Agefi Luxembourg - mars 2026

Mars 2026 37 AGEFI Luxembourg Emploi / Formations J érôme BLOCH, CEOof 360crossmedia, explainswhy financial professionals inLux- embourg canno longer rely on re- lationships alone andmust learn to master communication. Wheredoes finance standoncommuni- cation? Finance is clearly reaching a crossroads across the board. Several drivers are reshaping the landscape: A.I., interest ratesandvaluations.Artificialintelligence ranks among the most significant, espe- cially in Luxembourg, which operates as a back andmiddle office jurisdiction. Consolidation and transformation is accelerating across the board. Interest ratesarefalling,whichfavorsfundsinthe short term, but the risk of inflation and a rate reversal remains real. When rates climb back up, investment funds suffer because investors simply shift to fixed- incomeproducts.Ontopofthat,thealter- nativeindustryisnowgrapplingwithval- uation issues: Blue Owl recently blocked fund exits, and episodes like that create serious trust issues. Historically, this industry ran onword of mouthandpersonal relationships. That is no longer enough. Financial professionals now need to learn how to communicate, landclearmessages, build trust andreach their goals. I have in mind fund raising, client relationship and teamleadership. Howshould they go about it? They need to master two main drivers. The first is presence. Significant reach on social media is not built in a month. It demands a long-term strategy and a sus- tained effort. Establishing that presence takestime,regularcontent,andconsisten- cy. The second driver is relevance. Most financial professionals I speak with are lookingforauniquemessagethatnobody has ever addressed. That is not necessary. Youcancover exactly the same topics that others cover – compliance, new regula- tions, expected returns - but do it in your own way, in a more engaging manner. Professionalscanhelpthemcrafttheright videos, the right scripts, the right text, the right visuals. That is amajor trend, partic- ularlyvisibleinLuxembourgrightnow:if youdonotcommunicate,youdonotexist. What comes next? Everyone is learning the same lesson aboutAI:weallassumeditwaspowerful, but we are discovering how simple and fast it is to implement. What follows will be an extraordinary scale-up in commu- nicationvolumes.Inoneyear,visibilityon social mediawill become genuinely diffi- cult to achieve, simply because everyone will produce somuch content that stand- ing out will become a serious challenge. My conviction is that once you establish presence and build reach, the next focus must be on repurposing: fromone input, generate multiple outputs. The full ver- sion, the shorter version, the very short version. Metrics confirm it: short formats consistentlyoutperformlongones.People simplydonot have time to read. The second trend involves languages.AI has reached the point where it is essen- tiallyomniscient linguistically, socontent will increasingly reach every audience in its own language. But one rule remains non-negotiable: communicatingwithout clear goals and clear performance indi- cators is useless. At 360crossmedia, we work with finan- cial professionals who generate up to 25% of their turnover through social media and communication campaigns. Communication & Finance in 2026 ©360 A u-delà des classes d’actifs alternatives traditionnelles telles que le Private Equity, l’immobilier, la dette privée ou les infrastructures, les investisseurs institutionnels redécouvrent pro- gressivement les actifs naturels. Les fonds forestiers structurés sous forme d’AIF constituent une illus- tration intéressante de cette évolu- tion : des investissements tangi- bles, fondés sur l’économie réelle et porteurs d’une dimension envi- ronnementale forte. Une classe d’actifs alternative encore discrète Depuisdeuxdécennies,ladiversification des portefeuilles institutionnels s’est lar- gement appuyée sur les actifs alternatifs. Private Equity, Real Estate, Private Debt etInfrastructureoccupentdésormaisune placecentraledanslesstratégiesd’alloca- tiondelongterme.Cependant,unenou- vellecatégoried’actifscommenceàattirer l’attention : les actifs naturels, et en parti- culier l’investissement forestier. Àpremièrevue,laforêtpeutsembleréloi- gnée des marchés financiers. Pourtant, elle possède de nombreuses caractéris- tiques communes avec les grandes classesd’actifsréels:actifstangibles,hori- zon d’investissement long et génération de flux économiques identifiables. Structurés au travers de fonds alternatifs – souvent sous forme d’AIF –, ces inves- tissementspermettentauxinstitutionnels d’accéder à un portefeuille diversifié de propriétés forestières gérées de manière professionnelle. Trois sources fondamentales de rendement L’investissement forestier repose tradi- tionnellement sur trois sources princi- pales de créationde valeur. La première est la croissance biolo- gique des arbres . Contrairement à la plupart des actifs financiers, le capital productif – les arbres – croît physique- ment avec le temps. Cette croissance augmente progressivement le volume et la valeur économique du bois dispo- nible. Elle constitue une forme de créa- tion de valeur relativement prévisible sur longue période. La deuxième source de rendement pro- vientde l’exploitationdubois .Larécolte peutêtreplanifiéedemanièreflexible,en fonction de la maturité des arbres et des conditions de marché. Les débouchés industriels restent importants, notam- ment dans la construction, l’industrie papetière et, plus récemment, les maté- riaux biosourcés. La troisième composante du rendement est l’appréciation du foncier forestier . Comme pour l’immobilier, la valeur des terresévolueenfonctiondesdynamiques localesd’offreet dedemande, de lapres- sion foncière ou des changements d’usage du sol. À ces trois sources traditionnelles s’ajou- tent aujourd’hui de nouvelles opportu- nités économiques liées à l’exploitation infrastructurelledumilieuforestier :cré- dits carbone, projets d’énergies renouve- lables, valorisation de la biodiversité ou encore activités récréatives. Unprofil de diversification intéressant Historiquement, les investissements forestiersontoffertdesrendementscom- pétitifssurlonguepériode,généralement estimés entre 6%et 9%par an , avecune volatilité relativementmodérée. L’un des attraits majeurs de cette classe d’actifs réside dans sa faible corrélation avec lesmarchés actions et obligataires . Dans un portefeuille institutionnel, une allocation forestière – souvent comprise entre 1%et 3% – peut ainsi améliorer la diversification globale. Naturellement, cette classe d’actifs comporte des risques spécifiques : incendies, maladies, événe- ments climatiques extrêmes ou fluctua- tions de la demande de bois. Ces risques peuventtoutefoisêtrelargementatténués par la diversification géographique, la diversitédesessencesetunegestionpro- fessionnelle des actifs. Une dimensionESG particulièrement tangible Au-delà de ses caractéristiques finan- cières, l’investissement forestier s’inscrit pleinement dans la logiquedes «nature- based assets » . Les forêts jouent un rôle essentiel dans la captationdu carbone, la protectiondelabiodiversitéetlaproduc- tiondematériaux renouvelables. Dansunmondemarquépardestensions géopolitiques et des arbitrages énergé- tiques parfois défavorables aux objectifs climatiques, ces investissements contri- buent à un impact positif et durable. Pourdenombreux investisseurs institu- tionnels, ils représentent une manière concrète de concilier performance financièreet responsabilitéenvironne- mentale . Luxembourg : finance et formation au service des nouveaux actifs Le développement des fonds forestiers s’inscrit dans une transformation plus large de la finance internationale. Les investisseursrecherchentdeplusenplus des actifs tangibles, ancrés dans l’écono- mie réelle et compatibles avec les impé- ratifs environnementaux. Dans ce contexte, la place financière luxembourgeoise, leader européen des fondsd’investissementalternatifs,consti- tue un environnement naturel pour la structurationdetelsvéhicules.Cetteévo- lution souligne également l’importance de la formation financière. Comprendre cesnouvellesclassesd’actifsnécessiteune approche multidisciplinaire associant finance, économie et durabilité. Fruit d’un partenariat avec la CSL, le Master 2 BFA (Banque Finance Assu- rance) de l’Université Paris Nanterre contribueprécisémentàformerlesfuturs professionnels du Luxembourg à analy- sercestransformationsetàaccompagner l’émergence de nouvelles stratégies d’in- vestissement. Bernard Pons, professeur invité à l’Université Paris Nanterre dans le cadre du MBFA Luxembourg - Investment Fund, en collaboration avec Béatrice de Séverac, responsable du Master BFA Luxembourg. Informationscomplémentaires :www.lllc.lu Investir dans la forêt : L’émergence d’un actif naturel dans la gestion alternative Par StéphanieHENG(portrait), politologue et experte en communication et Alban de La SOUDIÈRE, polytechnicien, fonctionnaire international émérite O nnous parle beaucoupde matériaux critiques comme le lithiumet surtout les fameuses « terres rares ». LaChine en aurait le quasi-monopole alors qu’elles sont essentielles à notre haute technologie et à la transition éco- logique. Qu’en est-il vraiment, et pouvons-nous réagir ? Pra-sé-o-dyme ?Quésaco ? Quiaentenduparlerdupraséodymeetde sa quinzaine de cousines ? D’abord, il faut savoir qu’elles sont bienmal nommées, car on trouve en fait ces « terres rares » presque partout, souvent associées en petites quantité à d’autremétaux. On en a toujours utilisé un peu, mais souvent pour des niches comme l’électroniquemilitaire. Cependant l’un de leurs usages principaux, la fabri- cation d’aimants permanents pour moteurs élec- triques,avucesdernièresannéesunecroissanceextra- ordinaire avec l’électrification progressive des trans- ports, au point que les pays occidentaux ont commencé à s’inquiéter fortement, mais bien tardivement,delasituationultra-dominatrice des Chinois sur ce marché, et de la vulnéra- bilité géopolitique qui en résultait pour eux, aggravée par les usagesmilitaires précités. LaChine enpositionde force La Chine a effectivement les plus grandes réserves connues, mais de nombreux autres pays en ont des quantités appréciables, dont l’Inde, laRussie, le Brésil et divers pays occidentaux comme les États-Unis (notamment en Californie), l’Australie, le Groenland etc. Le problème est que la Chine exploite effectivement ses propres réserves…mais aussi les nôtres, qu’elle importe pour les raffiner, si bien qu’elle produit directement près de 70%et raffine près de 90%du total planétaire. Comment avons-nous pu laisser une telle situation arriver ? NIMBY, aveuglement et incohérence L’exploitation et le raffinage de ces terres pas du tout si rares sont des activités chères et/ou pol- luantes. Comme dans d’autres cas peu à notre hon- neur (recyclage des navires en fin de vie…) nous avons préféré sous-traiter à des pays moins regar- dants et à main d’œuvre mal payée. C’est le fameux effetNIMBY, not inmy backyard ! Et enplus, avec une fausse pudeur environnementale, alors que justement ces terres rares sont la clé de la tran- sition écologique que les Occidentaux sont par ail- leurs les premiers à vouloir accélérer. La Chine, plus visionnaire, s’est jetée sur l’aubaine, et en récolte les lauriers tant financiers que géopoli- tiques. Notre naïveté et notre lenteur à réagir ont été absolument confondantes. Ce n’est pas comme si la Chineavait profitéde sonmonopolepour fairepres- sion sur certains pays particulièrement aux abois quant à la survie de leur industrie, comme le Japon à l’occasion de disputes sur la souveraineté des îles contestées Diaoyu/Senkaku enmer de Chine.Ah si, justement,ellelefait,etdepuis15ans!Etellemenace plusoumoinsdirectement de le faireaussi avec tous ceuxquivoudraientlagêner.Quiauraitpuimaginer ce typed’attitudede lapart desChinois, et qui abien pu laisser perdurer cette attitude aussi longtemps ? Réaction tardive Il aura fallu une première réaction, vraiment ini- maginable celle-ci, pour ouvrir les yeux du « camp » occidental : l’un d’entre eux a menacé d’annexer une partie d’un de ses alliés, au mépris des traités (OTAN 1949, Groenland 1951) mais aussi de la logique économique, car exploiter des mines dans un climat arctique est « un défi logis- tique que l’armée américaine elle-même peinerait à relever » (Malte Humpert, de l’Arctic Institute). Après avoir baissé un peu le ton selon la technique de son livre TheArt of the Deal , et avant même d’at- taquer l’Iran, Donald Trump a montré que la plu- part de ses actions récentes vues comme erratiques ont en fait un fil rouge : la Chine. Il vient de pren- dre une initiative pour une fois collective avec les Occidentaux concernant les matériaux critiques et en particulier les terres rares. C’est une idée loua- ble, mais optimiste. De toute façon il faudra des années pour se réapproprier exploitation et raffi- nage. Il faudra donc « tenir » aumoins une décen- nie alors que les besoins continuent à augmenter. La«petite»chancedel’Europedanscedossierexiste pourtant : notre obsession pour la cause environne- mentale a eu aumoins un effet très positif : elle nous a placés enpointe pour les technologies de recyclage et les brevets associés. Espéronsquenous saurons en faire lemeilleur usage avec efficacité et sans naïveté. Lesauteurss’exprimentàtitrepersonnel. Des terres « rares » ? Non, des Occidentaux naïfs !

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