distribution de demain? Par David SEBAN-JEANTET, Chief Investment Officer,SociétéGénéralePrivateWealthManagement D ans une année marquée par une reprise presque méca- nique de l’activité après la période de Covid, les nuages s’amoncellent sur les perspectives économiques et financières. Si le scé- nario économique global reste positif, la reprise bourgeonnante a rapide- ment été revue à la baisse, tant dans les pays développés que dans les pays émergents. La guerre en Ukraine, avec son lot de souf- frances, concentre toute notre attention et catalyse les incertitudes qui nous en- tourent. L’inflation reste le marqueur de cette reprise et complique la donne en matière de politique économique et monétaire. Dans cet environnement, la diversifica- tion est de mise, et l’investisseur doit garder des marges de sécurité. Des contraintes sur l’offre et un effondrement de la confiance des consommateurs L’année 2022 avait commencé sous de très bons auspices compte tenu du fort rebond de l’activité anticipé au sortir de la pandémie de Covid-19. Les tensions sur l’appareil productif, avec les multiples goulots d’étranglement, continuent néanmoins de contraindre la production. La guerre en Ukraine et les nouvelles mesures de confinement strictes décidées en Chine compli- quent la donne. Dans le secteur des services qui a payé un lourd tribut pendant les périodes de confinement, les pers- pectives d’activité se normalisent rapidement mais pâtissent de la faible disponibilité de la main d’œuvre, qui s’est détournée de ces métiers parfois difficiles. Par ailleurs, on observe partout dans le monde un véritable effon- drement de la confiance des consommateurs, qui flirte avec les plus bas niveaux observés pendant la crise du Covid-19 ou pendant la crise financière de 2008. Cette chute s’explique es- sentiellement par les in- quiétudes sur le pouvoir d’achat exacerbées par le bond des prix du pétrole. Les inquiétudes sur la sé- curité contribuent égale- ment à la baisse de la confiance des ménages en Europe. Un net repli des prévisions de croissance Le consensus des prévisions des économistes pré- voit dorénavant une croissance de 2,8% en zone euro et 3,1% aux États-Unis. Ce niveau, s’il peut sembler confortable, marque un net repli par rap- port aux attentes de début d’année, puisque la croissance était en effet prévue à respectivement 4,5% et 4,2% à fin janvier. Le consensus prévoit ainsi une stabilisation de la croissance en glisse- ment trimestriel par rapport au niveau du pre- mier trimestre. Notons que ce niveau de croissance est largement expliqué par l’acquis de croissance des derniers trimestres. La croissance actuelle cache donc une réelle décélération de l’ac- tivité. En Chine, la stratégie sanitaire de zéro Covid contraint fortement l’activité et fait peser un aléa important sur les perspectives de produc- tion et de consommation. La tendance de révision est donc clairement négative et le niveau d’incer- titude pèse sur les prévisions économiques. L’inflation est nettement revue en hausse L’inflation est le marqueur de cette reprise et, de manière symétrique à la révision en baisse des perspectives de croissance, on observe une forte hausse des prévisions d’inflation depuis le début de l’année. Suite en page 3 MAI 2022 KeyTakeaways: - The PwC Business Barometer decreased by 8 points during the past month, reaching a level of 10 as of end- April. - Households in theGrand-Duchy are facedwith rising prices for many consumer goods and services, leading tomore pessimismand a potential pullback indemand. - Growth in the eurozone services sector was outstan- ding during April, despite increasing costs and a cau- tious outlook for the coming months. - The multidimensional impact of the Russia-Ukraine conflict must be carefully assessed by policymakers across the globe as stagflation is looming on the horizon. Des nuages au printemps The Monthly PwC Barometer (FRQRPLF &RQILGHQFH LQGLFDWRU LQ FROODERUDWLRQ ZLWK $*(), /X[HPERXUJ Read more on page 4 PRIVATE EQUITY - de vous à moi La rubrique mensuelle du Private Equity " ! -(+%%& 9 : Inflation and uncertainty further reduce confidence Lireenpage17 par Laurent Capolaghi, Vincent Remy et Elisa Faraldo Talmon, EY Luxembourg Private Equity - Real Estate Luxembourg, Belgium, Switzerland, Hong-Kong, Monaco, Dubaï Trust - Trading www.pwc.lu Lire article en page 19 5(*8/$725< &203/Ζ$1&( 6(17Ζ1(/ www.deloitte.lu Détailenpage5

RkJQdWJsaXNoZXIy Nzk5MDI=