Agefi Luxembourg - juillet août 2026

AGEFI Luxembourg 28 Juillet / Août 2026 Fonds &Marchés L e Luxembourg Private Equity&Venture Capital Association (LPEA) a tenu sonAssemblée générale annuelle le 17 juin 2026 chez BNP Paribas, à l’occasion de la présentation de son rapport d’activité 2025 et du bilan d’une annéemarquée par une forte dynamique de crois­ sance du secteur du capitalinves­ tissement au Luxembourg. L’association enregistre une progression de 17,4 % de ses membres sur l’année 2025, portant le total à 701 membres en fin d’exercice. Cette croissance s’est tra­ duite par l’arrivée de 104 nouveaux adhérents, dont 39 investisseurs et ges­ tionnaires de fonds, parmi lesquels plu­ sieurs family offices. Cette évolution confirme l’attractivité du Luxembourg comme place forte du private equity et du venture capital. Une stratégie 20252030 structurée autour de trois axes L’année 2025 a également été marquée par le lancement de la nouvelle stratégie quinquennale de l’association. Celleci s’articuleautourde troispiliers : défendre les intérêts du secteur, attirer de nou­ veaux acteurs et renforcer les activités de formation et de mise en réseau. Selon le LPEA, cette feuille de route vise à conso­ lider la compétitivité du Luxembourg face aux évolutions réglementaires euro­ péennes, tout en renforçant sonposition­ nement international auprès des inves­ tisseurs institutionnels et des gestion­ naires de fonds. Un rôle renforcé dans les discussions réglementaires L’association indique avoir intensifié ses actionsdeplaidoyer auniveaunational et européen en 2025. Elle a notamment contribué aux discussions autour de la mise en œuvre de la directive AIFMD II, desévolutionsduprivatedebt,desenjeux liés à l’intelligence artificielle, des obliga­ tions enmatièrede lutte contre leblanchi­ ment et des pratiques de valorisation. Ce travail vise à accompagner les acteurs du marché dans un environnement régle­ mentaire jugé de plus en plus complexe, tout en défendant les intérêts de la place financière luxembourgeoise. Un secteur en transformation Lors de l’assemblée générale, Hind El Gaidi,présidenteduLPEA,asoulignéque l’industrie du private equity évolue dans un contextemarqué à la fois par des défis macroéconomiques et de nouvelles opportunités. Elle a notamment mis en avant l’impact des évolutions géopoli­ tiques, des politiques économiques et de latransformationtechnologiqueaccélérée par l’intelligence artificielle. Selon elle, le Luxembourg continue de renforcer son rôle de hub européen du capitalinvestis­ sement,soutenuparunécosystèmedyna­ mique et en constante adaptation. Une communauté portée par la croissance et les événements Le CEO du LPEA, Stéphane Pesch, a de son côté souligné une année 2025 mar­ quée par la célébrationdes 15 ans de l’as­ sociation, l’élargissement de son rayon­ nement international et la réussite de ses initiativescommunautaires.L’undesévé­ nements phares, la conférence LPEA Insights, a réuni plus de 1 300 partici­ pants, illustrant l’ampleur croissante de l’écosystème luxembourgeois du private equity et du venture capital. Renouvellement du conseil d’administration L’assembléegénéraleaégalementprocédé au renouvellement d’un tiers du conseil d’administration de 30 membres. Dix représentants de sociétés de gestion et d’investisseursontétéreconduitsounou­ vellementélus,parmilesquelsdesacteurs majeurs tels qu’Advent International, Blackstone, EQT, CVC, Carlyle ou encore la Banque européenne d’investissement via l’EIF. Cette gouvernance renouvelée reflète la diversité des acteurs du private equity présents au Luxembourg et leur implication dans le développement de l’écosystème local. Avec 702 membres au 18 juin 2026, le LPEAconfirme la croissance continue du secteur du capitalinvestissement au Luxembourg. L’association réaffirme son rôle de plateforme de représentation, de dialogue et de développement pour les professionnelsduprivateequityetduven­ turecapital,toutenpoursuivantsonobjec­ tifdepromotioninternationaledelaplace financière luxembourgeoise. Assemblée générale annuelle de Luxembourg Private Equity & Venture Capital Association (LPEA) Le private equity luxembourgeois poursuit sa croissance ©LPEA By Marceau VISANO , DLA Piper & Robin LEDOUX , Cochair of the Market Practice & OperationsCluster–Digital&Technology,onbehalf of the LPEAMarket Practice&Operations Digital &TechnologyCommittee A s digital assetsmove fromex­ perimentation to institu­ tional execution, Luxembourg is positioning it­ self at the forefront of crypto and DeFi fund structuring. Newregu­ latory clarity, combinedwith the Luxembourg established fund eco­ system, is enablingmanagers to bridge the gapbetween traditional finance anddecentralized finance— creating fresh opportunities for investors and sponsors alike, while raising newques­ tions around regulation, custody, valuation and operational risk. DeFi creates newmarkets toborrow, lend, and trade digital assets in seconds, directly on the blockchain, unlockingdeep instant liquidityandyieldopportu­ nities. Stablecoin volume has accelerated dramati­ cally since the passage of the GENIUS Act, with quarterly transfer volumes surpassing $5 trillion. Banks are issuing stablecoins while asset managers tokenize funds and realworld assets and major players such a BlackRock, Fidelity or J.P. Morgan have embraced the change. From a legal perspective, Luxembourg offers a well known toolbox already and suited to digital­ asset strategies through the special limitedpartner­ ship (SLP) as a taxtransparent vehicle or the corporate partnership limited by shares (SCA) as a taxopaque option for the legal forms and the specialized investment fund (SIF) as a regulated regime and the reserved alternative investment fund (RAIF) as an unregulated alternative for the fund regimes. On the management side, both the authorised Alternative Investment Fund Manager (AIFM) and the registered AIFM (for subthreshold managers) provide the necessary flexibility for all projects. On the regulatory aspects, the CSSF has considerablywiden the scope of the funds: UCITS are now allowed indirect exposure to cryptoassets, up to 10% of NAV and to hold e­ MoneyTokens (EMTs) as ancillary assets, up to 20% of net assets (solely for the purpose of process­ ing subscriptions or redemptions). AIFs managed by authorised AIFMs may invest both directly (having a specific license) and indirectly in cryptoassets up to 100% of their NAV, provided themanager holds the appropriate licence. Retail AIFs (not reserved for wellinformed in­ vestors) are limited to 10%ofNAV in cryptoassets. Another important item is on the custodian front, Luxembourg allows custodian to be different en­ tity from the depositary so that the custody is pro­ vided by a custodian compliant with MiCAR authorisation and notification requirements. Fund structuring for crypto and DeFi strategies raises specific tax considerations requiring careful attention early on. The type of investment strategy pursued –VC like, staking, lending, marketmaking or yield farming, commercialactivity characterization of the vehicle, DAC6 reporting obligations and taxtransparency treatment (investor jurisdiction, expected income) must all be assessed to determine the applicable tax treatment of income flows and gainswithin the Luxembourg fund vehicle and for the LPs. Digital assets carry unique operational attributes— 24/7trading,multivenueexecutionatglobalscale,ir­ reversibilityoftransactions,privatekeymanagement, specific value drivers, onchain settlement and peer­ topeertransactions—eachcreatingrisksthatmustbe carefullymitigated. Fundmanagersmustdemonstrategenuineexpertise with fund obligations and digital assets and internal controlsmust be adequately built to address the spe­ cific risks attached todigital assets (riskmanagement frameworks, outsourcing arrangements). Luxembourg is well positioned to serve as the Euro­ peanhubforcryptoandDeFifundstructuring.While the ecosystem remains early and operationally com­ plex, formanagers able to bridge the gap, the oppor­ tunity is significant. Crypto Funds, DeFi Funds: Legal, Operational and Tax Considerations P wCLuxembourg a publié la 11 e éditionde sonObservatory forMa­ nagement Companies, qui dresse un état des lieux détaillé dumarché des sociétés de gestion (ManCos) auLuxem­ bourg. Le secteur confirme sa dyna­ mique de croissance avec des actifs sous gestion (AuM) at­ teignant 6 313milliards d’eu­ ros, enhausse de 7,8%sur un an, dans un environnement marqué par la transformation réglementaire et l’accélération de la digitalisation. Selon Laurent Butticè (cf. portrait), Management Company Leader et Audit Partner chez PwC Luxembourg, cette évolution reflète la résilience du secteur dans un contexte de plus en plus exigeant. Il souligne que les ManCos entrent dans une nouvelle phase de développement, où la croissance devra s’accom­ pagner d’une capacité renforcée à innover, à amé­ liorer la gouvernance et à développer les compé­ tences nécessaires pour soutenir la transfor­ mation dumarché. L’étude, basée sur 65 participants représen­ tant la majorité des actifs du secteur, confirme également la place centrale du Luxembourg comme principal hub européen des ManCos, accueillant environ 35 % des actifs de fonds domiciliés dans l’Union européenne. Ellemet en évidence unmarché en mutation,portéàlafoisparlacrois­ sance des actifs, la spécialisation des acteurs et l’adoption accélé­ rée des technologies digitales. Une croissance solide dans un environnement complexe Le marché des ManCos luxembourgeoises conti­ nue d’afficher une progression robuste, soutenue par les flux nets et la performance des marchés financiers. Les actifs alternatifs poursuivent leur développement, confirmant l’attractivité du Luxembourg pour les stratégies d’investissement complexes et les structures de gestion spécialisées. Dans ce contexte, les modèles opérationnels évo­ luent vers davantage d’externalisation et de flexibi­ lité. LesManCos tierces gèrent désormais 19%des actifs, illustrant une tendance structurelle à la spé­ cialisation et à l’optimisation des ressources. Gouvernance et exigences réglementaires renforcées Le rapport souligne également un renforcement continu des exigences en matière de gouvernance. La part des administrateurs indépendants atteint 29%, traduisant unemontée enpuissance des stan­ dards de supervision et de contrôle au niveau des conseils d’administration. La valorisation des actifs, en particulier les instru­ ments complexes, reste unpoint d’attentionmajeur. De nombreuses ManCos renforcent leurs disposi­ tifs en recourant à des prestataires spécialisés afin de garantir davantage de robustesse et de transpa­ rence. Par ailleurs, le développement des réseaux internationaux de succursales se poursuit afin de soutenir les activités commerciales et la proximité avec les investisseurs. Accélérationde la transformationdigitale La digitalisation s’impose désormais comme un pilier stratégique du secteur. 92 % des participants déclarent investir dans la transformation digitale, avec une attentionparticulière portée au cloud, à la gestion des données et à la conformité réglemen­ taire. L’intelligence artificielle gagne également du terraindans les fonctions de conformité, de gestion des risques et d’interaction client. Toutefois, les défis liés à la qualité des données, aux compétences et à la gouvernance technologique restent importants et freinent encore certaines initiatives. Un secteur en évolution structurelle Le baromètrePwC2026met en évidenceun secteur en transition, où la croissance des actifs s’accom­ pagne d’une complexification des modèles de ges­ tion. Le Luxembourg confirme son rôle de place centrale pour les ManCos européennes, tout en voyant émerger des modèles plus spécialisés et technologiquement avancés. Dans ce contexte, la capacité des acteurs à concilier innovation, confor­ mité et efficacité opérationnelle apparaît comme un facteur clé de compétitivité pour les années à venir. Les ManCos affichent une forte croissance au Luxembourg

RkJQdWJsaXNoZXIy Nzk5MDI=