Agefi Luxembourg - octobre 2026
AGEFI Luxembourg 22 Octobre 2026 Marchés &Wealth By Guy ERTZ, Chief Investment Advisor, BGL BNPParibas DeputyGlobal CIO, BNPParibas I n June, at his first FOMC (Fed eral Open Market Committee) meeting as chair, Kevin Warsh announced the creation of a series of task forces; one of them will re view forward guidance, the Summary of Economic Pro jections, and the Fed’s broader communication strategy. Financial markets and in particular bond mar kets have experienced heightened volatility in re cent months. To some extent, this can be related to this issue. Central bank communication is often regarded as an art. Nelson Edward (2021) offers interest ing insights on the emergence of forward Guidance as a Monetary policy tool (1) . The author defines forward guidance as “the issuance by a central bank of public statements concerning the likely future settings of its policy instruments ». He sees two key arguments to use a form of forward guidance: (1) long term rates are a key driver of global demand and (2) these rates are highly sensitive to the expectations of future short term rates. Guiding markets by explicitly referring to the likely future path of monetary policy would thus be seen as a monetary policy tool. Following the author, the first notable occa sions of explicit “forward looking’’ remarks by a Fed chair were in the 1970s (Arthur Burns in 1974 and Paul Volcker in 1982). Indeed, they provided more explicit guid ance regarding the path of short term rates. The effectiveness of forward guidance was particularly high after the great financial crisis in 2008. The monetary authorities brought thepolicy rate close to zero which is considered as the lower bound. This was a major constraint as the policy rate is themain policy tool. The Fed opted to use explicitly forward guid ance by signaling an extended period of zero interest rate policy. The idea being that if the pol icy commitment is credible, longterm interest rates would fall in anticipation of a long period of low policy rates. That would help the economy to recover after the announcement. Together with the quantita tive easing program (government bond purchas es) those “unconventional” monetary policy tools played a key role in quickly bringing down longterm rates (bond yields) and stabilize infla tion expectations. Beyond forward guidance There are clear drawbacks to using forward guidance. In a recent speech (2) Governor Christoph J. Waller mentioned that “forward guidance can impair policy transmission if the guidance is too strong or rigid”. Such a guidance is also problematic when “there are potentially different economic scenarios confronting poli cymakers, each with a significant probability of occurring and requiring different policy paths”. There is a clear argument that the benefits of using forward guidance are the greatest when conventional monetary policy tools lose their efficiency. This was the case in 2008 when the policy rate was close to zero. The interest rate should however remain the pri mary tool of monetary policy with reference to the policy rule to link decisions to the dual man date of the Fed (maximum employment and price stability). In his speech at the Jackson Hole meeting, Kevin Warsh clearly suggested his intention to move away from forward guidance and to focus on the conventional rate policy. In the current uncertain environment, the Fed communication remains a key additional tool, especially regarding the summary of economic forecast and the socalled dot plot. Indeed, all the voting members of the Federal Reserve Bank give their economic growth, inflation and unemployment forecasts and these are pub lished using the median values. That is the so called “Summary of economic forecast”. The dot plot is simply a series of dots that represent individual projections for the policy rate (Fed fund rate) for each voting member. This infor mation is very helpful for markets as it gives an overview of the opinion of the voting members and thus of the probability of a vote for a hike or cut in the future. At the last Fed meeting in September, The Fed chairman did not provide a personal projection in the Summary of Economic Projections, under scoring his unwillingness to pre announce future rate moves. As suggested in the seminal article by Kydland and Prescott (1977) (3) a rulebased approach is key to align expectations with outcomes, which is essential for centralbank credibility. In the cur rent environment, it makes sense to stop using explicit forward guidance, but there are good reasons for the Fed to continue publishing the Summary of Economic Projections and main taining its dot plots. 1) Nelson, Edward (2021). “The Emergence of Forward Guidance As a Monetary Policy Tool,” Finance and Economics Discussion Series 2021033. Washington: Board of Governors of the Federal Reserve System. 2) Christoph J. Waller (2026), “Two Thoughts on the Transmission of Monetary Policy”, Federal Reserve Bank, Speech July 6th. 3) Finn E. Kydland and Edward C. Prescott (1977), “Rules Rather than Discretion: The Inconsistency of Optimal Plans”, Journal of Political Economy, Vol. 85, No. 3 (June, 1977), pp. 473492. Why Targeted Communication is Essential for the Federal Reserve Par Antonio GENTILE, Senior Investment Advisor, Edmond de Rothschild (Europe) D ansmoins d’unmois, lesAmé ricains seront de nouveau appe lés à voter lors des élections de mimandat. Les enjeux pour l’avenir sont importants : non seulement la politique intérieuremais égale ment les tarifs douaniers, le défi cit public fédéral, la politique étrangère ainsi que la capacité de l’AdministrationTrump à pour suivre sonprogramme de dérégu lation, seront tributaires des résultats des élections. Al’heure actuelle, les marchés anticipent principa lement un scénario de cohabitation, à savoir un Congrès divisé, avec uneChambredémocrate et un Sénat républicain. Avec une probabilité inférieure, suit le scénario d’un Congrès entièrement démo crate. Enfin, une victoire républicaine ne peut évi demment pas encore être écartée. Afin d’aborder notre vision des marchés et les implications concrètes des élections, parcourons d’abord la si tuation politicoéconomique aux ÉtatsUnis ainsi que les enseignements issus du passé. Situationpoliticoéconomique aux ÉtatsUnis Le 3 novembre, l’Amérique retourne aux urnes. Ces élections feront office de premier grand refe rendum sur le second mandat de Donald Trump. Ace jour, le consensus dumarché est assez clair : la cohabitation ou la paralysie de l’exécutif. Dans le premier scénario, le congrès est divisé (Chambre démocrate, Sénat républicain). Dans le second, nous aurions deux chambres démocrates face à l’administration républicaine. Ces derniers temps, en effet, la situation s’est dégradée pour le camp républicain. L’inflationrefait surface, le conflit avec l’Iran n’est pas encore résoluet lespolitiques com mercialeetmigratoiredeTrumpperdent en popularité. Historiquement, les « Mid terms » sont défavorables au Président en exercice, les électeurs étant souvent déçus par l’écart entre les promesses électorales et la réalité des faits. D’un point de vue économique, si l’écono mie américaine reste résiliente, notamment en raisonducycled’investissements technologiques sans précédent, les ménages américains doivent faire face à deux vents contraires : des taux hypo thécaires élevés ainsi quedesprixélevésde l’énergie. Le taux d’un crédit hypothécaire à 30 ans amainte nant franchi la barre des 7% chez l’Oncle Samalors que le prix d’un gallon d’essence vaut actuellement environ4,4USD, soit environ1EURle litre.Unpay sage bien différent de celui promis lors de la campagne électorale d’il y a deux ans. Les enseignements dupassé La première constatation est qu’historique ment, les marchés aux ÉtatsUnis sont peu in fluencés par les éléments politiques, et davantage par les fondamentaux micro et macroéconomiques. En effet, notre analyse des élections de mimandat depuis 1970, illustre que quelle que soit l’issue des élections, le marché actions a toujours affiché une per formance positive six mois après cellesci, ainsi qu’une surperfor mance relativement aux années sans élection de mimandat. Les incertitudes liées à ce scrutin engen drent néanmoins, une certaine dose de volatilité au tour de cellesci. Les mois précédents l’élection sont généralement faibles, enmoyenne légèrement néga tifs, pour les actions américaines et ce, en raison d’une prime de risque liée à l’incertitude. La situation s’inversedonc pleinement après les élec tionsavec100%deperformancepositivedepuis1970 et unemoyenne de rendement de 13.2%endéans les 6 mois qui suivent les élections et ce, indépendam ment du parti vainqueur. Lorsque nous comparons l’année 2026 à cet historique, il y a toutefois rupture avecceschéma.Eneffet,à1moisdesélections,leS&P est enhaussed’environ+12%depuis ledébut de l’an néeetde+14%surunanglissant,alorsqu’historique ment il affichait une légère baisse à l’approche des élections demimandat. Lemarchéobligatairesuitunelogiquesimilairemais moins marquée. Historiquement, nous observons une baisse des rendements avant l’élection et une haussemodérée ensuite. 2026 fait néanmoins excep tion puisque les rendements des obligations d’Etat américainà10ans ont sensiblement progressé, fran chissant la barre des 5%, reflétant la crainte des in vestisseurs sur la trajectoire des finances publiques mais aussi sur la crédibilité de la politique écono mique américaine, devenue plus incertaine sous la présidence de Trump. Cette tendance est contraire aux tendances observées depuis 1970. Audelà des observations historiques, quatre fac teurs devront principalement être surveillés : l’im pact inflationniste de la guerre en Iran, la trajectoire des taux de la Fed, le cycle d’investissements dans l’Intelligence Artificielle, ainsi que l’évolution du budget américain. Notre vision des marchés dans ce contexte électoral En général, le contexte macroéconomique l’emporte surlerésultatélectoraldansladéterminationdesper formancesdeWallStreet.Lesplusmauvaisesannées postMid terms ont toutes été provoquées par des chocs macroéconomiques exogènes comme la crise financière de 2008 et la crise de la dette souveraine européenne de 2011, et nonpar le résultat des urnes. Par ailleurs, la situation de 2026 est peu comparable à l’histoire, avec des rendements boursiers du S&P 500excellentsenraisondelaperformancedusecteur technologique. Représentant prèsde40%de l’indice américain, un niveau historiquement élevé, ce sec teurestleprincipalmoteurdelaperformancedel’in dice en 2026. La volonté démocrate de limiter l’expansion des centres de données constitue un risque pour le secteur technologique même s’il convient de le nuancer, car ce type de décision se prend localement et non au niveau fédéral. Par ailleurs, il est tout à fait possible que les élus démocrates ne compromettent pas le développe ment des infrastructures technologiques américaines (au nom de la baisse de la fac ture énergétique des ménages) mais pour raient en revanche soutenir le développe ment des énergies renouvelables pour faire baisser la facture énergétique desménages. Il est donc peuprobable que les élections de mimandat sonnent la fin de la récréation pour le secteur technologique américain. A noter également que d’un point de vue sectoriel, les valeurs cycliques surperfor ment l’indice après les élections de mi mandat, avec en tête, le secteur technolo giquemais aussi les industrielles dans une moindre mesure. Le marché actions devrait donc poursuivre sur sa lancée après les élections.Aplus long terme, les perspectives restent moins prévi sibles et notamment tributaires des fondamentaux économiques et de la stratégie politique adoptée à l’avenir par les deux partis. Par ailleurs, à l’approche des élections, le président Trump pourrait adopter desmesures dopant la popularité des Républicains. Nous pensons donc que les fondamentaux écono miques sont suffisamment solides pour maintenir une vue positive sur lesmarchés actions. Le facteur politique ne semble pas constituer un facteur majeur en mesure de faire dérailler la ten dance haussière actuelle.Anoter qu’un gouverne ment de cohabitation a historiquement été porteur. Depuis 1950, un gouvernement de cohabitation – en particulier avec un président républicain – s’est traduit par une hausse de 16.7% des places bour sières américaines six mois après le scrutin. Nous recommandonsmalgré tout une saine diversifica tion sectorielle. Sur le plan obligataire, nous observons également une disparité en 2026. Historiquement, les rende ments obligataires baissent à l’approche des « Mid Terms ». En 2026, toutefois, ils sont occupés à grim per sous la pression de l’impact inflationniste de la guerre en Iran, de la trajectoire des taux de la Réserve Fédérale, de la trajectoire budgétaire amé ricaine ainsi que du cycle des dépenses d’investis sement dans l’intelligence artificielle. Quels secteurs sont à privilégier ou à risque en cas de victoire démocrate ? Dans l’hypothèse d’une victoire démocrate, les secteurs suivants devraient être en mesure d’en bénéficier : La technologie sur faiblesse avant les élections, étant donné la poursuite probable des investisse ments dans l’IA Lesénergiespropresaveclathématiquedudévelop pement durable prôné par lesDémocrates Laconsommationdebaseavecdesmesuressociales plus importantes potentiellement votées Les infrastructures domestiques avec la volonté des Démocrates d’améliorer la qualité de vie notamment de l’électorat urbain Al’inverse,lessecteurssusceptiblesdepâtird’unevic toire démocrate sont les suivants : Energies fossiles : une défaite républicaine pourrait rimer avec politique environnementale plus stricte Banques exposées aux fusions et acquisitions : dur cissement possible des contrôles antitrust pouvant freiner les opérations de fusion et acquisition Défense : un ralentissement de la croissance des dé penses pourrait survenir Cryptomonnaies : une victoire démocrate pourrait signifier règlementationplus stricte en lamatière Conclusion D’une manière générale, nous estimons que les fon damentaux économiques américains sont suffisam mentsolidespourmaintenirnotrevuepositivesurles marchés actions. S’il est vrai que le facteur politique peutêtresourcedevolatilitéàcourtterme,ilnerepré sentepasàcestadeunélémentmajeursusceptiblede remettre en cause ladynamique haussière des places boursières à moyen terme. Les obligations sont, ce pendant, sous pression, en raison du niveau de la dette,dudéficitbudgétairemaisaussidelafortecrois sance économique, et il est peuprobable qu’un chan gement de Congrès puisse modifier cette donne très prochainement. Les élections de mi-mandat approchent à grand pas, quels impacts potentiels pour les marchés ? Trajectoire duS&P 500 autour de neuf élections demimandat depuis 1970 (indice rebasé à 100, douze mois avant lʹélection), comparée au cycle 2026 Source :EdmonddeRotschild,Bloomberg
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Nzk5MDI=