Agefi Luxembourg - juillet août 2026

Juillet / Août 2026 13 AGEFI Luxembourg Économie Suite page de gauche Si on commence avec la priorité nationale, on finira peutêtre avec la priorité locale ! Si vous tombez malade, à Huelva par exemple, comme la santé dépend des communautés autonomes, on soignerait d’abord quelqu’un de Huelva avant quelqu’un de Valence. Ce n’est pas ac­ ceptable. Rétablir la présence de l’État, c’est aussi rétablir le bon fonctionnement du sys­ tème de santé. M. de T. — En 2018 (22) , nous vous avions de­ mandé comme vous définiriez politiquement Donald Trump. Ce dernier exerçait alors son premier mandat et vous disiez qu’il incarnait un mélange de nationalisme, de populisme et de protectionnisme. Maintenezvous ce diag­ nostic ou souhaitezvous l’affiner ? J. M. A. — Il est protectionniste, populiste et nationaliste. Mon diagnostic ne changera donc pas. Ce qui se passe, c’est qu’il est aujourd’hui bien plus disruptif que lors de son premier mandat. Et il est plus disruptif, curieusement, avec ses alliés qu’avec ses adversaires ! M. de T. — Que devrait être le lien transatlan­ tique aujourd’hui ? Pedro Sánchez mène une politique d’affirmation de la position espagnole contre celle de Donald Trump, même si cela peut parfois ressembler à une opposition de principe aux ÉtatsUnis en tant que nation (23) . Y atil un juste milieu? Peuton affirmer sa sou­ veraineté nationale, une position propre, sans risquer de rompre la relation transatlantique ? J. M. A. — Je crois que cette relation reste fon­ damentale. Pour l’Europe et pour les Euro­ péens, l’Union européenne et l’OTAN sont plus nécessaires que jamais. L’Europe a renoncé à sa sécurité et l’a confiée à l’OTAN, ce qui revient à la confier à la responsabilité américaine. Cette architecture est aujourd’hui remise en cause. Ce qui ne veut pas dire que la relation transatlan­ tique a disparu mais qu’il faut tout faire pour la rétablir dans son plein éclat. Ensuite, certaines politiques populistes ne re­ gardent que le marché intérieur. Sánchez, lui, veut seulement se présenter devant ses élec­ teurs comme une sorte de leader du Sud glo­ bal, et tout le reste lui est indifférent. S’il faut attaquer les ÉtatsUnis, s’il faut attaquer Israël, s’il faut se mettre en marge de toutes les poli­ tiques sensées en Europe, peu lui importe. Il oublie deux choses. Un : les ÉtatsUnis sont es­ sentiels à notre sécurité. Deux : les ÉtatsUnis sont le premier investisseur mondial en Es­ pagne, et les ÉtatsUnis sont la première desti­ nation des investissements espagnols à l’étranger. Quoi qu’il en soit, l’un des défauts de l’administration Trump est de toujours rai­ sonner en termes commerciaux. Or la valeur des alliances est très positive, tant pour les ÉtatsUnis que pour les Européens. C’est ce qu’il faut défendre. Dans l’histoire, ce sont tou­ jours les grandes alliances qui ont triomphé. M. de T. — Sur la guerre en Iran, le parallèle avec la guerre en Irak que vous avez soutenue s’im­ pose, même si les situations diffèrent. Le prési­ dent George W. Bush avait appelé ses alliés eu­ ropéens pour tenter de les convaincre de l’aider. Cette fois, il n’y a eu aucun appel. Qu’auriez­ vous fait si vous aviez été au gouvernement ? J. M. A. — Je n’aurais pas fait ce qu’ont fait beaucoup de dirigeants européens, qui ont dit : « Cette guerre ne nous concerne pas. » Pardon, comment prétendre que cette guerre ne nous concerne pas ? Dans cette guerre se trouve votre principal allié au sein de l’OTAN. Dans cette guerre se trouve l’un de vos principaux alliés au MoyenOrient, Israël. Dans cette guerre se trouve aussi un État qui est une menace pour vous : l’Iran. Vous devez revoir votre politique énergétique, vous risquez peutêtre de man­ quer de kérosène dans les prochaines semaines, les prix de l’énergie augmentent, l’inflation re­ part… Et vous me dites que cette guerre ne vous concerne pas ? De quoi parlezvous ? Une chose est d’être conscient du caractère dis­ ruptif que les ÉtatsUnis revêtent aujourd’hui visàvis de l’Europe lorsqu’ils nous regardent avec mépris et font peu de cas de l’OTAN… Mais quand un allié me dit qu’il a besoin de moi, alors là il s’agit d’autre chose : je mets sur la table la valeur incontournable des alliances car les al­ liances s’honorent des deux côtés, et l’aide peut se demander des deux côtés. Pour l’Europe, c’était le moment de mettre en avant la valeur des alliances, et nous ne l’avons pas fait. M. de T. — Estce à dire que nous aurions dû envoyer des avions ? J. M. A. —Nous aurions dû nous engager à ap­ porter notre soutien en échange du maintien et du renforcement de l’Alliance. Si la réponse à cette proposition avait été non, tant pis. Mais au moins nous aurions proposé notre soutien so­ lidaire. Ce qu’on ne pourrait pas nous dire, c’est qu’un allié a eu besoin de nous et que nous ne lui avons pas tendu la main parce qu’il ne nous avait pas appelé suffisamment tôt ! L’Alliance atlantique, vous le savez, est bien plus qu’un pacte militaire : c’est la démocratie, c’est la li­ berté, c’est la prospérité, c’est la tolérance, c’est l’égalité. Quel était l’objectif fondamental de l’Union soviétique en son temps ? Diviser l’OTAN, séparer les ÉtatsUnis de l’Europe. Quel est l’objectif fondamental des Russes au­ jourd’hui, ou des Chinois ? C’est le même. Ce qui signifie que ces alliances ont une valeur stratégique fondamentale. Si le système d’al­ liance américain était sans importance, ceux qui contestent la position occidentale dans le monde ne s’acharneraient pas autant à le briser. M. de T. — Partagezvous cette vision selon la­ quelle l’Europe est un végétarien dans un monde de carnivores ? J. M. A. — À qui la faute si, il y a quinze ans, l’Europe représentait 25 % du produit intérieur brut mondial et n’en représente plus que 15 % aujourd’hui ? Qui est responsable d’avoir raté la révolution technologique ? Qui est responsa­ ble d’une politique énergétique européenne dé­ sastreuse, bien plus coûteuse que la politique américaine ? Qui est responsable d’avoir confié notre sécurité aux mains américaines ? Qui est responsable d’un marché unique qui comporte parfois plus de droits de douane et d’obstacles internes que ceux que d’autres veulent nous im­ poser de l’extérieur ? Pourquoi les piliers fon­ damentaux de l’union bancaire ne sontils pas encore achevés ? Toutes ces responsabilités sont européennes. De plus, des pays essentiels pour l’Europe ne sont pas au mieux de leur forme. La responsabilité des dirigeants est de définir des politiques qui représentent une réponse eu­ ropéenne à la hauteur des enjeux. Sinon, le dé­ clin européen, même s’il est lent, se poursuivra progressivement sur le long terme. M. de T. — Vous êtes un observateur attentif de l’Amérique latine. Au Venezuela, peu de gens regretteront la dictature de Nicolás Maduro, aujourd’hui en prison aux ÉtatsUnis. Mais le changement de titulaire du pouvoir, sans élec­ tions libres, estil pour autant acceptable ? J. M. A. — Les ÉtatsUnis sont à nouveau dans la doctrine Monroe, celle de l’Amérique aux Américains… dirigée par les NordAméri­ cains. Dans son discours d’investiture, Trump a cité deux présidents : McKinley (24) et Theo­ dore Roosevelt. Il a ensuite exprimé son admi­ ration pour le président Polk (25) . Quand Trump parle du Panama, du Groenland ou de Cuba, il a en tête Polk, McKinley et Roosevelt. Polk est celui qui étend considérablement les États­ Unis vers l’extérieur, qui fait la guerre au Mexique et s’approprie tout le nord mexicain. McKinley est celui qui décide de la présence américaine sur la scène internationale, en com­ mençant par le maillon le plus faible, les ves­ tiges de l’empire espagnol : Cuba, Porto Rico et les Philippines. Theodore Roosevelt, c’est l’ex­ pansion vers Panama, entre autres. Ce que nous avons vu au Venezuela est une expres­ sion de tout cela. C’est très bien que Maduro soit dans une prison de New York, car c’est un narcotrafiquant. Mais ce que j’espère et sou­ haite, c’est que la volonté des Vénézuéliens soit respectée. Il y a eu des élections que l’opposi­ tion a remportées de façon écrasante (26) . C’est là que doit résider le fondement essentiel. L’ob­ jectif doit être d’aider le Venezuela à se trans­ former en un système démocratique. M. de T. — Que vous inspirent les rumeurs d’une intervention à Cuba ? J. M. A. — Je me bats pour la démocratie cu­ baine depuis très longtemps. Je suis un défen­ seur de la liberté et, par conséquent, je souhaite la liberté pour Cuba. Je crois que les choses vont se précipiter à Cuba dans les prochains mois, probablement avant les élections de no­ vembre. S’il existe un plan bien défini pour Cuba, il ne peut être que celuici : que les Cu­ bains aient une démocratie pleine et entière. M. de T. — Croyezvous que cela passera par une intervention américaine ? J. M. A. — Je dis qu’elle sera indispensable pour qu’il y ait la liberté. M. de T. — AuNicaragua, on a l’impression que les prétendus révolutionnaires sandinistes (27) ont adopté les pires pratiques de la dictature de So­ moza (28) . Pourtant, les ÉtatsUnis ne semblent pas manifester un grand intérêt pour ce petit pays. Le monde atil oublié les Nicaraguayens ? J. M. A. — Il y a une dimension prédatrice es­ sentielle dans la situation politique au Nicara­ gua. On ne les oublie pas : le tour du Nicaragua viendra probablement aussi. C’est simplement que, stratégiquement, le Venezuela ou Cuba ont davantage de sens, aujourd’hui, dans la po­ litique américaine que le Nicaragua. M. de T. — La dernière question est person­ nelle. Existetil des conditions dans lesquelles vous pourriez revenir à la politique active, en Espagne ou à la tête d’une institution euro­ péenne, voire mondiale ? J. M. A. — Je crois que la meilleure façon d’ai­ der est de faire ce que je fais maintenant. Ce qui ne veut pas dire que je ne pourrais pas être meilleur dans ce que je réalise actuellement ! Mais je n’ai aucun désir de revenir à la poli­ tique active. Absolument aucun. Ni en Es­ pagne, ni hors d’Espagne. * Président du gouvernement de l’Espagne (19962004). ** Correspondant du Figaro en Espagne. depuis 45 ans les grands de ce monde s’expriment dans politique internationale retrouvez-les sur www.politiqueinternationale.com Fondateur et Directeur Patrick Wajsman (1) En juillet 2002, un groupe de soldats marocains occupa l’îlot inhabité de Perejil, territoire espagnol situé à quelques centaines de mètres des côtes marocaines, en face de Ceuta. Aznar ordonna une opération militaire éclair qui reprit l’îlot en quelques heures sans effusion de sang. L’épisode provo­ qua une grave crise diplomatique avec le Maroc mais fut salué en Espagne par l’électorat conservateur. (2) Le socialiste Felipe González fut président du gouverne­ ment espagnol de 1982 à 1996, pendant quatre mandats consécutifs.En1994,sadernièreétapeestminéeparunesérie de scandales de corruption et d’affaires d’État, notamment le scandale des GAL, groupes paramilitaires financés par le gouvernement pour lutter contre les terroristes basques de l’ETA.Danscecontexte,Aznarprononcecediscoursrestéhis­ torique au Parlement. (3)Processusdedémocratisationetdenégociationdegrands pactes transpartisans qui suivit la mort de Franco en 1975, aboutissant à la Constitution de 1978 et à l’établissement de la monarchie parlementaire. La Transition reste le cadre fon­ dateur de la démocratie espagnole moderne. (4)LegouvernementSánchezs’appuienotammentsurJunts, partiindépendantistecatalandedroitedirigéparCarlesPuig­ demont depuis la Belgique où il réside pour éviter l’action de la justice espagnole, et sur ERC, formation indépendantiste catalane de gauche. Leurs votes sont indispensables à la ma­ jorité parlementaire du gouvernement. (5) Référence à Bildu, coalition de la gauche indépendantiste basque, héritière de la mouvance politique historiquement proche de l’organisation terroriste ETA, dissoute en 2018. Bildu est aujourd’hui un parti légal représenté au Parlement espagnol et au Parlement régional basque. (6) Référence à la guerre civile espagnole de 19361939, qui opposa les républicains aux nationalistes du général Franco et reste une fracture mémorielle profonde dans la société es­ pagnole. (7)Adoptée en 2022, cette loi abroge la loi d’amnistie de 1977 votée lors de la Transition, condamne le régime franquiste et prévoit des mesures de réparation pour les victimes. (8) En octobre 2017, le gouvernement régional catalan, dirigé par Carles Puigdemont, organisa un référendum d’autodé­ terminationdéclaréillégalparla justiceespagnole,suivid’une déclaration unilatérale d’indépendance. En 2024, le gouver­ nement Sánchez fit adopter une loi d’amnistie couvrant les faits liés à ce processus. (9) Plusieursmembres du gouvernement Sánchezmettent ré­ gulièrement en cause l’impartialité de certains juges dans les affairestouchantlesprochesdel’exécutifouduPartisocialiste. (10) L’Espagne est une monarchie parlementaire depuis la Constitution de 1978. Le roi Felipe VI, monté sur le trône en 2014, y exerce une fonction essentiellement représenta­ tive et arbitrale. La gauche radicale est ouvertement favo­ rable à un référendum sur lamonarchie tandis que le PSOE, malgré une inspiration républicaine liée à son histoire, n’a jamais inclus aucune mesure en ce sens dans ses pro­ grammes électoraux. (11)Expressionutiliséeparlesmouvementsindépendantistes et une partie de la gauche pour désigner l’Espagne comme un ensemble de nations (catalane, basque, galicienne…) do­ tées de cultures propres et, pour les jusqu’auboutistes, d’un droit à l’autodétermination. (12) Begoña Gómez, épouse de Pedro Sánchez, est mise en examendepuis2024pourtraficd’influencedanslecadred’af­ fairesliéesàdescontratspublicsetàsesactivitésacadémiques et professionnelles. (13)DavidSánchezfaitl’objetd’uneenquête judiciaireconcer­ nant son recrutement comme coordinateur culturel par la province de Badajoz. (14)RéférencenotammentàJoséLuisÁbalos,ancienministre des Transports, et à son ancien collaborateur Koldo García, tous deux mis en examen, notamment pour de présumées commissions illicites sur des marchés publics de masques antiCovid. (15)RéférencenotammentàSantosCerdán,anciensecrétaire àl’organisationduPSOE,égalementmisenexamenpourcor­ ruption. (16) Le Parlement n’a pas voté le budget depuis 2023. Le gou­ vernement reconduit donc chaque année les budgets précé­ dents faute de majorité suffisante. (17) Álvaro García Ortiz, procureur général nommé par le gouvernement Sánchez, a été mis en examen en 2024 pour révélationdesecretsprofessionnelsaprèsladivulgationd’in­ formations fiscales concernant le compagnon d’Isabel Díaz Ayuso, présidente de la communauté de Madrid et figure majeure du PP. (18)JoséLuisRodríguezZapatero,chefdugouvernementso­ cialiste de 2004 à 2011, est visé depuis 2025 par une enquête judiciaire portant sur ses activités de conseil après la fin de son mandat. Le juge instructeur examine si ces activités ont pu servir à occulter un délit de trafic d’influence en lien avec des gouvernements étrangers tels que le Venezuela et la Chine. (19) En Espagne, la motion de censure est dite « construc­ tive » : elle ne peut être déposée qu’en proposant simultané­ mentuncandidatalternatifàlaprésidencedugouvernement. Cemécanismeviseàéviterlescrisesgouvernementales.Ilex­ plique aussi que sur les six motions de censure soumises au vote depuis 1978, seule une l’ait emporté : celle qui a renversé MarianoRajoyetconduitPedroSánchezaupouvoir,en2018. (20) Carles Puigdemont, ancien président régional de Cata­ logne, a fui les poursuites de la justice espagnole en s’instal­ lant en Belgique depuis le référendum illégal de 2017 et la déclarationunilatéraled’indépendancequis’ensuivit.Ilconti­ nue d’exercer une forte influence sur son parti Junts. (21) Vox a été fondé en 2013 par d’anciens cadres du PP, no­ tamment après des divergences sur la gestion des relations avec les nationalistes basques et catalans. Le parti est resté marginal jusqu’à sa percée électorale enAndalousie en 2018. (22 )https://politiqueinternationale.com/revue/n159/article/la­ forcedesconvictions (23) Sánchez a adopté des positions publiquement critiques à l’égard de Trump sur plusieurs dossiers : les droits de douane,lesoutienàl’Ukraine,l’investissementdesmembres de l’OTAN dans les dépenses de défense et, surtout, la poli­ tique d’Israël à Gaza, provoquant les foudres du président américain et ses menaces de rétorsion, jusqu’ici non suivies d’effet. (24) William McKinley, président des ÉtatsUnis de 1897 à 1901, incarne l’émergence des ÉtatsUnis comme puissance impériale. (25) James K. Polk, président des ÉtatsUnis de 1845 à 1849, figure de l’expansionnisme américain, annexe le Texas, pro­ voque une guerre avec le Mexique et s’empare de vastes ter­ ritoires correspondant aux actuels États de Californie, NouveauMexique et Arizona. (26) Lors de l’élection présidentielle vénézuélienne de juillet 2024, Maduro a proclamé sa victoire sans publier de preuves du dépouillement. De l’avis de nombreux observateurs, c’est le candidat de l’opposition, Edmundo González Urrutia, qui l’a largement emporté dans les urnes. (27) Le Front sandiniste de libération nationale renversa en 1979 la dictature de Somoza et gouverna le Nicaragua jusqu’en 1990. Revenu au pouvoir en 2007 sous la conduite de Daniel Ortega, l’un de ses anciens commandants, lemou­ vement a progressivement instauré un régime autoritaire, muselant l’opposition, expulsant les ordres religieux et em­ prisonnant ses propres anciens compagnons de lutte. (28) La famille Somoza dirigea le Nicaragua d’une main de fer de 1936 à 1979, s’appuyant sur laGarde nationale pour ré­ primer toute opposition. Ce régime dynastique, soutenu par les ÉtatsUnis, est devenu le symbole de la dictature latino­ américaine adossée aux intérêts nordaméricains.

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