Agefi Luxembourg - octobre 2026

PRIX DU NUMÉRO : € 5,50 Le Journal Financier de Luxembourg NUMERO 09/415 ISSN1561-8366 www.agefi.lu 41, Zone Industrielle, L-8287 Kehlen (Luxembourg) Tel: +352 305757 1 - Email: agefi@agefi.lu OCTOBRE 2026 valuepartners.lu Comprehensive solutions for the alternative investment funds industry Sommaire t Économie & Banques L’économie résiste aux taux et aux tensions énergétiques (Guy WAGNER, BLI) p.2 Zone euro : les trois piliers de la résilience vacillent (Philippe LEDENT, ING) p.11 Dollar and euro: two currencies at risk? (Bruno COLMANT) p.18 t Marchés & Wealth Five early warning signs of a fund dispute (Amin BOUAZZA, DLAPiper) p.20 Building a Sustainable Life Insurer in a Changing World (StephenATKINSON, Utmost) p.21 Les RAIF atteignent 949 milliards d’euros d’actifs au Luxembourg (Rapport Monterey Insight) p.28 t Immobilier Investissement hôtelier : le Luxembourg redémarre (JLL) p.31 Marché des bureaux au Luxembourg : la qualité devient le nouvel enjeu (CBRE) p.31 Le logement abordable au Luxembourg bénéficie de nouvelles règles p.33 t Emploi & Droit Enquêter sur ses dirigeants et prévenir les conflits d’intérêts (David GIABBANI, avocat à la Cour) p.36 L’artisanat luxembourgeois reste sous pression (Chambre des Métiers) p.40 Le Luxembourg 8 e mondial pour la sécurité financière à la retraite (Natixis IM) p.43 t IA & Tech La bataille de l’IA aura bien lieu (Christopher DEMBIK, Pictet AM) p.45 Les stablecoins menacent les revenus des banques (Capgemini Research Institute) p.47 Sommaire détaillé en page 2 9HRLFQB*idgaab+[L\A Vilret & Partners Avocats www.vilret-partners.lu NEW Analyse d’Alexandre DRABOWICZ, Global Chief Investment Officer & de Bénédicte KUKLA, Chief Strategist chez IndosuezWealthManagement C et automne, les investisseurs évoluent dans un environne­ ment de marché caracté­ risé par des chocs d’offre, une évolution des politiques des banques centrales et un calen­ drier électoral chargé. Dans ce contexte, plusieurs facteurs de­ vraient continuer à influencer les marchés, notamment l’évo­ lution des taux d’intérêt, du dol­ lar américain et des actions. Obligations : prudence quant à la durée Lʹété et ce début dʹautomne ont été marqués par une forte hausse des taux mondiaux reflétant plusieurs facteurs : la révision à la hausse des attentes de croissance dans un contexte où lʹin­ flation reste élevée ; la détérioration des positions budgétaires avec des capacités dʹemprunt gou­ vernementales de plus en plus mises à lʹépreuve par les besoins de financement substantiels des hyperscalers sur les marchés obligataires ; la hausse des prix de lʹénergie dans un contexte dʹincertitudes persistantes au MoyenOrient ; et les inquiétudes sur la crédibilité de la Réserve fédérale suite aux messages contradictoires de Kevin Warsh durant lʹété. Les rendements obligataires sont revenus à des niveaux observés avant la crise financière mon­ diale. Cette hausse des taux crée un environne­ ment de plus en plus attractif pour la dette qui est désormais soutenue par un carry élevé. Nous conservons cependant une certaine prudence sur la duration, un positionnement que nous avons maintenu tout au long de lʹannée. La concurrence continue pour le capital entre les gouvernements affichant des déficits persistants et les besoins importants liés au cycle dʹinvestis­ sement dans lʹintelligence artificielle exerce une pression à la hausse sur les rendements longs. Parallèlement, les tensions géopolitiques au MoyenOrient maintiennent un risque asy­ métrique en faveur dʹune hausse des taux. Devises : opinion négative sur le dollar Bien que nous nʹattendions pas de hausse des taux de la Fed dans notre scénario central avant lʹété, la Fed a relevé les taux de 25 points de base en septembre. Ce mouvement sem­ ble viser à renforcer la crédibilité de Kevin Warsh et à limiter le déliement des taux longs, en coordination avec le Trésor, qui a multiplié les efforts dans ce sens durant lʹété. Les membres de la Fed se sont montrés de plus en plus impatients ces dernières semaines, lʹinflation restant élevée, ce qui a soutenu la hausse de septembre. Suite en page 9 Taux, dollar, actions : quelles perspectives ? E ntretien avec Roland G ILLET , professeur d’économie finan­ cière à la Sorbonne (Paris 1) ainsi qu’à l’ULB (Solvay) et expert reconnu au niveau international. Agefi Luxembourg (AL) : La France inquiète ses créanciers, avec un taux à dix ans qui frôle les 5 %, son plus haut niveau depuis 2002, une dette vertigineuse et un écart de spread avec l’Allemagne de plus en plus important. Ces tensions risquentelles de se propager à la zone euro ? Roland Gillet (RG) : Les situa­ tions économiques et financières sont déjà tellement tendues qu’un cygne noir, ou un choc exogène imprévisible, pourrait faire monter encore davantage les taux et déclencher une véritable crise à l’échelle euro­ péenne. Avec des dettes élevées et des marges budgétaires réduites, nous sommes particuliè­ rement vulnérables à ce type de choc. Les difficultés françaises ne restent donc pas à la frontière. Elles fragilisent aussi les autres pays de la zone euro, notamment la Belgique, qui risque elle aussi de se retrouver dans le radar des marchés. Ce qui inquiète, c’est la perte de confiance des investisseurs étrangers mais aussi européens, dans la capacité de la France à remettre de l’or­ dre dans ses finances publiques. Ils acceptent en­ core de lui prêter, mais exigent une prime de risque de plus en plus élevée. La hausse des taux ne traduit donc pas unique­ ment des anticipations d’inflation. Elle exprime aussi cette défiance. Morgan Stanley a d’ailleurs conseillé à ses clients de vendre à découvert les dettes française et belge. Cela signifie qu’elle an­ ticipe une baisse du prix des obligations, donc une nouvelle hausse des taux, si ces pays ne prennent pas de véritables mesures structurelles. On se fait mal deux fois en reportant les décisions. D’abord parce que les déficits continuent de se creuser et ali­ mentent la dette. Ensuite parce que les investisseurs nous font payer plus cher le financement de ces déficits et du refinance­ ment de la dette arrivée à échéance. AL : Comment la deuxième économie de l’Union européenne atelle pu se retrouver dans une telle situation ? RG : La France a traversé plusieurs crises sociales, notamment celle des « gilets jaunes », dont le coût budgétaire a été particulièrement élevé, et à pré­ sent, elle est embourbée dans les manifestations des lycéens. Mais c’est surtout le dérapage de la dé­ pense sociale qui inquiète et constitue un problème structurel. Selon l’Insee, les prestations sociales et de santé représentent environ 57 % de la dépense publique totale. Le coût de la protection sociale française devient exorbitant lorsqu’il dépasse du­ rablement les recettes permettant de le financer. Ce déséquilibre contribue donc largement àmaintenir la France dans le rouge année après année. Suite en page 7 « Le baxter auquel l’Europe s’est accoutumée n’est plus la solution » Key Takeaways: The PwC Business Barometer rose to +5 in October from +2 in September, indicating a modest improvement in business sentiment despite persistent economic pressures. Luxembourg’s economic activity remains weak, with falling industrial output, labour­ market pressures and renewed energy infla­ tion weighing on the outlook. The Eurozone maintained momentum as energydriven inflation and rising borrowing costs put pressure on the economy. Global growth continues to hold up, while rising bond yields, elevated public debt and geopolitical tensions cloud the outlook. Economic activity remains subdued amid rising pressures Read more on page 8 www.pwc.lu The Monthly PwC Barometer (FRQRPLF &RQILGHQFH LQGLFDWRU LQ FROODERUDWLRQ ZLWK $*(), /X[HPERXUJ

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