Agefi Luxembourg - avril 2026

PRIX DU NUMÉRO : € 5,50 Le Journal Financier de Luxembourg NUMERO 04/410 ISSN1561-8366 www.agefi.lu 41, Zone Industrielle, L-8287 Kehlen (Luxembourg) Tel: +352 305757 1 - Email: agefi@agefi.lu AVRIL 2026 valuepartners.lu Comprehensive solutions for the alternative investment funds industry Sommaire t Économie & Tax Peut-on sauver l’Europe ? (Journée de l’Économie 2026) p.4 Domiciliations de société au Luxembourg : faire de la contrainte réglementaire un avantage compétitif (Horus Software) p.6 Luxembourg’s Tax administration steps into its next era (Hélène CRÉPIN, Tom LAMBOT, EY) p.6 t Fonds & Marchés Retailization and liquidity pressure: A new chapter for fund managers (Vincent REMY, Julien DUBAR, EY) p.22 Les fonds transfrontaliers atteignent unniveau record (Etude PwC Luxembourg) p.29 t Droit & Travail Banques : la rémunération des jours fériés légaux tranchée par la Cour de cassation (Lorraine CHÉRY, Philippe SCHMIT, Arendt & Medernach) p.36 AI will probably eliminate millions of jobs. Who will pay the massive social bill? (Bruno COLMANT) p.37 t IA & Tech Saison de résultats : la guerre des mondes (réel et virtuel) (DNCA Investments) p.44 Bourse et IA : de l’enthousiasme incondi- tionnel aux questionnements existentiels (Frederic LEROUX, Carmignac) p.46 Sommaire détaillé en page 2 9HRLFQB*idgaab+[A\E Par David SEBAN-JEANTET, Directeur des Investissements, Société Générale Investment Solutions (Europe) L a fermeture du détroit d’Ormuz à la suite des opérations militaires impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran constitue, sans conteste, le choc géopolitique le plus si- gnificatif depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022. Ses effets se propagent à travers les chaînes d’approvisionnement énergétiques mondiales, les anticipations d’inflation, les politiques monétaires et, plus largement, les conditions fi- nancières globales. Il convient néanmoins de ne pas céder à un pes- simisme excessif : si les risques à court terme sont réels et documentés, les fondamentaux macroéconomiques préalables au choc demeu- raient, dans l’ensemble, solides. Une analyse rigoureuse invite donc à distinguer les effets conjoncturels transitoires des dynamiques struc- turelles de plus long terme — et à reconnaître que ces chocs successifs sonnent le réveil brutal d’économies qui avaient longtemps privilégié l’efficience sur la résilience, la fluidité des échanges sur la maîtrise souveraine. Le choc pétrolier et gazier : une géographie du risque énergétique Le détroit d’Ormuz concentre à lui seul environ un cinquième des flux pétroliers mondiaux. Sa fermeture, même partielle ou temporaire, génère une prime de risque immédiate sur les marchés de l’énergie. Les économies les plus expo- sées sont, en premier lieu, les grandes nations importatrices d’Asie — Chine, Japon, Corée du Sud, Inde —, dont la dépendance aux hydrocarbures du Golfe persique est structurelle et dont les marges de substitution à court terme res- tent limitées. L’Europe n’est pas en reste, bien que sa vulnérabilité emprunte un canal distinct. Le marché du gaz naturel liquéfié européen est aujourd’hui très largement approvisionné par le Qatar, acteur central du Golfe. Toute perturbation durable des infrastructures d’exportation qataries exposerait l’Europe à de sérieux risques d’approvision- nement en gaz, avec des répercus- sions immédiates sur la production indus- trielle et sur les prix de l’énergie pour les ménages. La mémoire de l’hiver 2022-2023, marqué par une course aux approvisionnements de substitution après l’arrêt du gaz russe, est encore vive dans les capitales européennes. Au-delà du canal des prix, c’est l’incertitude sur la durée de la fermeture du détroit, et sur d’éventuelles atteintes aux infra- structures de production régionales, qui constitue le véritable facteur amplificateur du risque. Croissance économique : un impact mesuré, mais conditionnel Sur le plan macroéconomique, l’impact initial sur la croissance apparaît relativement contenu. Avant le déclenchement des hostilités, la conjonc- ture mondiale présentait des signaux encoura- geants. La zone euro amorçait un cycle de reprise, portée par la reconstitution des carnets de commandes industriels et un consommateur dont le pouvoir d’achat réel s’était stabilisé. L’Asie hors Chine affichait une dynamique par- ticulièrement robuste, soutenue par les investis- sements massifs dans les infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle — centres de données, semi-conducteurs, mémoires haute capacité —, un cycle encore loin de son point de maturité. Suite en page 4 À l’ère des chocs d’offre : Le douloureux réveil de la souveraineté économique Key Takeaways: - The PwC Business Barometer fell to –6, underscoring how lingering geopolitical uncertainty continues to weigh on confi- dence despite signs of de escalation. - In Luxembourg, higher energy prices drove inflation up, increasing pressure on confi- dence and household purchasing power. - In the Euro Area, growth slowed to a nine- month low as weak services weighed on momentum, alongside inflation. - Global inflation risks remain elevated, with geopolitical tensions continuing to transmit cost pressures across markets. Economic sentiment softens amid rising uncertainty Read more on page 19 www.pwc.lu The Monthly PwC Barometer (FRQRPLF &RQILGHQFH LQGLFDWRU LQ FROODERUDWLRQ ZLWK $*(), /X[HPERXUJ Vilret & Partners Avocats www.vilret-partners.lu NEW By Chloé PIQUET &Markus SCHWAMBORN , Deloitte Luxembourg * E urope is not short on regula- tion; it is short on coherent execution, particularly in how products are brought to market and distributed across borders. In an era marked by geopolitical fragmentation, rapid digitaliza- tion, and the green transition, the central question is no longer whether Europe can design so- phisticated rules, but whether those rules can be translated into distribution frameworks that are scalable, efficient, and capable of mobilizing capital across borders. From a marketing and distribution perspective, the coming years will be decisive. Europe will either convert its dense regulatory agenda into a driver of cross-border accessibility and in- vestor reach, or entrench fragmentation through operational complexity, duplicated processes, and diverging national practices, while capital, talent and innovation gravitate towards faster- moving markets such as the US. The theme of the 2026 Cross Border Distribution Conference, “Shaping the Future in a Redrawn Global Landscape,” captures this tension. In asset management and capital markets, the landscape is already being reshaped; by the European Com- mission’s Market Integration Package; byAIFMD II (1) and its strengthened delegation framework; by diverging retail disclosure regimes between the EU and the UK; and by the transition to T+1 settlement. Taken together, these reforms will col- lectively determine whether Europe can operate at scale, or remain structurally fragmented, and, in practice, how effectively products can be dis- tributed across the region. A competitiveness question, not a regulatory one The debate on Europe’s position has now shifted to execution. Can European companies access capital at a speed and cost comparable to their US peers? Can savings be mobilized across bor- ders without undue friction? And can Europe re- main a global hub for asset management when operational complexity and regulatory diver- gence continue to drive structurally higher costs? The US does not dominate because it is unregu- lated, but because it executes with scale and speed. Europe’s challenge is not a lack of am- bition, but regulatory latency and uneven implementation. For Luxembourg, this is a defining moment. Its role as Europe’s leading cross-border fund hub rests on scale, expertise, and a dense ecosystem of management companies, AIFMs, depositaries, and administrators. Yet that po- sition cannot be taken for granted. As regulatory frameworks evolve, competitive advantage will increasingly depend on the ability of EU-based plat- forms to industrialize opera- tions, integrate data, and enable truly pan-European distribution. Fragmentation is no longer merely a legal issue; it is a structural cost burden, and, increasingly, a constraint on profitability. Continued on page 5 Europe’s capital markets: From ambition to execution 5(*8/$725< &203/Ζ$1&( 6(17Ζ1(/ www.deloitte.lu Lire enpage17

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