Agefi Luxembourg - mars 2026
Mars 2026 11 AGEFI Luxembourg Banques / Assurances By Guy ERTZ, Chief Investment Officer, BGL BNP Paribas T he Brent crude oil price sur- ged temporarily to above $ 100 per barrel onMonday March 9th and meanwhile rallied by more than 70% since the begin- ning of the year. The Euro- pean gas price almost doubled to € 60 but fell back to 52 recently. In the US, gas prices rose much less. The military conflict between the US/Israel and Iran is further escalating and could last for longer. So, the question is again about the vulnerability of major economies to energy price spikes. The economic consequences of higher oil prices depend not only on themagnitude of the increase but also on the price level and, especially, on the duration of the energy shock. Indeed, economic agents base their decisions on medium-term expectations and short term spikes generally have little effect. However, a price level above $ 100 - and in particular above $ 120 - formore than twomonths would push up the proba- bility of a recession in a meaningful way. Economic growth is mainly affected through a reduction in households’ purchasing power, higher production costs, and increased uncertainty that tends to raise risk aversion. Most studies, however, show that today’s ener- gyintensityisfarlowerthanitwas in the early 1970s. A 2022 IMF study (1) suggests that “the num- ber of barrels required toproduce $ 1 million of gross domestic productwasabout3.5timeshigh- er thancurrent levels.”At that time, oil prices almost tripled between August 1973 and January 1974. The potential decline in purchasing power is linked to rising inflation. There are both direct and indirect effects. The direct effect stems from the fact that energy is part of household con- sumption and therefore enters the consumer price index (roughly 3%). The indirect effect results from the transmission of higher corporate costs into the sale price of goods whose produc- tion uses oil or its derivatives. That can be mea- sured by the so called core inflation, as the index excludes energy and food items. It would require an evenmore sustained period of rising oil prices to push core inflation up persistently, which is unlikely even in this alternative scenario. Central banks logically focus more on core infla- tion and are expected to look through this potential rise and are unlikely to raise policy rates. Keep in mind that an energy price spike that affects core inflation durably is also very likely to lead to a recession and thus a rise in the unemployment rate. Therefore, interest rate cuts are more likely for this kind of scenario. The vulnerability is not the same for the United States and Europe. The U.S. economy is relatively insulated fromglobal oil and gas price movements. Although the shock would erode real consumer incomes, it couldneverthelessboostGDPgrowthby stimulatingcapital expenditures indomesticoil pro- duction. TheUnitedStateshasonly recentlybecome a net energy exporter, which is an advantage. U.S. gas prices have risenmuch less than inEurope. InEurope, while total gas imports fromtheMiddle East are relatively small, the region remains vul- nerable to rising oil - and especially gas - prices. The accompanying sentiment shock could slow economic momentum further. Moreover, defense and infrastructure programs are highly energy intensive, so the fiscal multiplier could be lower if energy prices stayed elevated. At this stage inflation expectations remain well anchored, making a sustained rise in inflation - particularly core inflation - unlikely. For emerging economies, a sustained high oil price has often translated into stagflation - low growth combined with high inflation. To conclude, economies are far less vulnerable than theywere during the 1970s oil crisis. The eco- nomic consequences of higher oil prices depend not only on themagnitude of the increase but also on the price level and, especially, on the duration of the energy shock. It remains unlikely that oil prices will stay above $ 100 for several months; however, if they do, a recession would be likely for most economies. Europe is more vulnerable than the United States, especially with respect to gas prices. For central banks, interest rate cuts are more likely in this risk scenario. 1) Nico Valckx (2022), “Lower Oil Reliance Insulates World From 1970s-Style Crude Shock”, IMF Blog, May 5th. Are economies still vulnerable to energy price spikes? Par le Dr Michael HELDMANN, CIO Actions chez Allianz Global Investors E n science, l’être humain est qualifié d’Homo sapiens – un être sage et rationnel. Dans la réalité, y compris lorsqu’il s’agit d’investir, nous agis- sons toutefois souvent de manière émotionnelle ou nous nous laissons guider par des influences so- ciales. Trois phénomènes comportementaux jouent ici un rôle central : le comportement mouton- nier, l’excès de confiance et les biais de perception. Il convient d’identifier ces mécanismes et de les éviter de manière systématique. Les êtres humains prennent des décisions de deux façons : de manière rationnelle et réfléchie, ou demanière intuitive et impulsive. Daniel Kah- neman a décrit, dans son livre Thinking, Fast and Slow , deux systèmes de pensée ; dans le langage courant, on parle volontiers du petit ange (ration- nel) et du petit démon (instinctif) perchés sur nos épaules. À l’époque préhistorique, notre côté in- tuitif nous aidait à réagir rapidement face aux dangers. Aujourd’hui, cette même impulsivité in- fluence aussi nos décisions financières – souvent sans que nous en ayons conscience. La peur de rater une opportunité Le comportement moutonnier apparaît lorsque les individus, par peur de rater quelque chose (FOMO – Fear Of Missing Out ), suivent le mouve- ment de la foule. Un exemple historique est la crise de la tulipe aux Pays-Bas au XVIIᵉ siècle, lorsque les bulbes de tulipes atteignirent des prix absurdes avant que lemarché ne s’effondre. D’au- tres exemples ont suivi : la bulle boursière des an- nées 1920 et le krach de 1929, la bulle immobilière et boursière japonaise de la fin des années 1980, la bulle Internet des années 1990, ainsi que les en- gouements plus récents autour des « hypes » ac- tions et des cryptomonnaies. Le comportement moutonnier pousse les investis- seurs à acheter à des prix excessifs dans des mar- chés euphoriques et à vendre dans la panique en période de crise. Des émotions telles que la cupi- dité et la peur en sont de puissants moteurs. Excès de confiance : l’illusion du savoir L’être humain apprend en permanence. Mais sur des marchés complexes, personne ne peut tout maîtriser. Nous surestimons donc souvent nos propres connaissances et capacités – un phéno- mène connu sous le nomd’effet Dunning-Kruger. Un exemple classique d’excès de confiance est Eastman Kodak. L’entreprise a dominé pendant des décennies le marché de la photographie et a même inventé l’appareil photo numérique en 1975. La direction a toutefois mis cette innovation de côté afin de protéger son activité très ren- table de films photographiques. La concur- rence et le changement technologique ont finalement conduit au déclin de Kodak. Les investisseurs aussi peuvent devenir exces- sivement confiants. Lorsque les cours des ac- tions montent, le succès est souvent attribué à ses propres compétences. En 2023–2024, par exemple, les grandes en- treprises technologiques américaines ont dominé lesmarchés boursiers. L’en- gouement généralisé pour l’intelligence artificielle a rendu ces actions relative- ment faciles à identifier, mais un excès de confiance a pu rendre les investis- seurs aveugles aux risques lorsque les performances ont commencé à diverger. L’excès de confiance présente une autre dimension : le biais de confirmation ( confirmation bias ). Les in- dividus ont tendance à rechercher et à privilégier les informations qui confirment leurs convictions existantes, tandis que les signaux contradictoires sont ignorés. À l’ère des réseaux sociaux et des fils d’actualité personnalisés, cet effet est encore ren- forcé. Les investisseurs devraient donc activement rechercher des informations susceptibles de re- mettre en question leurs propres points de vue – même si cela peut parfois être inconfortable. Préjugés et biais cognitifs Notre cerveau simplifie en permanence l’informa- tion. C’est efficace, mais cela peut conduire à des erreurs systématiques. Deux exemples : Premièrement, le biais domestique . Les investis- seurs ont tendance à investir principalement dans leur propre pays. Une étude de Barclays datant de 2023 a par exemple montré que les investisseurs britanniques consacraient environ 25 % de leur portefeuille à des actions britanniques, alors que le Royaume-Uni ne représente qu’environ 4 % de la capitalisation boursière mondiale. Cette préfé- rence limite la diversification et, par conséquent, une gestion efficace des risques. Deuxièmement, l’effet d’ancrage. L’effet d’an- crage se produit lorsque les individus sont in- consciemment influencés par un point de référence. Sur les marchés financiers, cela se pro- duit souvent autour de chiffres ronds ou de re- cords historiques. Lorsque, par exemple, l’indice allemand DAX a franchi début 2026 le seuil des 25 000 points, ou que Nvidia a atteint en 2025 une capitalisation boursière de plus de 4 000milliards de dollars américains, ces jalons ont suscité une grande attention. D’un point de vue objectif, ces chiffres ronds ne sont toutefois pas plus significa- tifs que d’autres. Sans contexte – par exemple un ajustement à l’inflation – de tels records disent peu de chose sur les valorisations réelles. Déjouer le démon : l’investissement systématique Comment les investisseurs peuvent-ils éviter ces pièges comportementaux ? Une solution possible réside dans des stratégies d’investissement sys- tématiques. Celles-ci reposent sur des recherches scientifiques et des données historiques, sont mises en œuvre selon des processus rigoureux, mesurent et pilotent systématiquement les risques et évitent les réactions émotionnelles. Les ordinateurs ne connaissent ni la peur ni la cupidité. Les actions ne sont achetées que lorsqu’elles répondent à des critères objectifs, et vendues lorsque ce n’est plus le cas. Cela contri- bue à réduire le comportement moutonnier, les ventes de panique et les concentrations exces- sives. Cela étant, les stratégies systématiques ne sont pas non plus une panacée. Les données peuvent être biaisées et les modèles peuvent comporter des erreurs. Une supervision et un contrôle hu- mains restent donc indispensables. Les processus systématiques doivent être conçus, surveillés et affinés avec soin. En fin de compte, investir ne consiste pas à choisir entre l’homme et la ma- chine, mais à combiner les deux. Identifier et éviter systématiquement les comportements d’investissement défavorables Wavestone was founded amid the rise of new technologies and digital innovation, growing with a strong entrepreneurial spirit. Expanding from France and Germany into Switzerland, the United Kingdom, and North America, Wavestone has become a leading consulting partner, supporting the world’s largest companies in their most ambitious strategic transformations. Drawing on expertise at the intersection of technology and business, Wavestone’s 6,000 employees deliver a 360° portfolio of high-value, tailored consulting services, from redesigning business models to implementing cutting-edge technologies, while helping clients advance sustainable transitions. ˊ˔˩˘˦˧ˢˡ˘ ˜˦ ˟˜˦˧˘˗ ˢˡ ʸ˨˥ˢˡ˘˫˧ ˃˔˥˜˦ ˔ˡ˗ ˛˔˦ ˕˘˘ˡ ˖˘˥˧˜Ѓ˘˗ ˔˦ ˔ ʺ˥˘˔˧ ˃˟˔˖˘ ˧ˢ ˊˢ˥˞̀ʡ ˪˪˪ʡ˪˔˩˘˦˧ˢˡ˘ʡ˖ˢˠ Asia | Austria | Belgium | Bosnia & Herzegovina | France | Germany | Italy | Luxembourg Morocco | North America | Poland | Romania | Spain | Switzerland | UK
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Nzk5MDI=