Agefi Luxembourg - janvier 2026
AGEFI Luxembourg 30 Janvier 2026 Droit / Emploi By Claire CHERPION, Sustainability Partner &Marie COSTES, SustainabilityDirector, PwCLuxembourg A fter the “Stop-the-clock” di- rective that delayed by two years the CSRD application for wave 2 and 3 companies back in April this year, the European Parlia- ment adopted its negotiating position on the Omnibus I Di- rective on 13 November 2025, which raises thresholds for CSRD and CSDDD, and re- moves mandatory climate transition plans, EU-wide civil liability and the turno- ver-based fines. NowTri- logue negotiations have been completed and the revised texts have been voted on 16 December 2025 finali- sing the full process on the Omnibus package 1. The applicability and actual impact on companies will come into ef- fect only once transposed by each EU member state into national legislation. What changedwithOmnibus I - Higher thresholds formandatory reporting - fewer companies will be required to report under CSRD andCSDDD,andtherewillbelessinformationavail- able for their stakeholders; - Lowerdepthof sustainability informationandsim- plified standards—the availability of ESG data is going to be negatively impacted. This couldmake it more challenging for investors to thoroughly screen andassesssustainabilityrisksandopportunities;and - Removing mandatory climate transition plans might bring immediate relief, but on the other hand leaves companies exposed to unaddressed physical andtransitionalclimaterisksinthemediumandlong term, while investors and stakeholders continue to expect robust climate information. The EU Taxonomy framework is also being up- dated, addingmore regulatoryuncertainty for com- panies preparing 2025 reports. With extended scrutiny and optional deferral, businesses can choose the most suitable reporting framework for the next cycle. If approved, the changes should re- duce administrativeburden, andfirms thatmonitor EU developments and prepare early will be best placed to adapt smoothly. Why you should consider VSME standard TheVoluntarySustainabilityReportingStandardfor SMEs(VSME)istheoptionalreportingstandardrec- ommended by the EU for SMEs, designed to be muchsimplerthantheinitialEuropeanSustainability Reporting Standards (ESRS) with about 150 data- points compared to over 1,000. This newstandard is designedforsmall,medium,andlargerorganisations - Wave 1 and Wave 2 companies under the old thresholds. TheVSME standard is less demanding thanESRS, offering propor- tionatedisclosures tailored to an entity’s size,while supporting the companies to maintain coherent reporting within a framework. Businesses can choose be- tween the basic or comprehensivemod- ule, depending on theirmaturity and the actual level of data required by stakeholders. By adopting VSME, compa- nies of varying sizes can demonstrate responsible business practices, future- proof their operations, and address growing stake- holder expectations for transparency and ac- countability. Ultimately, companies must satisfy the expecta- tions of their stakeholders, particularly as 76% of them rely on reported sustainability information to build trust in the companies they are entering business relationships with. (1) How tomove forward—practical steps 1. Assess readiness: Benchmark your current prac- tices and your peers against given frameworks like VSME. 2. Define yourmaterial topics: Use peer benchmark- ing supplementedbyAI-driven analysis toprioritise issues thatmattermost to your stakeholders. 3. Leverage technology: ESG platforms andAI tools streamline data collection, validation, and reporting, reducingmanualeffort,improvingaccuracyandeffi- ciency. 4. Start small, scale gradually: Begin with essential metrics(energyuse,workforcediversity)andexpand as capabilitiesmature. 5.Trainyourteams:Accuratedatadependsonstrong engagement across functions. 6. Publish voluntarily to demonstrate commitment and accountability. Consider limited assurance on some indicators to strengthen credibility and reduce greenwashing risk. AI + ESG=Competitive advantage We already see organisations are leveraging AI in practical ways to elevate their ESG reporting. These usecasescanbeimplementedindependentlyasyour organisationmatures: -Automatedriskassessment:reviewofreportdetails and draft initial risk assessment documentation, re- ducingmanual effort and improving accuracy; - Data quality control: analyse Greenhouse Gas (GHG) emissions data, flagging anomalies and en- suringdata integrity. Runningpast sustainability re- ports through GenAI tools helps identify potential inconsistencies,supportingcontinuousimprovement and audit readiness; - Streamlined disclosure development: end-to-end disclosure process—from gap analysis to narrative drafting—canbeacceleratedandstandardisedusing AI-driven solutions; and - Stakeholder insights: anticipate stakeholder reac- tionstosustainabilitydisclosures,totailorcommuni- cations and address concerns proactively, especially in a due diligence or transactional context. These capabilitiesmake ESG reporting faster, more reliable, and cost-effective, contributing further to- wards your competitive edge. Regulatory timelines may shift, but ESG reporting remains essential to demonstrate resilience, trans- parency, and long-termvalue. You should continue at your own pace—powered by AI, focused on what really matters and with proportionate stan- dards like VSME. 1)PwCGlobalInvestorSurvey,2024.76%investorssaytheyputmore trustinsustainabilityinformationreportedbythecompaniestheyinvest in or cover if it has been assured Beyond Omnibus: Keep moving, at your own pace and powered byAI Retour d’expérience du Gérant d’un Fonds d’investissement régulé au Luxembourg ParMagPARI,GérantfondateurdeSentzConsulting et Administrateur indépendant de fonds d’investisse- ment régulés U n litige devant une quel- conque juridiction coûte cher à tout justiciable, et quand celui-ci est un fonds d’investissement, son gérant veut connaître précisément les détails du prix à payer jusqu’à résolu- tion finale, ainsi que le contexte juridique et écono- mique objectif. L’avocat vous dira que son prix n’est rien comparé aux coûts d’une décision de justice en sa défaveur, ou par rapport au choix de ne pas intenter d’action quitte à se contenter du statu quo. La valeur en jeu vaut forcément la (les ?) saisine(s) du (des) juge(s), et le temps à y consacrer n’est qu’une douleur qu’il faut savoir encaisser. Le justiciable doit serrer les dents. L’avocat estimeravos chancesde succès selonune lo- gique ressemblant à un feu tricolore : feu vert si les chances de gagner en procédure sont « considéra- bles»,feuorangesil’ontombedanslazoneindistincte du 50/50 (« allons-y, on verra bien » dirait votre conseil), feu rouge si les chances de succès sont « fai- bles ». Remarquezqueni le feuvert ni le feurougene fournissentdedechiffreprécis:ilssuiventl’expérience et l’intuition de l’avocat. L’avocat se fait alors décryp- teur d’un risque, qu’il estime à dire d’expert. Le réviseur d’entreprises aussi appelé l’auditeur ex- terne, lui, vous dira qu’il faut « chiffrer » le litige afin qu’ilpuissefigurerdanslesétatsfinanciers.Cettedette (silapartieestdéfenderesse)aubilanresteéventuelle, etcorrespondàuneprovisionpourlitige,quidoitres- pecterlesprincipesdeprudenceetd’imagefidèle( fair value ) des comptes. Ce chiffrage ne suit pas une mé- thode standard, imposée à tous. Voici l’objet de notre problématique. En tant que gérant d’un fonds SICAR régulé par la Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF),notresociétédegestiondoitfournirànotreré- viseurd’entreprises unmontant et une ex- plication détaillée sur un litige que notre fonds connaît en Espagne, via l’une de ses sociétés locales.Nousdevons appré- cier ce litige pour la valeur que le fonds pourrait gagner ouperdre. Cettevaleur va dépendre non seulement des demandes des parties en présence, mais également des chances de succès des prétentions de chacun. Vous pouvez très bien être le demandeur d’une action en justice et réclamer des dommages- intérêts de 1 million d’euros, si vos chances de succès d’après la juridic- tionsaisie,etledroitapplicable,sont manifestement proches de zéro, votre litige vaut-il le montant que vous alléguez ? Le réviseur vous répondra certainement non,puisilvousdemanderademusclerunpeuvotre analyse (et de rationaliser votre demande). Au-delà, si vous êtes sûr de gagner devant le tribunal, le révi- seur souhaitera s’assurer que vous serez payé. Votre titreexécutoire(ladécisiondejusticeenvotrefaveur) ne vaut que pour autant que la partie perdante est solvable, et qu’elle compte vous payer. Votre procès a pris fin, mais pas votre litige, c’est la question dou- loureuse de la recouvrabilité de votre titre. Dans le cas inverse, si vous faites l’objet d’une action en justice dans laquelle vous êtes le défendeur, et qu’onvousréclame10millionsd’euroscettefois,allez- vous inscrire une provision pour litige d’un tel mon- tant dans votre bilan ? Cette « verrue » risque de donner une image peu reluisante de vos états finan- ciers, alors que cette chargen’est à cette étapequepo- tentielle ou probable. C’est pourquoi une méthode rigoureuse,neutreetobjectives’impose,danstousles cas. Il est indispensable que votre litige fasse l’objet d’une évaluation précise, dont le chiffrage soit étayé et documenté, et qui permette de donner une image fiable, réaliste et durable de vos états financiers. C’est ici que Profile Investment SAS (PI) est précisé- ment venunous aider. Lent, poussif, coûteux et aléatoire : le contentieux des affaires est LA plaie des sociétés de gestion et des fonds. C’est un incroyable point de frustration des « LP » ou investisseurs. PI a rôdé sonmodèle initiale- mentenconsidérantcescoûteuxpointsdecontention sousl’angled’opportunitésd’investissement:eneffet si les points critiques sont objectivement estimés commefaibles,financerlelitigedoits’avérerrentable. Cemode d’investissement, le financement de procé- dures litigieuses par des tiers (Third party litigation funding)connaîtd’ailleursunessorimportantdepuis lafindesannées1990danslespaysdeCommonLaw (Australie, Royaume Uni, États-Unis notamment). C’estainsiquePIs’estdéveloppé:elleaainsiputester etajustersaméthode,aufildetouslesdossiersquilui ont été soumis pour financement et ceux qu’elle a re- tenus. Cemodèle interne bien rôdé, dans un contexte régulé,estmaintenantproposéentantqueconsultant expert en évaluation et valorisationde litiges. Danscertainscas,lerecoursàdessociétéscommePro- fileInvestmentestutilepourtesterleréalismedeshy- pothèses d’appréciation d’un litige retenues et permettre le financement des ressources nécessaires (avocats, experts, témoins) tout en se libérant de ce risque financier considérable. Leurexpertiseenmatièred’évaluationdelitigescom- merciaux dans le cadre du judiciaire comme de l’ar- bitrage international (NDLR : dans les contrats internationaux,l’arbitrageconstituedefaçonpréémi- nenteunealternativeauprocèsjudiciairesoumisaux juridictionsd’unEtatparladésignationd’arbitresque les parties chargent de juger leur différend. Les arbi- tres jouent ici le rôledes jugesdansunprocès. Les ar- bitres rendent une sentence là où des juges rendent un jugement voire un arrêt) m’a convaincu qu’ils pourraient prêter leurs compétences à des fonds qui euxaussi,nécessiteraientl’évaluationpréciseetcomp- table de litiges complexes. PIadéveloppédepuis2009uneméthodepropriétaire, avec son équipe de juristes/avocats et de financiers, quipermetdeplacerunchiffragecorrespondantàdes critères fins et pertinents. Les probabilités de succès ou d’échec devant les juridictions, le droit spécifique applicable dans une matière donnée, le droit positif, la jurisprudence connue, sont autant d’éléments qui viennent renforcer l’analyse du litige. Cet outil déve- loppé pour des fonds régulés au Luxembourg et dé- diés au financement sans recours de litiges a pu être affiné surunnombre considérablede contentieux re- levant de juridictions très variées dans le monde, et m’en est apparud’autant plus crédible. En tant que juriste, je n’ai pas eu l’habitude de voir des quantumsdéterminés encroisant des approches contradictoires, de considérer les points critiques identifiés sur la base de probabilités étayées et docu- mentées,lorsqu’onintenteuneactionenjustice.Toute cette analyse du risque de contentieux se fait dans la têtede l’avocatmandatépar son client. L’avocat peut évidemment expliquer son choix, mais étonnam- ment, il n’en a pas besoin et il ne lui est pas de- mandé de baser son choix sur des critères précis. Peut-on évaluer les chances de succès d’une préten- tion selon la jurisprudence applicable ?A l’évidence oui, c’est de cette manière qu’un juriste peut déter- miner la pertinence des moyens (NDLR : argu- ments de droit et de fait) soulevés par une partie. Mais je n’avais jamais vu personne mettre un chif- frage dessus auparavant, et c’est ce qui a déterminé mon choix de les sélectionner pour nous aider à convaincre notre réviseur d’entreprises. La méthode a fonctionné, nous avons ravi le révi- seur, et notre auditeur a validé l’analyse, après un travail méticuleux de « back-testing », appréciation de l’objectivité de la méthode, disponibilité des in- formations factuelles qui sous-tendent les hypo- thèses retenues pour l’évaluation procurée (mérites juridiques, quantum, recouvrabilité du côté plai- gnant, durée probable par phase). Toutefois,jem’interroge:àl’issuedel’analysedePro- fileInvestment,celitigequiduraitdepuis4ans,nous acoûtébienpluscherqueprévu.Eneffet,aprèsprise de connaissancede l’expertise, nous aurionsdû tran- sigertrèstôt,justeaprèsavoirperduenpremièreins- tance. L’analysedePI révélait sansdétour la faiblesse de nos chances de succès. Aller en appel, attendre l’audience pendant des mois, perdre en appel, pour ensuite intenter un ruineux et ultime recours en cas- sation(quin’atoujourspasétéexaminé,plusd’unan après la saisine !) nous aura coûté 25% plus cher (et surtout nous aura fait perdre plusieurs années). Unfondsd’investissementdecapital-investissement ( private equity ) n’est créé que pour durer 5 à 7 ans maximum, le temps de céder les participations ac- quiseslorsdulancementdufonds.Selancerdansun litigepourunfondsd’investissement,c’estprolonger la vie du fonds, ses frais, et grignoter son rendement (tout enprovoquant l’iredes investisseurs). Tout de- vrait être mis en place pour éviter le litige. Et si PI nous avait trouvé plus tôt, sur leur conseil nous au- rions évité une bagarre dont nous, les gérants du fonds, nous serions bien passé. L’expériencemontre que le décisionnaire doit pren- dre en compte non seulement la lecture juridique puremais aussi l’intérêt économique : face à, une si- tuation contentieuse, comment générer un contexte approprié pour obtenir une résolution, qui peut être transactionnelle, avec une combinaison coût / durée / résultat optimale. External Assessment and Valuation of Litigation (Part 3) : Décider dans la complexité des litiges contractuels, en tant que plaignant ou comme défendeur
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