Agefi Luxembourg - juin 2026
AGEFI Luxembourg 2 Juin 2026 Économie & Banques SOMMAIRE t Économie & Banques « Ensemble. Pour tous. Pour le Luxembourg. Pour l’avenir » (Discours sur l’État de la Nation du Premier minis tre Luc Frieden) p.1 et 5 Les fonds luxembourgeois franchissent de nouveaux records (ALFI) p.1 et 4 Marché pétrolier : “the clock is tiking!” (Philippe LEDENT, ING) p.2 « L’Europe doit éviter les freins à sa compétitivité » (GillesRothauxréunionsEurogroupeetECOFIN) p.4 Bruxelles pousse le Luxembourg à accélérer ses réformes économiques et sociales (Commission européenne) p.4 Bruxelles ajuste les règles des banques européennes (Commission européenne) p.6 Luxembourg, (becoming) the smartway intoEurope (EY Survey) p.6 Résultats trimestriels : en apesanteur (Pierre PINCEMAILLE, DNCAInvestments) p.7 La BCE relève ses taux (Reuters) p.7 L’économiemondialeresterésilientemalgrélestensions (Guy WAGNER, BLI Banque de Luxembourg Investments) p.8 Naviguer dans un paysage mondial redessiné (Conférence Deloitte et Elvinger Hoss Prussen) p.8 Le nombre demillionnaires progresse fortement au Luxembourg (Capgemini Research Institute) p.8 Close the gap. Get ready for the EUAML transfor mation (Michael WEIS, Birgit GOLDAK, Cécile MOSER, PwC) p.9 Luxembourg and Kazakhstan strengthen their economic ties (RomanVASSILENKO,Ambassadorof Kazakhstan) p.10 Le Luxembourg et les Émirats renforcent leurs liens (ministèredesAffairesétrangèreseteuropéennes) p.10 Accord tripartite : Le Luxembourg déploie un plan d’urgence face à la crise énergétique (Resilienzpak Gouvernement) p.11 AntiCorruption Directive: a newEuropean FCPA? (Nessym Jules TIR, Wolff & Partners) p.12 Bruxelles et Luxembourg alignent leurs priorités européennes (Michael McGRATH, commissaire européen au Luxembourg) p.12 Luxembourg et Suisse renforcent leur coopération financière (ministère des Finances) p.12 La monnaie dans la fureur du monde (BrunoCOLMANT,AcadémieroyaledeBelgique) p.13 Des droits de douane… au droit de passage (Note de conjoncture 126 du STATEC) p.13 NavigatingLuxembourg’s newthirdcountry branch regime Key changes and practical implications (Laurent MASSINON, Katerina CHALKA, Herbert Smith Freehills Kramer) p.14 Le Luxembourg renforce son leadership en finance climatique (ministère de l’Environnement) p.14 L’entreprise familiale face à la révolution technicienne (François DORLAND, BOARDS) p.15 Énergie abondante, métaux et terres rares, les incon tournables des systèmes électriques (JeanPierre SCHAEKEN WILLEMAERS, Institut ThomasMore) p.16 L’AIE salue les progrès du Luxembourg dans sa transition énergétique (ministère de l’Économie) p.16 Le capitalisme rouge (Philippe JOTTARD, Ambas sadeur honoraire de Belgique) p.17 Central Asia: From Transit Corridor to Investment Destination The NewGeography of Capital: Why KazakhstanMatters (Renat BEKTUROV, Governor of the Astana International Financial Centre) p.17 Du prix Charlemagne à la défense de l’Europe, par les Européens ! (JeanMARSIA, Société européenne de défense AISBL S€D) p.18 t Fonds & Marchés Le modèle Evergreen redéfinit le Private Equity (Alexandre SICLET, ODDO BHFAM) p.19 La Bourse de Luxembourg réunit les acteurs de la finance p.19 Détroit d’Ormuz : pourquoi les marchés refusent encore de paniquer (Candriam) p.20 Actions japonaises, une diversification redevenue stratégique ? (Kévin NET, LFDE) p.20 L’IPO record de SpaceX vient tester la confiance du marché (UBP) p.20 CSSF onsite inspections: How to prepare for them and navigate them effectively (Daniel PETSCH, Hoa LE,Arendt) p.21 YouWanted Rate Cuts, You’ll Get Hikes (Derek RUSSELL, iBanFirst) p.21 FASTER Directive: a real but partial win for Luxem bourgfunds (JeanKIZITO, KPMG) p.22 Mixed developments in the US economy recently (Andrei RADULESCU, Macroéconomiste) p.22 AI is not the new dotcom bubble (MonicaDEFEND,AmundiInvestmentInstitute) p.23 From AI exits to strategic resilience: How venture capital is being reindustrialized (Géraldine CANETTE, Laurent CAPOLAGHI, Vincent RIETSCH, EY) p.23 The Fed’s 1970s ghost is back (BrunoCOLMANT,RoyalAcademyofBelgium) p.24 Fromcompliance to governance: Liquiditymanage ment tools under AIFMD 2 and UCITS 6 (Piotr GIEMZAPOPOWSKI, Allison NORIE, XavierMANGEARD, Samuel BORALEVIMERLE, Arendt &Medernach) p.24 Crise ou résilience ? Les marchés à l’épreuve (DianaDIELS, Luxembourg For FamilyOffice) p.25 La course à la longévité (ChristopherDEMBIK,PictetAssetManagement) p.26 Involvement of external support in the portfolio management of Luxembourg IFMs (Frank van KUljK, Michael DAEMGEN, Loyens &Loeff) p.26 When Does a Redemption Request Become a Re demption Right? Rethinking OpenEndedness under AIFMD 2 (SebastiaanHOOGHIEMSTRA,Loyens&Loeff) p.27 Leprivate equity freinépar les turbulences demarché (Rapport Bain & Company) p.27 CSRDand SFDR: HeadtoHead:ATwoSpeedRace for European Competitiveness (Leïla KAMARA, KamaraAdvisory) p.28 «Aprèsmoi ledéluge » : l’ESGface au stress hydrique (Candice BOCLÉ, Mandarine Gestion) p.28 Howtaxreformintersectswithinfrastructureinvesting (ZeeshanAHMED, Murat BAYINDIR, EY) p.29 Unlocking Growth: How Fund Administrators Empower Asset Managers in the Evolving UCITS ETFMarket (Whitepaper Citi, Deloitte) p.29 The coming intelligence war: Why China treats the human mind as strategic infrastructure (BrunoCOLMANT,RoyalAcademyofBelgium) p.30 Gouvernance familiale : anticiper pour préserver l’essentiel (Julien BELLONY, Guillaume ROUX, Alice de La ROCHEFOUCAULD, Edmond de Rothschild) p.30 Le Luxembourg célèbre l’innovation technologique du Private Equity (LPEA) p.31 Le capitalrisque européen sous pression (Etude Université du Luxembourg) p.31 La dette d’infrastructure en mutation : nouvelle dynamique, exigences accrues (MatthewNORMAN,AllianzGlobalInvestors) p.32 t Emploi & Formations Le lien de subordination à l’épreuve du détache ment transnational (Nathalie BOSQUET, Castegnaro Ius Laboris) p.33 When the Career That Defined You Ends: Rebuild Purpose, Positioning and Impact (Gabriela NGUYENGROZA, Amrop) p.34 HEC Liège lance deux masters face aux pénuries et transitions p.34 Le dirigeant qui ne sait pas ce qu’il ne sait pas (Caroline LAMBOLEY) p.35 L’IA face à son véritable adversaire : la certitude managériale (Renaud BARBIER, Osons) p.36 La langue française à l’épreuve de la finance (Dominique de la BARRE, LaNouvelle Ligne) p.36 Affaire TellusTaxAdvisory : Les divergences de trai tement TVA entre États membres peuventelles li miter le droit à déduction ? (Quentin WARSCOTTE, Justine LANNI, Valentine PESCE, KPMG) p.37 Les acteurs de l’immobilier confiants auLuxembourg (Etude LuxReal) p.37 TVAet prix de transfert : une clarification très atten due de la Cour de justice de l’UE (Cédric TUSSIOT, Tomas PAPOUSEK, Michel LAMBION, Deloitte) p.38 LeLuxembourgrenforcesonattractivitéévénementielle (ministère de l’Économie) p.38 Le système de pensions et l’Union de l’Épargne et des Investissements en Europe : Comment renforcer le Marché des Capitaux européen ? (Roger H. HARTMANN, EFPALuxembourg) p.39 Amare Ecclesiam : Quand foi, droit et diplomatie se rencontrent (Essai deWilliamLindsay SIMPSON) p.39 L’IAgagneduterraindansl’industrieluxembourgeoise (FEDIL,LuxembourgAIFactory,Luxinnovation) p.40 t Innovation Fit 4 Start : toujours plus pour les startups (Luxinnovation) p.40 t IA & Tech CADA:Anewproposal for digital sovereignty rules in the EU? (Vincent WELLENS, Ottavio COVOLO, NautaDutilhAvocats) p.42 Luxembourg confirme son statut de hub européen de l’innovation (Nexus) p.42 Privacy Debt: The Hidden Liability That AI Deals Cannot Afford to Ignore (Pascal HERNALSTEEN, Neha PAREKH) p.43 ManagingAI Specific Risks in the Spirit of the EUAI Act (Abdelhay TOUDMA, Johann LOBO, EY) p.44 MON5 remporte la StartupWorldCupLuxembourg 2026 (EY) p.44 Ce que l’IAdemande vraiment aux dirigeants ? Gou vernance,donnéesetopérations(SitrakaFORLER) p.45 Comment les investisseurs perçoiventils l’IA? (Enquête Janus Henderson Investors) p.45 Digitalisation financière : comment les entreprises gagnent en agilité (Jérôme TAILLEUR, Horus Software) p.46 Investir dans la technologie et l’IA : des occasions à saisir dans un paysage en rapide évolution (Pamela HEGARTY, Derek GLYNN, BNP Paribas AM) p.46 Intelligence artificielle : la fin de l’euphorie, le début du tri (Pavel ERMOLINE, Moonfare) p.47 Trêve de cérémonies : repensez votre structure organisationnelle grâce à l’IA agentique (Claus JEPSEN, Unit4) p.47 t Leadership, Influence p.32 t Nominations p.41 Par Philippe LEDENT, Senior Economist, ING BelgiqueLuxembourg A vant le conflit auMoyenOrient, leDétroit d’Ormuz voyait passer l’équivalent de 20millions de barils par jour (de pétrole et de produits raffinés), alors que le marchémondial représente quelques 105millions de ba rils par jour. Autrement dit, l’économiemondiale ne peut pas résister à une telle perte. Or, si le prix dupétrole a certes grimpé depuis le début du conflit, la hausse est restée conte nue relativement au choc subi. Par le passé, des déséquilibresmoins im portants dumarché ont entrainé des hausses bienplus importante duprix dubaril. Com ment l’expliquer ? Plusieurs facteurs ont en fait permis d’éviter un scé nario catastrophe jusqu’ici : tout d’abord, une partie de la production, notamment de l’Arabie Saoudite, a puêtredétournéeparpipelineverslaMerRouge. De plus, bien que les informations en la matière soient très lacunaires, le Détroit d’Ormuz n’a pas toujours été totalement hermétique à la circulationde navires. Concrètement, il devient de plus en plus difficile de surveiller les flux en provenance du Golfe per sique, car de plus en plus de navires coupent leurs transpondeurs afind’éviter d’être détectés par l’Iran et/ou les ÉtatsUnis. Néanmoins, sur base des données de stocks flottants de pétrole et de produits raffinés, on peut estimer que des fluxd’environ2,1millionsdebarilspar jour ont traversé le détroit d’Ormuz. En outre, même si le blocus américain s’avère efficace, l’Iran dispose de pétrole stocké en mer en dehors du Golfe persique et du golfe d’Oman, et peut donc s’appuyer sur ces volumes durant le blocus pour maintenir son offre sur le mar ché pétrolier. Il est aussi important de rap peler qu’avant la guerre, les stocks mondiaux de pétrole étaient importants, cequi a rassuré lemarché, d’autant plus qu’avant le conflit, beaucoup tablaient sur un excé dentdeproductiond’environ3millionsdebarilspar jour au deuxième trimestre (certains estimaient mêmeunsurplusplusélevé),cequiafourniuncous sin supplémentaire. Depuis le début du conflit, l’offre et la demande ont encore évolué.Auniveaude l’offre, lesÉtatsUnis ont fortement accru leurs exportations. Elles sont en hausse d’environ 2millions de barils par jour en glis sement annuel depuis le début de la guerre. Au niveaudelademande,ilfautsoulignerleretraitagres sif de la Chine du marché : si l’on considère unique ment les importations maritimes chinoises, elles ont reculé de 2,9millions de barils par jour en glissement annuel en avril, puis d’environ 3,3 millions de barils par jour enmai. Plus globalement, la demande finale a joué un rôle important : la demande du deuxième trimestre est estimée en baisse d’environ 2,5 millions de barils par jour sur un an, soit 3 millions de barils par jour demoins que les estimations d’avantguerre. L’ensemble de ces facteurs n’a cependant pas suffi à effacer le choc que représente la guerre au Moyen Orient.Lemondepuisedoncdanssesréserves,àhau teurde5à6millionsdebarilspar jour, et c’est la com binaison des facteurs énoncés cidessus ET de l’utili sationdesréservesquia,jusqu’ici,largementlimitéla pressionhaussière sur lemarché. Stabilité temporaire Bien entendu, l’équilibre précaire dumarché a forcé ment un caractère temporaire : les estimations sug gèrent que l’Iran dispose d’environ 80 millions de barils de pétrole hors de portée dublocus américain. Au rythme d’avantguerre des exportations, ce pétrole permettrait à l’Irandemaintenir ses exporta tions de pétrole durant environ deux mois, ce qui suggèrequesiriennechange,cestockdel’Iranserait épuisé en juillet. Au niveau des stock mondiaux, le constatestidentique:lemarchéseraitplusvulnérable au troisième trimestre. En théorie, la libération actuelle de la réserve stratégique américaine devrait prendre fin vers la fin juillet (172 millions de barils devaient être libérés sur une période de 120 jours à partir de la finmars). En outre, si nous continuons à puiser dans les stocks mondiaux à un rythme de 5 à 6millionsdebarilspar jour, alorsd’ici la fin juillet, les stocksmondiauxobservés tomberont sous lespoints bas observés en 2022. Et après ? Onl’auracompris,ilesttempsqu’unaccordsoitsigné ETappliqué.Adéfaut,ilfauts’attendreàdespressions àlahaussebeaucoupplusfortesurlesprixdupétrole etdugazàpartirdumoisdejuillet.Maissoyonsclairs aussi sur le fait que l’hypothétique réouverture du Détroitnesignifieranéanmoinspaslafindestensions. Biensur,dansunpremiertemps,lesoulagementsus cité par un accord ferait temporairement chuter les prix.Maispratiquement,mêmesiledétroitd’Ormuz rouvre rapidement, le redémarrage de la production en amont sera unprocessus long. Récemment, le Koweït a déclaré qu’il lui faudrait 6 à 8 semaines pour ramener sa production à 70 % des niveauxnormauxunefoisledétroitrouvert,et10à12 semainespour revenir totalement à lanormale.Alors même que nous entrons dans la période de pointe saisonnière de la demande pétrolière durant l’été, il faudradonccomposeravecuneoffretemporairement réduite et la nécessité de reconstituer les stocks lour dement affectés par les mois de conflit. Dès lors, en imaginant même que les tensions s’apaisent et que le Détroit d’Ormuz soit à nouveau libre, les prix du pétrole resteront sous tension. Marché pétrolier : “the clock is ticking!”
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