Agefi Luxembourg - mars 2026
AGEFI Luxembourg 44 Mars 2026 Informatique financière L e 24 février 2026, MyCon- nectivity G.I.E. a présenté le Luxembourg Connectivity Report, premier rapport national consacré à l’écosystème des télé- communications au Luxembourg. Organisé au Cercle Cité à Luxem- bourg-Ville, l’événement a ras- semblé près de 150 représentants des pouvoirs publics, du secteur privé, du monde académique et de la société civile, mettant en évidence l’importance straté- gique de la connectivité pour le développement économique et social du pays. Dans son intervention d’ouverture, la ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée des Médias et de la Connectivité, Elisabeth Margue, a rap- pelé que le Luxembourg dispose d’un écosystèmetélécomhautementspécialisé et reconnu à l’international. Elle a souli- gné que cette réussite repose sur des décennies de collaboration entre acteurs publics et privés, tout en insistant sur la nécessité de poursuivre les investisse- mentsdanslescompétences,l’innovation et les infrastructures afin de maintenir la compétitivité du pays. Le CEO de MyConnectivity G.I.E., Julien Larios, a présenté les principales composantes du rapport : l’éducation et la formation, le marché du travail ICT, la connectivité domestique et internationale, ainsi que la recherche dans les domaines spatial, quantique et satellitaire. Le rapport comprend également un «Directory of Directories» recensant les structures clés de l’écosystème et leurs points de contact. Il a par ailleurs évoqué les priorités de MyConnectivity pour 2026, notamment le renforcement de la collaborationentre les acteursdusecteur. Le rapport met en évidence la solidité de l’écosystème télécom luxembourgeois. Plus de 95%du territoire est couvert par des réseaux fixes à très haute capacité et la 5G atteint 99 %des ménages. Les spé- cialistes ICTreprésentent 8%de lapopu- lation active, soit un niveau nettement supérieur à la moyenne européenne, confirmant la forte spécialisationdupays dans le domaine numérique. Le Luxembourg dispose également d’une connectivité internationale dense, avec plus de 64 fournisseurs actifs et six opérateursTier 1, ainsi quedenombreux points de sortie fibre vers l’Allemagne, la France et la Belgique. En 2024, les inves- tissementsdanslesinfrastructuresréseau ont atteint 140,2millionsd’euros, soit une hausse de 34,2%par rapport à 2023. Parallèlement,lesecteurICTemploieenvi- ron 17 000 personnes au Luxembourg, majoritairement issues de l’international. Le rapport souligne enfin le rôle du Luxembourg dans la recherche et l’inno- vation,notammentdanslesdomainesdes futurs réseaux 6Get des communications quantiques sécurisées. Enrassemblantdonnées,analysesetpers- pectives, le Luxembourg Connectivity Report met en avant le positionnement duLuxembourg comme hubnumérique européenetconstitueunoutilstratégique pour renforcer la coopération, soutenir l’innovation et accroître la visibilité inter- nationale de l’écosystème numérique national. Lerapportestdisponib lesurhttps://urls.fr/NR5TEA Source : MyConnectivity G.I.E. Luxembourg Connectivity Report Luxembourg, pilier européen de la connectivité ©SMC L a 9 e éditionde la conférenceGovSat- Coms’est tenue le 26 février 2026 à l’Eu- ropeanConventionCenter uxembourg, confirmant le rôle stratégique duGrand-Duché dans le domaine des com- munications satellitaires gouvernementales. Placée sous le signe de la coopération internationale, la rencontre a rassemblé près de 1 900 participants issus de l’industrie spatiale, des institutions interna- tionales telles que l’Organisation du traité de l'Atlantique nord et l’Union européenne, ainsi que des représentants du secteur de la défense. S.A.R. le Grand-Duc a assisté à la cérémonie d’ou- verture aux côtés de la ministre de la Défense Yuriko Backes. En marge de l’événement, le Chef de l’État et la ministre se sont entretenus avec des représentants des ministères de la Défense alle- mand, belge et ukrainien. Le Grand-Duc a également reçu dans l’après-midi Andrius Kubilius, commissaire européen à la Défense et à l’Espace, venu participer aux travaux. Le terme GovSatCom désigne les communications satellitaires gouvernementales sécurisées destinées aux autorités publiques, aux forces armées, aux ser- vices de protection civile et aux organisations inter- nationales. Ces systèmes permettent d’assurer des liaisonsrésilientes,cryptéesetdisponiblesenperma- nence, y compris en cas de crise majeure, de catas- trophe naturelle oude conflit. Àl’échelleeuropéenne,GovSatComconstitueuneini- tiative stratégique de l’Union européenne visant à mutualiseretsécuriserl’accèsauxcapacitéssatellitaires des États membres afin de garantir l’autonomie stra- tégique de l’Europe en matière de communications critiques. Le Luxembourg s’est positionné dès les années 2000 comme un acteur clé dans ce domaine. Le lancement en 2018 du satellite GovSat-1, opéré danslecadred’unpartenariatpublicprivéentrel’État luxembourgeois et SES S.A., a marqué une étape structurante. Ce satellite fournit des capacités sécuri- sées à des partenaires européens et alliés. En2024,legouvernementluxembourgeoisetSESont annoncé le développement de GovSat-2 afin de ren- forcer l’offre souveraine nationale. Parallèlement, le Grand-Duché participe activement au déploiement duprogrammeGovSatComde l’Union européenne, désormais intégré aux futures architectures spatiales sécurisées européennes. Aufildesannées,laconférenceGovSatComorganisée à Luxembourg est devenue une plateforme de réfé- rencepourlesdécideurspolitiques,militairesetindus- triels confrontés aux enjeux croissants de cybersécu- rité,desouverainetétechnologiqueetderésiliencedes infrastructures spatiales. Dans un contexte international marqué par lamulti- plication des crises et la dépendance accrue aux sys- tèmes orbitaux, l’édition2026a souligné l’importance de coordonner investissements, capacités et normes entre alliés. Laprésencede S.A.R. leGrand-Duc et de hauts responsables européens illustre le poids straté- gique de ce secteur pour le Luxembourg et pour l’Europe. MaisonduGrand-Duc,ministèrede laDéfenseduLuxembourg,SES Luxembourg, hub européen des communications satellitaires sécurisées ©MaisonduGrand-Duc Par KenV AN W EYENBERG , Head of Client Portfolio Management Fundamental EquityCandriam L es agents d’intelligence artifi- cielle ne se limitent plus à assis- ter : ils commencent à exécuter certaines tâches. L’apparition d’agents d’IA tels que Claude Cowork, capables de gérer de manière autonome des flux de travail entre des fonctions juri- diques, marketing et analy- tiques, relance une question chez les investisseurs : une partie de l’écosystème SaaS (software-as-a-service, ou logi- ciel en tant que service) pourrait- elle être désintermédiation de façon structurelle ? Lesmultiplesdevalorisationdusecteurdes logiciels se sont fortement contractésdepuis août 2025en rai- son des risques perçus de disruption associés à l’IA. Le marché réévalue à la fois les trajectoires de crois- sanceetlasoliditédesmodèleséconomiquesdesédi- teurs de logiciels. Nousexaminonssicetteréévaluationtraduitunedé- tériorationréellede l’économieduSaaSet où lemar- ché pourrait mal apprécier le risque comme la résilience. L’attrait historique du secteur des logiciels Aucoursdeladernièredécennie,lesentreprises de logiciels et deSaaSont bénéficiéd’uneprime de valorisation structurelle. La logique était ir- réfutable : les modèles commerciaux basés sur l’abonnement offraient des revenus récurrents et une grande visibilité sur les bénéfices. Ils offraient des margesbrutes élevées et une fai- ble intensité capitalistique ; à mesure que les entreprises se développaient,lesmargesin- crémentielles augmentaient rapidement, alimentant une forte génération de flux de trésorerie disponi- bles. Cette prime s’est tou- tefois nettement réduite sur certains segments. Unmarché axé sur le risque de désintermédiation Les récentes annonces de produits par les investis- seursd’OpenAIetd’Anthropicremettentenquestion la stabilité à long termedes revenus qui caractérisent depuis longtemps le modèle économique des logi- ciels,carlesoutilsd’IAvontaccentuerlaconcurrence. Si les systèmes d’IA, tels que Claude Cowork, peu- vent exécuter de manière autonome des tâches qui nécessitaient auparavant une interaction humaine dans plusieurs outils logiciels, cela ouvre la voie à un risque de désintermédiationpour les outils SaaS existants. Lemarché anticipe aussi une pression sur les bénéfices à court terme, liée aux investissements dans l’IA, aux tensions sur les prix et au risque de perte de clients. Tous les logiciels ne se valent pas Bien que nous reconnaissions ces difficultés à court terme et que nous adoptions une vision plusmesu- réedusecteur des logiciels engénéral, nouspensons que le risque de disruption varie considérablement d’un modèle économique à l’autre. Tous les seg- ments du marché des logiciels ne sont pas exposés demanière égale. La vulnérabilité peut être élevée pour les outils logi- cielsquifournissentprincipalementuneinterfaceuti- lisateur pour des tâches relativement standards. Les agents d’IAautonomes peuvent court-circuiter cette interface utilisateur traditionnelle et coordonner des tâches entre différents systèmes sans nécessiter d’in- terventionhumaine. Les éditeursdavantageorientés vers les PME peuvent aussi être exposés, car ces clientssontsouventplussensiblesauxprixetplusra- pides à adopter des outils intégrant nativement l’IA. Dansdetelscas,l’IApeutaffaiblirlepouvoirdefixa- tion des prix et intensifier la concurrence. Toutefois, nous pensons que certains segments du marché des logiciels présentent des modèles écono- miques plus résilients. La cybersécurité en est un exemple,toutcommelesplateformeslogiciellescom- plexes qui sont profondément ancrées dans les opé- rations des entreprises et dont l’intégration est très coûteuse, ou encore les outils logiciels destinés à des secteurs hautement réglementés tels que la santé, les services financiers ou les administrations publiques. Dans ces segments, la sécurité et la conformité des données sont primordiales ; en outre, les logiciels d’infrastructurededonnéestelsquelesbasesdedon- nées bénéficieront en réalité d’avantages à court terme, car les systèmes d’IAnécessitent des données d’entrée structurées, sécurisées et bien gérées. Cette distinction est essentielle. La baisse des valori- sations des éditeurs de logiciels et le discours autour d’une « SaaSpocalypse » soulèvent des questions lé- gitimes quant à la durabilité des marges, à la dyna- mique concurrentielle et à laviabilitéde la croissance àlongtermedanscesecteur.Maiscelanesignifiepas que tous lesmodèles économiques des logiciels sont soudainement compromis. Conséquences sur les investissements : La sélectivité est primordiale L’IA ne devrait pas éliminer l’économie des services logiciels, mais elle redistribue la valeur au sein de l’écosystème.Pourlesinvestisseurs,l’opportunitéré- side dans l’identification des segments structurelle- ment vulnérables et de ceux qui restent bien placés pour saisir la valeur dans une économie dotée d’IA. Lacorrectiongénéraliséeactuelledeslogicielsaaccru ladispersionauseindusecteur;elleoffredesoppor- tunités à ceux qui privilégient une sélection rigou- reuse et l’analyse fondamentale. Logiciels : l’IAmenace-elle le modèle SaaS ?
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