Agefi Luxembourg - mars 2026

PRIX DU NUMÉRO : € 5,50 Le Journal Financier de Luxembourg NUMERO 03/409 ISSN1561-8366 www.agefi.lu 41, Zone Industrielle, L-8287 Kehlen (Luxembourg) Tel: +352 305757 1 - Email: agefi@agefi.lu MARS 2026 valuepartners.lu Comprehensive solutions for the alternative investment funds industry Sommaire t Banques / Assurances L’économie mondiale semble être sur le point d’accélérer (Guy WAGNER, BLI) p.2 Un nouveau dilemme pour les banques centrales (Philippe LEDENT, ING) p.9 Are economies still vulnerable to energy price spikes? (Guy ERTZ, BGL BNP Paribas) p.11 t Fonds d’investissement Le Luxembourg accélère ses réformes pour renforcer son leadership européen dans les fonds (ALFI) p.20 Digital assets: The new frontier for private equity investment strategies (Vincent MARTIN, Deloitte) p.22 From Family Holdings to Investment Platforms (WimRITZ, Stellan Partners) p.25 t Emploi / Formations Loyauté et compétence : le dilemme silen- cieux des Family Offices (Caroline LAMBOLEY) p.33 Teleworking in Luxembourg: Practical challenges and operational considerations (Julien LAMOTTE, Christelle WACK, Deloitte) p.35 L’élection ne protège pas le délégué du personnel (Anne-Cécile SAHKI, Castegnaro) p.36 t Informatique financière Le Luxembourg au cœur de la finance numérique (Digital Assets Conference, Deloitte) p.42 Sortis de l’ombre : les CISOs et les DPOs sous les projecteurs ! (Enquête PwC) p.45 The EU AI Act: A turning point for the Internal Audit Function (Abdelhay TOUDMA, Kenza BENHSIKI, EY) p.46 Sommaire détaillé en page 2 " ! -(+%%& 9 : Par Vincent JUVYNS, Chief Investment Strategist ING L ’année 2026 a commencé sous les meilleurs auspices sur les marchés financiers, portés par l’espoir d’une accalmie macroéco- nomique après une année 2025 marquée par des ten- sions commerciales majeures. Cet optimisme a notamment été nourri par le Fonds monétaire international (FMI) qui, lors de la mise à jour de ses perspectives annuelles en janvier, a relevé ses attentes de croissance mondiale de 3,1 % à 3,3 %, tout en maintenant sa prévision de normalisa- tion de l’inflation. Par ailleurs, les indicateurs conjoncturels avancés publiés jusqu’en février, tels que les indices de confiance des directeurs d’achats, pointaient vers une accélération de la dynamique économique mondiale, tant dans le secteur manufacturier que dans celui des services. Un scénario macroéconomique « Goldilocks », donc, historiquement favorable à la plupart des classes d’actifs. Dans ce contexte, à fin février, l’in- dice MSCI AC Monde affichait une performance de 3,8 % en euros, portée notamment par les pays émergents (+14 %) et l’Europe (+7 %), tandis que la plupart des marchés obligataires étaient égale- ment dans le vert. « La goutte qui fait déborder le vase » Ce printemps précoce sur le plan économique et financier était sans doute trop beau pour être vrai, compte tenu de l’incertitude persistante dans plusieurs domaines. Sur le plan commercial, après que la Cour suprême américaine a jugé illégaux les droits de douane instaurés par l’administration Trump, ce dernier a répli- qué en imposant un droit de douane univer- sel de 10 %, puis de 15 %. Sur le plan technologique, après avoir long- temps mis en avant le potentiel de l’in- telligence artificielle (IA) pour le sec- teur, les investisseurs ont commencé à craindre qu’elle ne le fragilise en se subs- tituant progressivement, via de nou- veaux outils IA tels que Claude Cowork, à de nombreux logiciels. Sur le plan géopolitique enfin, entre les velléités d’annexion du Groenland, l’en- lèvement de Nicolas Maduro et la poursuite de la guerre en Ukraine, les tensions ne se sont jamais réellement apaisées. Le véritable point d’inflexion est toutefois intervenu le samedi 28 février, lorsque les forces militaires israéliennes et américaines ont attaqué l’Iran, tuant plusieurs responsables iraniens, dont le guide suprême Ali Khamenei. La riposte iranienne ne s’est pas fait attendre. Les Gardiens de la révolution ont non seulement bombardé les intérêts et alliés américains dans la région, mais surtout bloqué le détroit d’Ormuz, une situation totalement inédite. Ce passage stratégique voit transiter près de 20 mil- lions de barils de pétrole par jour et 90 millions de tonnes de gaz liquéfié par an, soit respective- ment 25 % et 20 % de la production mondiale, dont plus de 80 % sont exportés vers l’Asie. Suite en page 3 D’un scénario « Goldilocks » à celui de « stagflation » ? Key Takeaways: - The PwC Business Barometer recorded slightly improved to a score of +8 in February, up from +1 in January, indicating a firmer recovery in confidence as the year progresses. - Luxembourg's business confidence has been bolstered by price stabilisation and a low infla- tion rate, though rising unemployment, geopolitical tensions, and volatile oil prices pose risks to growth. - Euro Area inflation held near the 2% target in February, driven by rising services costs, but faces upside risks from the Iran conflict, surg- ing input costs, and growing market expecta- tions of ECB rate hikes before year-end. - The US faces a deepening affordability crisis as job losses, rising unemployment, above-tar- get inflation and soaring oil prices from the Iran conflict, leaving little room for Fed rate cuts in the near term. Confidence strengthens amid geopolitical tension Read more on page 9 www.pwc.lu Par Thomas VEIT, Head of Fixed Income, Senior Portfolio Manager, Spirit Asset Management L a décision est tombée le ven- dredi 20 février : par six voix contre trois, la Cour suprême des États-Unis a invalidé les droits de douane imposés par Donald Trump sur le fondement de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA). Un revers juridique majeur pour le président des États- Unis, mais surtout un tour- nant potentiellement péril- leux pour l’économie et le budget américain. Cette décision pourrait, à première vue, être per- çue comme une bonne nouvelle, car elle freinera à l’avenir Donald Trump dans l’utilisation uni- latérale des menaces tarifaires pour traiter chaque désaccord ou négociation avec les autres pays. En effet, durant sa première année, il a usé de cette arme pour tenter d’obtenir des accords commerciaux favorables aux États-Unis, réduire les trafics de stupéfiants à la frontière mexicaine, mais également engranger des revenus supplé- mentaires afin de financer sa politique budgé- taire expansionniste et notamment sa « Big Beautiful Bill ». Les impacts des tarifs douaniers Donald Trump avait prévenu durant sa cam- pagne que la principale source de financement de son programme résiderait dans la mise en place immédiate de droits de douane massifs, qui auraient pour but de faire rapidement rentrer de l’argent dans les caisses de l’État, mais également de réduire le déficit commercial, qui s’élevait à un niveau record d’environ 1 200 milliards de dollars en 2024. Force est de constater qu’il a mis en application cette partie de son programme dès les premiers mois de son investiture, lors du fameux « Liberation Day » d’avril 2025, marquant le début de l’instauration de tarifs douaniers envers l’ensemble des pays du monde. Ainsi, après des mois d’allers-retours et de négociations avec la plupart des pays concernés, le droit de douane moyen à l’entrée des États-Unis est passé de moins de 2 % à plus de 13 %, revenant sur des niveaux de taxation à l’importation qui n’avaient plus été observés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le président américain et ses plus proches colla- borateurs ont défendu la mise en place de ces tarifs auprès des consommateurs américains en affirmant que ces derniers seraient largement payés par les pays exportateurs, contraints de réduire leurs prix pour conserver leurs volumes. L’objectif était également de contraindre les entreprises à relocaliser leur production sur le sol américain. Après près d’un an d’application, les études montrent que 90 à 95 % du coût des droits de douane ont été absorbés par les agents économiques américains. Les entreprises améri- caines ont supporté environ deux tiers de l’aug- mentation des prix à l’importation via leurs marges, tandis que les consommateurs améri- cains ont subi le tiers restant sous forme d’aug- mentation des prix finaux. Cela se retranscrit dans l’augmentation constante des PPI (prix à la production), mais également dans la composante « biens » du CPI (prix à la consommation) depuis juin 2025, main- tenant l’inflation toujours au-dessus de l’objectif de 2 % et limitant ainsi la Fed dans la baisse de ses taux directeurs. Au niveau de l’objectif de réindustrialisation, rien ne s’est vérifié à ce stade. D’ailleurs, environ 80 000 emplois manufacturiers ont été détruits aux États-Unis en 2025. Une étude de Bloomberg souligne par ailleurs que les secteurs les plus exposés aux tarifs – automobile, métaux, équi- pements lourds – ont enregistré une croissance de leur production proche de zéro, tandis que les secteurs moins touchés, comme la pharmacie ou l’électronique, ont progressé d’environ 3 %. Concernant le déficit commercial de biens aux États-Unis, celui-ci ne s’est ni redressé ni aggravé en 2025, restant sur les niveaux historiquement élevés observés en 2024. Les conséquences politiques sont immédiates pour Donald Trump, l’opinion publique s’est progressivement retournée : 64 % des Américains sont désormais opposés aux droits de douane, considérant qu’ils contribuent à renchérir le coût de la vie. Suite en page 4 Tarifman et le retour de l’incertitude commerciale The Monthly PwC Barometer (FRQRPLF &RQILGHQFH LQGLFDWRU LQ FROODERUDWLRQ ZLWK $*(), /X[HPERXUJ Vilret & Partners Avocats www.vilret-partners.lu NEW

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