AGEFI Luxembourg - septembre 2021

PRIX DU NUMÉRO : EUR 4,50 Le Journal Financier de Luxembourg NUMERO 08/359 ISSN1561-8366 20 Years Anniversary Charity Evening When? 20 th October 2021 Where? Abbaye de Neumunster Contact: charity21@FARAD-group.com See also page 12-13 Sommaire t Economie / Banques Casse-tête monétaire (Philippe LEDENT, ING) p. 10 Un «AAA» pour le Luxembourg (ministère des Finances) p. 13 t Fonds d’investissement «Nous vivons un vrai changement trans- formationnel» (Laurent TRÉVISANUT, Fundsquare) p. 20 t Droit / Emploi L’évolution du rôle du Conseil d’Adminis- tration dans la gouvernance d’entreprise (Sandrine ROUX, BanqueHavilland) p. 37 t Informatique financière Le phénomène des NFT (Laurent MAROCHINI, Société Générale Securities Services) p. 43 Sommaire détaillé en page 2 Le JournalFinancierdeLuxembourg www.agefi.lu 41, Zone Industrielle, L-8287 Kehlen - Tel: +352 305757 1 - Fax: +352 24611564 - Email: agefi@agefi.lu Bilan et perspectives après l’été La croissance économique est de retour Par David SEBAN-JEANTET, Chief Investment Officer de Société Générale Private Wealth Management L e redémarrage des économies s’est confirmé au cours de l’été et la croissance est clairement de retour. Portés par l’amélioration des perspectives, le soutien à la liquidité et l’accumula- tion d’épargne excédentaire, les marchés actions démontrent une santé exubérante. On observe néanmoins une certaine hétérogénéité dans la reprise, liée aux stratégies sani- taires mises en œuvre pour combattre l’épi- démie de Covid. Passé le temps du redémarrage, les tensions sur l’appareil productif et en particulier sur les chaînes d’ap- provisionnement risquent de contrain- dre la reprise dans certains secteurs. Contraintes par la forte baisse des taux d’intérêts, les banques centrales continuent d’utiliser leurs bilans pour stimuler la reprise et éviter d’ancrer les prévisions d’inflation à des niveaux trop faibles. Les choix d’allocation d’actif doivent s’accommoder de l’absence de rémunération sur les marchés de taux. Les actions offrant une saine protection contre l’inflation et des primes de risque élevées sont le choix par défaut. Le redémarrage des économies, en- tamé en fin d’année dernière a été particulièrement robuste. Les poli- tiques de soutien à l’offre mises en œuvre par les Etats auront permis de protéger efficacement les éco- nomies et d’assurer une capacité de rebond rapide en sortie de crise. Le FMI prévoit ainsi une croissance mondiale de 6% en 2021 et 4,9% en 2022 dépassant ainsi lar- gement le niveau de +4,2 atteint en 2010 après la grande crise financière. La bonne santé de la consomma- tion s’explique en partie par l’épargne des ménages accu- mulée au cours des 18 der- niers mois. Le taux d’épargne, avait ainsi at- teint 35% du revenu dispo- nible lors du confinement et se normalise, mais reste encore à des niveaux éle- vés, de près de 10%. Le sur- plus d’épargne accumulée ainsi que le faible endette- ment des ménages, notamment aux Etats-Unis, permet de soutenir une reprise forte de l’immobilier. Les perspectives restent positives pour le secteur manufacturier, mais l’offre risque d’être contrainte par les tensions observées dans les chaînes d’ap- provisionnement. C’est le cas dans le secteur des semi-conducteurs dont la pénurie entraîne des fer- metures d’usine dans le secteur automobile par exemple. Au plus haut depuis plus de 20 ans, les indicateurs avancés continuent de décrire un pay- sage de reprise très forte en Europe et aux Etats- Unis. La vigueur des indices PMI (Purchasing Managers’ Index) est certes en partie expliquée par les pénuries rencontrées et la faiblesse des stocks, mais les perspectives sont particulièrement fortes. La baisse séquentielle de ces indicateurs qui avaient marqué un point haut au début de l’été ne doit pas être interprétée comme un tassement de l’activité, mais plutôt comme le signe d’une nor- malisation du rythme de croissance. On observe une certaine désynchronisation de la croissance entre régions. Les stratégies sanitaires pour combattre l’épidémie de Covid ont claire- ment un impact sur la croissance. Les pays asia- tiques appliquent souvent des politiques dites «zéro Covid» consistant à mettre en place des me- sures de confinement ciblées dès les premiers cas de Covid détectés. Suite en page 3 REGULATORY COMPLIANCE SENTINEL www.deloitte.lu DétailenpageXX Détail en page 4 www. deloitte.lu Par Prof. Dr. Bruno COLMANT, Membre de l’Académie Royale de Belgique A près avoir exprimé de la méfiance et du scepticisme vis-à-vis des cryptomon- naies, des banques centrales de différentes zones monétaires (Chine, Etats-Unis, Europe, etc.) pensent à lancer leurs propres monnaies digitales. Certains voient cette évolution comme une sécurisa- tion des monnaies traditionnelles qui seraient en compétition avec les cryptomonnaies. Il n’en est rien. Il s’agit de renationaliser la mon- naie dans le contexte très particulier d’un en- dettement public strato- sphérique caractérisé par une création monétaire inédite à l’aune de l’histoire de la monnaie. Pour comprendre ce qui se passe, il faut s’intéres- ser au Plan de Chicago auquel j’ai déjà consacré un article, il y a plusieurs semestres. Irving Fisher est un économiste américain auquel l’histoire a réservé un mauvais sort. Ayant ensei- gné à Yale toute sa vie, il est considéré comme un des pères de l’économétrie. Il en fonda d’ailleurs la société américaine. Il est à la fois le précurseur de la théorie quantitative de la monnaie et de la plus grande gaffe qu’un conjoncturiste ait pu for- muler. En effet, peu de jours avant le krach de 1929, il postulait que stock prices reached what looks like a perma- nently high plateau et que security values in most instances were not in- flated . Il réitéra ses convictions le jour du krach en affirmant que la bourse ne tremblait qu’à cause de la folie de quelques-uns (the mar- ket is only shaking out of the lunatic fringe ). Au-delà de cette anecdote, Irving Fi- sher formula les bases de la théorie monétaire grâce à une équation qui porte son nom. Cette dernière établit une causalité entre les variations de la quantité de monnaie en circu- lation et les variations du niveau général des prix. De manière simplifiée, il écrit que toute variation de la quantité de mon- naie en circulation dans l’économie implique une variation proportionnelle du niveau général des prix. Par exemple, si les autorités monétaires décident d’augmenter la masse monétaire de 10%, alors les prix augmenteront automatiquement de 10%. Cette équation est synthétisée par la formulation M.V = P.T avec M = stock de monnaie en circula- tion, P = niveau des prix, V = vitesse de circulation de la monnaie et T = volume des transactions. En d’autres termes, on traduit cette équation comme MV = flux de monnaie dépensé et PT = valeur no- minale des paiements (transactions) sous les hy- pothèses du plein emploi des facteurs de production (ce qui permet de fixer T), d’habitude de paiements stables (ce qui permet de fixer V) et de postuler que T soit indépendant de M. Si Irving Fisher s’était fourvoyé sur l’amplitude du krach de 1929, il n’en réfléchissait pas moins aux manières de traiter les déflations. Après le choc de 1929, il devint un des promoteurs de l’in- tervention de l’Etat pour contrer le cycle infernal de la déflation. Son ouvrage The Debt-Deflation Theory of Great Depressions , publié en 1933, entre- tient d’ailleurs quelque résonnance avec la crise actuelle. Selon cette théorie, un mécanisme de dé- flation par la dette (qu’on qualifie parfois de dé- flation de bilan) peut aggraver la dépression : après une crise financière, les agents économiques fortement endettés vendent des actifs financiers pour rembourser leurs dettes. Irving Fisher identifie une séquence d’événe- ments qui suivent les crises économiques et qui conduisent à détruire de la monnaie. Suite en page 2 Les euros digitaux: progrès ou piège diabolique? (Read more on page 6) Strong business activity threatened by shortages and inflation The Monthly PwC Barometer Economic Confidence indicator in collaboration with AGEFI Luxembourg SEPTEMBRE 2021 www.valuepartner s.lu PRIVATE EQUITY - de vous à moi La rubrique mensuelle du Private Equity Par Laurent Capolaghi & Stefan Rech, EY Luxembourg www.pwc.lu Lire article en page 33 " ! -(+%%& 9 :$ Private Equity - Real Estate Trust - Trading Luxembourg, Belgium, Switzerland, Hong-Kong, Monaco, Dubaï Lire en page 26 ex.MinistredesAffairesEtrangères françaisetsecrétairedel’Elysée

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