Agefi Luxembourg - mars 2026

AGEFI Luxembourg 12 Mars 2026 Banques / Assurances NdlR. : Interview réalisée avant le conflit iranien du samedi 28 février 2026 I nterviewexclusive duPrinceReza PAHLAVI, fils aîné dudernier Chah d’Iran, principal opposant à la République islamique parMi- chel TAUBMANN, journaliste, écrivain, éditeur, fondateur du groupe de dialogue judéo- arabe Shalom-Salam (1) . Agefi Luxembourg remercie de cette collaboration exceptionnelle l’influente revue Politique In- ternationale créée et dirigée par PatrickWAJSMAN. Poli- tique Internationale est la plus influente pu- blication consacrée aux questions internationales depuis près d’undemi-siècle et qu’elle publie sur tous lesGrands de la scène internationale. Avant-première extraite d'un Dossier spécial en deux langues (français/anglais) de Politique Interna- tionale (2) . Titre de cet important Dossier spécial "Moyen-Orient : les éclaireurs de la paix". Michel TAUBMANN — Depuis la création de la République islamique, vous vous êtes toujours op- poséà toute formed’interventionmilitaire étrangère contre l’Iran. En 1980, encore jeune homme, vous aviez même écrit à l’ayatollah Khomeini pour lui proposer de combattre l’invasion irakienne dans les rangs de l’armée iranienne.Avez-vous changé de po- sition ? Et si oui, pourquoi ? Reza PAHLAVI — Lorsque l’Iran a été attaqué par l’Irak de SaddamHussein en 1980, je voulais accom- plirmondevoird’Iranienetdéfendremonpays,mal- grémonaversionpourladictatureislamiquequiétait enplacedepuisunan.ContrairementauxMoudjahi- dinesdupeuple,quiavaientalorschoisidecombattre aux côtés de l’Irak, j’ai toujours placé l’amour de ma patrie au-dessus de tout conflit politique dès lors que mon pays était agressé. La situation aujourd’hui est très différente. La confrontationavec les États-Unis et Israëlestlaconséquencedubellicismed’unrégimeil- légitime,quimènecetteguerredepuissonavènement ilyaquarante-septans.LesPersesetlesJuifspartagent une longue histoire commune. Au VI e siècle avant notre ère, notre roiCyrus leGranda libéré les Juifsde l’exil et leur a permis de retourner sur leur terre, en Judée. Nous n’avons évidemment aucun différend territorialavecIsraël.Quantàlatragédiepalestinienne, la République islamique d’Iran a tout fait pour l’en- flammer,dansl’idéedelarendreinsoluble.Farouche- ment opposée aux accords d’Oslo en 1993, elle demeure hostile à toute idée d’unÉtat palestinien vi- vantenpaixauxcôtésd’Israël—unpaysqu’elleconti- nue de désigner comme « l’entité sioniste ». S’agissant des États-Unis, même si des griefs anciens peuventexister,laRépubliqueislamiqueauraitdû,au minimum, être reconnaissante envers Washington d’avoir facilité son arrivée au pouvoir en 1979, en abandonnant non seulement mon père, le Chah d’Iran, mais aussi le nouveaupremierministre, Cha- pourBakhtiar,unopposantlibéralquicherchaitàins- taurerladémocratie.Depuisquarante-septans,jesuis pleinement engagé dans le combat pour ladémocra- tie, indépendamment des fluctuations des relations entrelaRépubliqueislamique,IsraëloulesÉtats-Unis. J’ai toujours cru que le changement en Iran viendrait du peuple iranien. Je reste fidèle à cette conviction. Lorsqu’une dictature se maintient par la guerre et le terrorisme, elle en subit tôt ou tard les conséquences. Et c’est ce qui s’est produit. M. T. — La responsabilité de la tournure militaire du conflit depuis juin 2025 revient donc selon vous uniquement à l’Iran ? R. P. —Non—pas à l’Iranmais au régime criminel ! Notre peuple n’est pas belliciste et n’a jamais voulu la guerre. La responsabilité incombe à laRépublique is- lamique, qui s’est imposée et semaintient aupouvoir par la terreur, comme une armée étrangère dans un paysoccupé.Depuis1979,lerégimedeTéhéranafait deladestructiond’Israëlunedoctrinestratégiqueeta menéune guerre indirecte ininterrompue à travers le Hamas,leHezbollah,leDjihadislamiquepalestinien, lesHouthisetdesdizainesdemilicesdanstoutelaré- gion. Des milliards de dollars volés aux Iraniens ont étédilapidéspour alimenteruneguerre sansfindont les Palestiniens sont, eux aussi, les victimes. Pour la première fois, en juin dernier, lors de la « guerre de douze jours », Israël a riposté en frappant à l’intérieur mêmedel’Iran,visantlastructuredecommandement du régime plutôt que ses seuls relais extérieurs. Dans un premier temps, les Iraniens ont espéré que ces frappes briseraient lamachinede terreurdupouvoir; puis lapeur s’est installée lorsque les sirènesont com- mencé à retentir la nuit ; enfin est venue la déception lorsqu’ils ont constaté que le régime tenait toujours. M. T. — L’intervention israélienne de juin 2025 n’a donc servi à rien ? R. P. — On ne peut pas dire cela. Bien sûr, des civils innocents ont tragiquement souf- fert de l’absenced’infrastructures dedéfense civile. Les frappes de juin ont gravement affaibli le régime ; elles ont exacerbé ses divi- sionsinternesetontprobablementcontribuéà créer les conditions favorables au soulève- mentpopulairededécembre-janvier, aucoursduquell’immensemajorité des Iraniens ont exprimé dans la rue leur volonté de mettre fin à ce régime criminel et obscurantiste. Vous connaissez la suite, hélas : des dizaines de milliers de mes compatriotes ont été impitoya- blement massacrés. Comme beaucoupd’Iraniens durant ces journées terribles de janvier, j’ai regretté que le monde extérieur n’ait pas été présent—ne serait-ce qu’en coupant les communications des forces de répression et en facilitant celles desmanifestants. M.T. — Qu’attendez-vousd’Israël,del’Europeetdes États-Unis ? R. P. —J’attends six choses de tous les États qui sou- haitent la démocratie en Iran : 1) Démanteler lamachine de répression et protéger le peuple iranien. 2) Couper intégralement les ressources financières du régime. 3) Garantir un Internet et des communications li- bres pour les Iraniens. 4) Expulser les « diplomates » iraniens en poste à l’étranger et poursuivre les criminels. 5) Libérer immédiatement tous les prisonniers po- litiques. 6) Se préparer à reconnaître un gouvernement de transition légitime pour conduire l’Iran vers la dé- mocratie. M. T. — Avez-vous été consulté par les autorités israéliennes et/ouaméricaines avant ouaprès le dé- clenchement des hostilités de juin dernier? R. P. —Je n’ai aucune raisond’être informé des déci- sionsmilitaires prises par des États étrangers. J’entre- tiens depuis longtemps des canaux de dialogue avec le gouvernement américain et d’autres gouverne- ments, notamment en Europe, sur l’avenir de l’Iran. Mes relations avec Israël sont plus récentes. J’ai ren- contré ses principaux dirigeants, y compris le prési- dent Herzog et le premierministreNetanyahou, lors de ma visite dans leur pays — la seule de ma vie — enavril2023.Mapositionatoujoursétélamême:au- cune puissance étrangère ne peut décider du destin de l’Iran.Mais soyons clairs : si le soutiend’autres na- tions peut nous aider, le changement doit être porté par le peuple iranien. M. T. — Avec le recul, peut-on dire que les frappes israéliennesetaméricainesdejuin2025ontsignifica- tivement retardé le programme nucléaire iranien ? R.P. —Oui,d’unpointdevuetechnique,ellesontre- tardél’accèsàlabombe—maisseulementdemanière temporaire. En l’espacedequelquesmois, le régimea commencé à reconstruire cet arsenal, en dépensant des fortunes au détriment du bien-être élémentaire des Iraniens. Ce qui les a plongés encore davantage dans une pauvreté extrême qui a précipité la révolte de cet hiver. Parallèlement au programme nucléaire, dessommescolossalesontétéconsacréesaudévelop- pement de nouveauxmissiles balistiques. Sans chan- gementderégimeàTéhéran,aucunefrappemilitaire niaucunaccorddiplomatiquenepeutgarantirquece programme restera démantelé. La seule garantie contre une menace nucléaire iranienne est l’avène- mentd’ungouvernementdémocratiquerespectueux dudroit international. M. T. — Sur le plan politique, la République isla- mique est-elle très affaiblie après ces huit mois d’affrontements extérieurs et intérieurs ? R. P. — En juin dernier, le régime a perdu de hauts responsables, des commandants des Gardiens de la révolution ainsi que des personnels travaillant dans lessecteursnucléaireetbalistique.Lesfrappesontmis en lumière ses vulnérabilités, approfondi la défiance de la société et encouragé des citoyens ordinaires qui ont constaté l’incapacité de leurs dirigeants à les pro- téger, tandis qu’eux-mêmes se terraient sous terre— à l’image d’Ali Khamenei. Des années de gaspillage des richesses nationales dans lesmissiles et la propa- gande se sont révélées inutiles : enquelques jours, les défenses aériennes iraniennes ont été submergées et lesdirigeantsontdisparudanslaclandestinité.LaRé- publique islamique est sortie de cette guerre plus fai- ble, plus fracturée et plus isolée qu’auparavant. M. T. — Pouvez-vous confirmer que des membres des Gardiens de la révolution, y compris des offi- ciers supérieurs, sont en contact avec vous par des voies secrètes ? R.P. —Enjuin2025,j’aiannoncélamiseenplaced’un canal de communication sécurisé destiné aux mili- taires, agents de sécurité, policiers et fonctionnaires souhaitant rompre avec le régime et entrer en contact avec moi oumon équipe. Ce canal officiel nous per- met de gérer le volume croissant de messages et de demandes de ceux qui cherchent à rejoindre notre mouvement.Desdizainesdemilliersdemembresdes forces armées et de l’appareil d’État ont déjà contacté monéquipeparcebiais.Lacapacitédereprésaillesdu régime est redoutable : il peut menacer les familles, surveiller et traquer les fuites. C’est une réalité que nous devons intégrer dans notre planification. Cer- tainsontégalementdemandédesgarantiesde«sortie en douceur » lors d’une transition démocratique. J’ai déclaré publiquement que ceux qui rompent avec le régime et rejoignent le projet démocratique pourront participer au changement dans de nouvelles fonc- tions, tandis que ceux qui ont commis des crimes de- vront rendre des comptes. Mon modèle pour la transition, c’estMandela—pas unmodèle fondé sur la vengeance ou lesmassacres. M. T. — Selon vous, existe-t-il, à court terme, une perspective de transition vers la démocratie en Iran ? Et par quelsmoyens ? R. P. —Notremission est urgente, mais structurée. J’ai défini une stratégie claire encinqpointspour tra- cer le chemin de la tyrannie vers la liberté. Premièrement, exercer une pression maximale sur la République islamique. Ce régime a prospéré grâce à l’impunité et au silence international. Le monde ne doit jamais oublier ses crimes — exécu- tions et torture—ainsi que la corruptionet lepillage organisé menés par les Gardiens de la révolution, en Iran comme à l’étranger, notamment à travers le trafic de drogue et la prostitution. Deuxièmement, apporter un soutien sans faille au peuple iranien. Il doit savoir qu’il n’est pas seul, que le monde est à ses côtés et qu’il peut compter sur la diaspora—huit à neuf millions d’Iraniens —pour défendre ses droits. Troisièmement,maximiserlesdéfections.ChaqueIra- nien qui retire son soutien à ce système nous rap- proche de la liberté. Qu’ils soient au gouvernement, dans l’arméeoudans l’administration, nous les appe- lons à choisir la nationplutôt que les oppresseurs. Quatrièmement, organiser lamobilisationcitoyenne à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Notre combat exigediscipline, coordinationet solidarité. LaRépu- blique islamique cherche à nous diviser et à nous décourager ; nousdevons nous unir, nousmobiliser et persévérer. Cinquièmement, préparer l’avenir à travers le « Iran Prosperity Project ». Ce n’est pas un slogan ; c’est un plan pour reconstruire l’Iran après la libération, afin d’être prêts lorsque lemoment viendra. M.T.— L’Iranest-ilprotégéparsonallianceavecles deux géants que sont laChine et laRussie ? R. P. — Les régimes autoritaires sont guidés par les intérêts de leurs despotes. Leurs prétendues alliances sont temporaires et transactionnelles — des rappro- chements de circonstance. Le régime de Téhéran est faible et miné par des conflits internes. Aucune « al- liance » ne peut sauver un régime qui s’effondre de l’intérieur.LaChineetlaRussieexploitentl’isolement del’Iran;cenesontpasdevéritablespartenaires.Au- cune des deux n’a levé le petit doigt pour aider la République islamique durant la « guerre de douze jours»enjuindernier.Surleplanmilitaire,c’estlaRus- siequidépenddel’Irancommefournisseurdedrones massivement utilisés enUkraine. De ce point de vue, l’affaiblissementdelaRépubliqueislamiqueauraitdes conséquences positives pour l’Ukraine et donc pour l’EuropefaceàlaRussie.L’Inderechercheunéquilibre maiscomprendlesrisquesqu’ilyaàmisersurunsys- tème condamné. Lorsque le régime tombera, ces re- lations changeront du jour au lendemain. M. T. — Un axe Qatar-Égypte-Turquie-Arabie saoudite s’est formé pour superviser, aux côtés des États-Unis, l’après-guerre à Gaza. Considérez-vous qu’il s’agit d’un alignement durable qui façonnera l’avenir du Moyen-Orient, ou simplement d’une co- alitiond’intérêtstemporaire?Quelimpactcelapour- rait-il avoir sur les relations entre Israël et l’Iran ? R. P. — Dans la mesure où une telle coordination existe, il s’agit d’un alignement de convenance dicté par les besoins immédiats de l’après-Gaza. L’Arabie saoudite, en particulier, est confrontée à une réalité fondamentale:laRépubliqueislamiques’effondrede l’intérieur ; la voie vers la stabilité régionale passe par le soutien à une transitionvers un Iran libre et apaisé, non par quelque accommodement avec un régime moribond et intrinsèquement instable. L’avènement d’un nouvel Iran, renouant des relations fraternelles avec ses voisins, conduira naturellement à la norma- lisationdes relations arabo-israéliennes—et bien en- tendu à la normalisation entre cet Iran démocratique et son environnement régional. Un Iran stable, post- République islamique, sera la pierre angulaire de cet ordre régional, dont les acteurs s’adapteront progres- sivement à la nouvelle réalité. Avec la disparition de laRépublique islamique, la dernièremenace existen- tiellequ’unÉtatpuissantfaisaitpesersurIsraëldispa- raîtra. Les groupes terroristes engagés dans la destruction d’Israël seront privés du soutien logis- tiqueconsidérabled’ungrandpayscommel’Iran.Un climat régional plus apaisé facilitera vraisemblable- mentlarésolutionduconflitisraélo-palestinien,dans le respect du droit des deux peuples à vivre en paix et en sécurité. M.T.— Votre«nouveauMoyen-Orient»seraitdonc plus large que les «accords d’Abraham». C’est ce que vous appelez les « accords deCyrus »… R.P. —Larégionabesoind’unnouveaucadrefondé sur lapaixpar la liberté, et nonsur lapaixpar lapeur. Les « accords de Cyrus » envisagent un Iran démo- cratique, réconcilié avec la communauté régionale et internationale, des relations normalisées avec Israël, unecoopérationdanslesdomainesdel’eau,del’éner- gie, du commerce et de la technologie, et la fin des conflits idéologiques. Ils constituent la prolongation logique des accords d’Abrahamet un retour aux va- leursdeCyrusleGrand:tolérance,souverainetéetdi- gnité pour tous. M. T. — Lors du sommet deCharmel-Cheikh, enoc- tobre dernier, le président Trump a évoqué, en termes assezvagues,uneévolutionidentiqueàcellequevous appelez de vos vœux. Cela vous donne-t-il confiance en l’avenir ? R.P. —Ensontemps,legrandhommed’Étatisraélien ShimonPeresdéfendaitunprojetmoyen-orientalins- piré de l’Union européenne. La coopération interré- gionalenaît naturellement entredespeuples aspirant au progrès dans la liberté. Un Iran libre doit être un pilier central du nouveau Moyen-Orient. L’intuition du président Trump est juste : le Moyen-Orient ne peutatteindresonpleinpotentieltantque90millions d’Iraniensviventsousunrégimequiexportelaguerre, opprime son propre peuple et bloque toute coopéra- tion. Une telle intégration est impossible tant que la République islamique occupe l’Iran. Une fois que les Iraniens auront repris possession de leur pays, l’Iran deviendraunmoteurde stabilité, departenariat et de croissance dans toute la région. M.T.— Pensez-vousqueleprésidentTrumparetardé l’avènementdecenouveauMoyen-Orientenpoussant Israël à cesser les combats au douzième jour de la guerre en juin dernier ? R. P. —La priorité du président Trump est d’empê- cherlerégimed’acquérirl’armenucléaire.Monobjectif est la libertédemonpays et une paix régionaledura- ble. Je pense que le président comprend intrinsèque- ment que la liberté en Iran est la seule garantie de prospérité et de stabilité — et que le seul moyen d’y parvenir est de soutenir le peuple iranien. Les dicta- tures tombent lorsque les peuples les renversent et lorsquelescitoyens,lestravailleurs,lestechnocrateset les forces de sécurité cessent de les soutenir. C’est ce que nous voyons dans les rues depuis plusieurs se- maines. Nous avons désormais besoin d’un soutien internationalpouraccélérerlerythmeduchangement et en réduire le coût pour notre nation. Nous savons que le changement ne peut venir que de nous, mais, commelesAméricainslorsdeleurproprerévolution, nous serons reconnaissants envers nos amis pour l’aide qu’ils nous apporteront. M. T. — N’avez-vous pas commis une erreur en paraissant lier votre sort à un président Trump dont les méthodes sont très controversées à l’in- térieur comme à l’extérieur des États-Unis ? R.P. —J’aientretenudescontactsdehautniveauavec le gouvernement américain. Je maintiens également des contacts directs ou indirects avec des dirigeants arabes, israéliens et européens. J’ai été reçu au Parle- ment européen et invité à la Conférence de Munich surlasécurité.JesuisreconnaissantauxÉtats-Unisde m’avoir accueilli et d’avoir assuréma protection ainsi que celledema familledepuisprèsde cinquante ans, tout comme la France et d’autres pays où je séjourne régulièrement. J’ai vuse succéder denombreuses ad- ministrations, démocrates comme républicaines. Il m’est arrivé d’être critique à l’égard de certaines de leursdécisions.LeprésidentTrump,jelecrois,aétéle président américain le plus favorable au peuple ira- nien. Il a redonné espoir aux Iraniens. Nous avons désormais besoinqu’il agisse. Comme il l’a lui-même déclaré, ce n’est pas à lui de choisir le prochain diri- geant de l’Iran. Cela appartient aupeuple iranien. M.T. —Selonunsondageréaliséen2024parl’Institut Gamaanetconsidérécommefiable,vousseriezlaper- sonnalité la plus populaire en Iran. Et des témoi- gnages convergents indiquent que nombre de vos compatriotes comptent sur vous.Mais quel est votre projet?Larestaurationd’unordreancien,rejetéilya quarante-sept ans par les Iraniens ? R. P. —Mon projet —ma raison d’être — soutenu par un nombre croissant d’Iraniens, est avant tout le retour à la souveraineté nationale et populaire. C’est la démocratie et la séparationdéfinitive de la religion et de lapolitique, ce que vous appelez la laïcité. J’œu- vresansrelâcheàcetobjectifdepuisquarante-septans etjecontinueraiàlefairedanslerôlequelepeupleira- nien choisira deme confier. Suite enpage de droite Interview exclusive du Prince Reza PAHLAVI « La liberté en Iran est la clé du Moyen-Orient »

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